Valparaiso, quelle belle surprise !

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Cette ville au bord du pacifique est une petite merveille ! A notre arrivée, nous devinons au loin les cabañas montées sur pilotis, elles forment comme une mosaïque géante multicolore qui s’étend sur le flanc de la colline. En contre bas, la vie elle, paraît grouiller d’une effervescence propre à ces villes côtières dont les ports ont fait leur grandeur jadis.

Le taxi qui nous mène à notre petit appartement se faufile comme il peut à travers la circulation chaotique, les klaxons retentissent, les trottoirs sont parsemés de vendeurs en tout genre et les personnes vont et viennent de tous cotés d’un pas rythmé. Le charme opère tout de suite, la ville bouillonne et son effervescence nous captive, nos sens sont en alerte comme pour nous signaler que nous nous trouvons au cœur d’une cité importante.

Le quartier qu’a choisi Aurélie pour poser nos valises : Le ¨Bellavista¨, porte à merveille son nom, il est un peu à la croisée des chemins d’un paisible Montmartre et du Bairro Alto de Lisbonne. Perché sur une colline, ses ruelles sinueuses offrent de magnifiques perspectives sur l’océan, mais le plus beau spectacle appartient à son ¨street art¨ hors pair qui lui vaut le titre de ¨museo a cielo abierto¨.

Malheureusement, il nous faudra attendre un peu avant de partir à la découverte de notre quartier car une mauvaise nouvelle vient de pointer son nez et gâcher quelque peu notre plaisir. En effet, notre compte bancaire vient d’être piraté et débité de plusieurs achats représentant un montant total de 4 000 €. Je me doutais que cela finirait par arriver un jour au vu de nos nombreux arrêts dans chaque pays, augmentant à chaque fois le risque potentiel. Il faut dire aussi que les pratiques des commerçants sont quelques fois douteuses, les hôtels en Argentine vont par exemple jusqu’à photocopier votre CB recto-verso pour constituer des dossiers afin de vous rembourser la TVA. Mais il y a surtout un impondérable aux vols et aux arnaques : la pauvreté. Plus un pays est pauvre et plus le risque de vous faire truander augmente, c’est du bon sens, mais même en étant vigilant et je peux vous assurer que nous le sommes, limite paranoïaques quelques fois, le risque zéro n’existe pas. J’avais d’ailleurs prévu à notre retour de changer toutes nos cartes bancaires afin de faire un reset complet et éviter ce genre de méfait. Seulement voilà, cela s’est produit pendant notre voyage, là, au Chili. Le gros inconvénient c’est que nous avons dû résilier notre carte N26 mastercard qui nous sert tous les jours, (c’est la seule à n’avoir aucun frais sur les retraits et paiements à l’étranger) et en utiliser une autre de secours avec laquelle les frais sont importants. Hic ! L’inquiétude passée, nous avons pu contacter notre banque qui nous a assuré que les sommes prélevées nous seraient remboursées après quelques démarches administratives, toujours fastidieuses. Un grand merci à nos anges gardiens : Papi moustache et Marie-Christine qui se sont occupés de nous renvoyer une nouvelle carte à l’autre bout du monde, en express. En attendant, nous avons marché le reste de la journée le long de grandes avenues à la recherche d’une banque où retirer de l’argent sans trop nous faire avoir sur les frais de retraits. Une journée de m…. , comme on les appelle… Mais qui nous a permis quand même de parcourir le centre-ville et découvrir les nombreux marchés et étals de fruits, herbes, poissons et autres, ainsi qu’un mini parc d’attraction façon année 80 en plein centre ville! Goldorak go!

Le lendemain matin, le soleil était radieux et la température idéale, pour partir enfin à la découverte de notre joli quartier.

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C’est donc le pas léger que nous décidons d’arpenter les ruelles du ¨cielo abierto¨. Les enfants virevoltent autour de nous et s’inventent des histoires au détour d’une maison. Les ruelles sont incroyablement calmes dans ce quartier. Je ne sais pas qui a dit un jour que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt le matin, mais une chose est sûre, c’est que ça ne devait pas être un Chilien !

Il est environ 9h30 et il n’y a vraiment pas grand monde ici, seuls les nombreux chiens (jamais vu autant de chiens au kilomètre carré !) viennent croiser notre chemin. Les enfants en prennent d’ailleurs un en sympathie et nous décidons de le baptiser Nestor et d’inventer quelques histoires rigolotes à son sujet. Nestor est en mal d’affection et chaque caresse lui fait remuer la queue et le décidera d’ailleurs à nous accompagner toujours un peu plus loin. Quelques photos avec Nestor qui tient merveilleusement bien la pause avec les enfants, à croire que c’est un habitué et voilà notre promenade qui continue gentiment.

Les murs de ce quartier sont de véritables œuvres artistiques, nous n’avions encore jamais vu quelque chose de telle. Il n’y a pas une seule rue qui ne soit pas peinte ici, c’est incroyable ! Les graffitis rivalisent de beauté et dessinent sur les façades colorées des scènes de vie, des évènements historiques, des poèmes ou bien de simples messages à la population qui finissent par vous immerger dans un monde merveilleux, comme plongé dans un conte illustré.

Un peu plus loin nous ferons une halte à la maison du poète chilien Pablo Neruda, « La Sebastiana », nous resterons un moment à contempler la vue plongeante sur les toits des cabañas colorées en contre-bas, bercé par le rythme des cornes de brume des paquebots. Une de ces belles matinées où l’atmosphère est léger…

Après notre pause déjeuner, nous déciderons d’aller visiter deux autres magnifiques quartiers : le Cerro Alegre et le Cerro Concepcion.

