Buenos Aires, la boca et San Telmo

Ça faisait quand même un petit moment que nous n’avions plus rencontré la patine du temps dans les ruelles d’une ville, admiré les cicatrices de l’histoire sur les murs d’une maison. Un petit moment aussi que la diversité ne se voyaient plus sur les visages des gens, que le brassage culturel n’animait plus les cités que nous rencontrions. La monoculture anglo-saxonne était devenue reine dans nos derniers pays visités. Certes séduisante, il en émanait quand même un sentiment un peu trop lisse tout de même, il faut le dire.

Enfin, un peu de bordel comme on l’aime ! Enfin une civilisation comme je les aime, qui grouille, qui chante, qui danse, qui pleure, qui peint sur les murs son histoire, son art. Enfin du piment !

Nous sommes chez les latins, les argentins sont d’origine espagnole, italienne et sud-américaine. La première chose qui me vient à l’esprit c’est que je les trouve beaux physiquement mais aussi par ce qu’ils dégagent, je ne sais pas trop comment l’expliquer…Ils sont fiers de leur histoire, de leur pays et dansent le tango dans la rue comme ils respirent ! Plusieurs fois en nous promenant, on a pu voir des jeunes, des vieux, danser dans des parcs, sur les places, comme d’autres courent et font leur jogging, eux ils dansent. C’est tellement plus poétique ! Je trouve ça magnifique.

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Les hommes tiennent des postures de toréadors, élancés, la tête haute et les femmes sensuelles et féminines jusqu’au bout de leurs ongles viennent s’enrouler autour d’eux comme des papillons qui virevoltent. Le tango, c’est magique comme danse, tellement pictural, théâtral, que ça ne peut vous laisser de marbre, on est comme hypnotisé par tant d’élégance.

J’ai toujours aimé la manière qu’ont les latins d’affirmer théâtralement la masculinité et la féminité jusqu’à en embellir à outrance leur harmonie. Le tango, c’est ça ! Qu’est-ce que c’est beau ! Et les argentins sont aussi comme ça, extravertis, démonstratifs, comme Maradona ! 😉

Bon ok, je sais la c’est Messi. Je ne sais pas pourquoi, il y avait des peintures de Maradona partout dans la ville mais on en a prise aucune, allez savoir… 😉

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Aujourd’hui, nous sommes allés nous perdre dans un quartier aux milles couleurs : la Boca. Les maisons sont rouges, vertes, jaunes, bleues, on n’est pas dans la demi-mesure, on s’exprime, on est dans l’extravagance. Quel contraste quand même après les 4 mois passés chez nos amis d’océanie.
J’oubliais, pour les amateurs de foot, ici la Boca c’est LE club mythique d’Argentine, mondialement connu pour la ferveur extraordinaire de ses supporters. Même à Marseille nous sommes des petits à coté. Ici, les gens pleurent lorsque leur équipe perd, c’est une religion. (Eric Cantona en a fait d’ailleurs un reportage TV pour canal+: Boca River, à voir absolument. Voici le lien : https://vimeo.com/127357714 )

La ville est tentaculaire, Buenos Aires c’est quasi des autoroutes à l’intérieur de la ville et pour se rendre d’un quartier à un autre il faut 1 heure de taxi quelques fois. C’est peut-être ¨le bémol¨ de cette ville d’ailleurs, elle est très urbanisée, bruyante mais a su conserver des oasis merveilleuses.

Nous sommes ensuite partis sillonner les vieilles rues du quartier San Telmo. Magnifique barrio où les ruelles nous rappellent la vieille Espagne par endroit, ou de vieux quartiers de Rome. C’est plein de charme, il y a des antiquaires et des artistes partout. Des peintures sur les murs, ici on peint ses peines, ses douleurs, ses cicatrices, on partage aussi ses succès, la vie quoi !

Nous avons déjeuné dans une des plus vieilles brasseries de la ville : El Federal. Les meubles et le comptoir étaient d’origine, 1860 environ, des vieilles publicités d’époque étaient affichées partout. Jusqu’à présent je ne m’étais pas rendu compte à quel point l’histoire pouvait me manquer dans un pays. Nous commençons a comprendre des choses avec ce voyage, nous en discutons souvent avec Aurélie, nos ressentis se perfectionnent… Après l’Australie et la Nouvelle-Zélande qui sont des « bébés pays » comme j’aime les appeler (très peu d’histoire) c’est une vrai bouffée d’air pur que de revenir sur un vieux continent. Dans cette brasserie, les odeurs de vieux bois, de poussière et de bougie m’ont rappelé celles que je respirais en entrant dans la chambre de ma grand-mère. C’est dingue comme les odeurs peuvent nous transporter à travers le temps… L’histoire c’est en fait un sens en soi, une couleur en plus à l’arc-en-ciel.

Mais avant tout, on se rend compte que l’on peut se sentir bien dans un pays parce qu’on y est connecté culturellement. C’est aussi une notion importante à prendre en compte si l’on souhaite s’expatrier avec succès sur du long terme. C’est un peu comme des aimants, on est intuitivement connecté ou non.

Nous, nous aimons la culture latine et je sens que l’on va bien se plaire sur ce continent.

A suivre…

 

 

7 réflexions sur “Buenos Aires, la boca et San Telmo

  1. Thomas JOUGLAIN dit :

    Votre ressenti sur la connexion culturelle et l’histoire d’une contrée m’interpelle énormément et a beaucoup de sens pour moi . C’est une constante dans mes voyages . J’ai lu avec avidité ce compte rendu et attend avec impatience la suite de votre périple sur ce continent . Je me sens tellement latin et peu lisse dans mes évasions ….comme les Buiret/Romero en Argentine.
    Merci de m’avoir permis de prendre un peu de votre fantastique trip .
    Bise et bonne continuation
    Thomas

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