Nous voilà en Bolivie !

5h20 nous nous réveillons dans notre hôtel miteux de Calama où le bruit n’a pas cessé de la nuit. Nous sautons dans nos chaussures rapidement, le bus nous attend pour un départ à 5h45, il faut faire vite. Les enfants, le visage encore endormi, marchent dans la nuit avec leur petit sac à dos. On se dit que le rythme est un peu difficile pour eux en ce moment, nous changeons d’habitation tous les deux jours environ et plus nous nous approchons de la Bolivie et moins les transports sont confortables.

Le bus est là mais a comme des airs d’antan 😉 Le moteur démarre, nous faisons 100 mètres et Jules nous dit en grognant : ¨ Ah mais non ! C’est quoi ça ?! C’est pas un bus, il est pourri, on va pas rester dans ce machin-là !¨ Il faut dire que le bruit est impressionnant, l’échappement est libre et l’engin fait un bruit de dragster ! 8H00 là-dedans ça va être sportif me dis-je…

Je décide de me bricoler des boule quiès avec un kleenex mais c’est encore pire, le bruit se transforme en bourdonnement et en acouphènes dans ma tête.

J’observe les chiliens et boliviens autour de moi, rien n’a l’air de les déranger, tout va bien…Bon et bien il va falloir faire avec et puis c’est tout.

Le bus grimpe, grimpe, et file à la vitesse de l’éclair : 35, 40 km/h.… On est pas rendus !

Heureusement que le paysage est magnifique à travers la fenêtre. Nous sommes perdus au milieu du désert et nous ne croisons rien pendant des heures, seulement quelques vigognes qui broutent par-ci par-là. Je me dis que c’est le moment de finir mon gros livre (La couleur des sentiments de Kathryn Stockett) qui pèse 2 tonnes histoire de m’en débarrasser et d’alléger mon sac par la même occasion à l’arrivée.

Il faut dire qu’au bout de 8 mois, notre matériel commence à souffrir, 2 fermetures de mon sac à dos ont cassé, les semelles de mes baskets ont commencé à se décoller, celles des petits aussi, les coutures des bermudas sautent mais l’idée est de réparer et de rien acheter : on recoud, on recolle, on se débrouille comme on peut. Économie, économie…Chaque euro dépensé dans les vêtements est un euro en moins pour un restaurant, un déjeuner ou une excursion.

Vers 8h30-9H00, le bus arrive à la frontière Bolivienne, tout le monde descend pour une séquence de tamponnage de passeport dont on commence à connaître la musique. Cela prendra plus d’une heure ! On remonte dans le bus et 10 minutes plus tard, rebelote ! On redescend à nouveau, cette fois-ci au milieu de nulle part, on ne sait pas trop pourquoi. Mais très vite, nous comprenons que nous devons changer de bus, pour cette fois un bus Bolivien. C’est en fait un échange de bus entre ceux qui arrivent en Bolivie et ceux qui en partent vers le Chili.

Et c’est reparti pour quelques minutes, puis nouvel arrêt, pour le poste de douane bolivien cette fois-ci. Enfin si on peut appeler ça un poste de douane ! Il y a là trois algecos en taule de fortune perdus sur les bords d’une ligne droite au beau milieu du désert et rien d’autre.

Nous faisons la queue avec nos sacs à dos et une Chilienne demande gentiment au douanier où se trouvent les toilettes. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque celui-ci lui a répondu sans scrupule, qu’il n’y en avait pas ! Je vois alors la petite chilienne qui se décompose et lui dit en espagnol : Lo basico no lo tiene ?! Entonces como lo hago ?¨ (Vous n’avez même pas l’essentiel ! Comme je fais alors ?)
Le douanier bolivien lui répond simplement sans lever les yeux de ses passeports : ¨No lo sé¨
(Je ne sais pas) Il s’en cogne d’une force, c’est à peine croyable.

La couleur est annoncée, ici vaut mieux se débrouiller car les gens ont, je pense, ce fatalisme et ce « je m’enfoutisme » qui me rappelle un peu celui de l’Afrique. Affaire à suivre…

La petite chilienne, comme Aurélie finiront derrière un algeco pour faire ce dont vous savez… La douane bolivienne, la grande classe !

Nous aurons passé plus de 2h00 à la frontière pour un tampon sur le passeport! Record battu !

Le bus descend soudain d’un cran niveau confort, ses roues sont énormes, les sièges sont vieux et il vibre tellement que les fenêtres s’ouvrent toutes seules ! On a l’impression d’être dans un tracteur, ça vibre, ça gronde, ajoutez à cela qu’il n’y a plus une seule route goudronnée, uniquement de la piste et vous aurez compris que nous avons changé radicalement de décor. Wahouuu ! C’est l’aventure ici me dis-je, mais c’est bien, ça change de tout ce que nous avons pu voir et c’est ce que nous recherchons, la diversité ! Je pense qu’on ne va pas être déçus pour le coup. 😉

14h30, nous arrivons enfin à Uyuni, petite ville située à 3800m d’altitude ! Nous aurons mis 9h30 pour faire 416 kilomètres.

A la descente de notre bus, ce sont les gens autour de nous qui nous ont surpris. Ils sont différents de tous ce que nous avons vu sur ce continent. Ils sont petits (même moi je suis grand ici) ont des visages ronds avec des yeux en amande. Nous croisons tout de suite ces dames avec leurs ponchos colorés, leurs jupes plissées et leurs chapeaux melon trop petits pour leurs têtes. Nous nous regardons en souriant, c’est génial, tous nos repères foutent le camp en deux minutes et on adore ça. Nous marchons sur une route en terre vers notre hôtel et je dis à Aurélie en esquissant un sourire : ¨c’est sympa par ici, on se croirait à Beyrouth ! ¨

Voici notre hôtel 5* et sa rue. (et puis une petite vue depuis notre fenêtre)

Délestés de nos bagages, nous voici partis à la recherche de notre excursion du lendemain pour le Salar d’Uyuni.

Quelques scènes prises à la volée de la petite ville d’Uyuni.

Demain nous décollons à 10h00 avec un chauffeur et son Toyota Land cruiser pour une excursion qui sera, on espère, inoubliable. (Nous vous rassurons, nous avons choisi la 1ère agence de la ville, sécurité oblige).

 

 

 

 

 

2 réflexions sur “Nous voilà en Bolivie !

  1. Mamy dit :

    Ce qui frappe dans ce décor c’est son côté rétro mais vraiment rétro. Je n’imaginais pas la Bolivie comme ça. Pour une arrivée en tous cas. Mais comme d’habitude vous allez trouver la perle de ce pays. D’un autre côté avec vos vêtements et chaussures défoncés vous ne dépareillez pas. Bonne continuation. Ah Ah Ah. Gros bisous à mes loulous et leurs parents

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