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Ces quartiers sont tout autant colorés que le Bellavista mais sont beaucoup plus propres et élégants. Les ruelles sont aussi plus animées et il y a de petites terrasses de café forts sympathiques où l’ambiance a des faux airs de ¨dolce vita¨.

En chemin, nous nous arrêterons à un petit stand à l’ombre des bougainvilliers pour y acheter quelques cookies aux enfants, plus loin notre œil sera attiré par 1 étrange boîte montée sur un trépied. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Nous restons là, à observer une personne qui a l’air, bizarrement, de manipuler les entrailles de la boîte d’un côté pendant qu’un visiteur y flanque sa tête à l’autre extrémité et y regarde on ne sait quoi. Les enfants très intrigués me demandent de quoi il s’agit, tout excités d’essayer à leur tour d’y mettre la tête à l’intérieur pour y découvrir on ne sait quoi. Après quelques échanges avec la personne qui manipule la petite machine, nous apprenons qu’il s’agit en fait d’un théâtre miniature. A l’aide de fils, de poulies, de poids, d’aimants et d’une ampoule électrique, ce cher monsieur très ingénieux a réussi à créer un décors, des personnages et une histoire à l’intérieur de cette merveilleuse petite boîte. Je me dis qu’en plus d’être géniale, l’idée est pleine de charme et de poésie.

S’en est trop pour Jules qui trépigne à côté de moi: ¨Papa ! Je peux essayer, papa je peux essayer, papa je … . Oh ! oh ! Ca va, tiens voilà 1000 pesos…¨

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Le voilà fin prêt à découvrir l’histoire, les écouteurs sur les oreilles et la tête dans la boîte. Quelques minutes plus tard, Jules sort de la boîte avec 2 marques sur le front et une sur le menton 😉 mais avec aussi quelques étoiles dans les yeux ! Dans ce monde où l’électronique et les écrans ne délivrent que des produits finis et où les enfants n’apprennent plus à utiliser leur tête et leurs mains pour créer, je me dis qu’il y a encore des gens qui savent utiliser les leurs pour montrer d’autres alternatives à ce monde froid: la créativité, la poésie…

C’est une petite boîte pour l’homme mais une grande boîte pour Jules et Jade ! 😉

Valparaiso, on s’y sent bien. Un peu comme à Lisbonne ou à Barcelone. Elle fait partie de ces villes qui réunissent tous les ingrédients, à nos yeux, pour que l’on s’y sente bien. La mer, enfin l’océan ici, une culture et un passé important (ce n’était pas le cas par exemple en Australie), de la diversité culturelle, un sens artistique, une architecture à taille humaine, de bons cafés, restaurants et surtout ce mélange des peuples qui font la richesse des villes latines. Bon, c’est vrai que le coté propre anglo-saxon serait le bienvenu aussi, parce que quelques fois ça chlingue vraiment dans les ruelles.

Nous avons donc décidé de prolonger notre séjour d’une nuit à Valparaiso, histoire de faire durer le plaisir.

Le lendemain nous partons prendre un ¨collectivo¨, à savoir un taxi collectif (plus on est, moins c’est cher en gros) pour nous rendre à QUINTAY en bord de mer, petit village de pêcheur où il fait bon vivre apparemment.

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40 minutes plus tard nous étions dans une « caleta », attablés à la terrasse en surplomb du restaurant « le mirador », avec, comme son nom l’indique, un très beau point de vue sur la plage et la baie. Nous y admirons les mouettes et pélicans se nourrir des restes des pêcheurs, tout en se régalant d’un bon poisson grillé et d’une succulente purée de pommes de terre.

Après avoir fait le tour du port et visité la « ballenera » (ancienne usine où l’on pêchait la baleine pour l’industrie cosmétique et alimentaire principalement), nous traversons un sentier dans une forêt de pins, et 2km plus loin, nous voilà arrivés à la « Playa chica », que l’on nous avait indiqué la veille. Les plages sont très dangereuses au Chili car les courants et Baïnes y sont importants, mais ici, les roches ont formé une grande piscine naturelle. C’est superbe. Nous descendons nous installer sur la plage parmi les touristes chiliens…et leurs chiens ! C’est le petit bémol au Chili, les chiens sont omniprésents et même à la plage, où leurs maîtres n’hésitent pas à les baigner, voire même les toiletter à côté des enfants qui barbotent. Encore une fois, nous sommes loin de l’Australie où les chiens sont généralement interdits sur les plages, ou tenus en laisse uniquement sur certaines portions de plage. Nous passons tout de même une excellente après-midi de vacances en bord de mer.


Moins une et j’étais décapité !

 

Nous sommes en partie restés une nuit de plus à Valparaiso pour avoir le temps d’aller visiter le marché des pêcheurs, la Caleta Portales. Il nous faudra 20 minutes en bus local pour y accéder. Les pêcheurs sont au rendez-vous, ainsi que les centaines de mouettes, les pélicans et les lions de mer, tous ici pour se disputer les restes de poisson des pêcheurs.

Le spectacle est vraiment sympa, les lions de mer sont énormes, et mine de rien, c’est la première fois que nous en voyons à l’action dans l’eau. Tous ceux rencontrés en Nouvelle-Zélande étaient plutôt en mode sieste sur la plage, mais cette fois, ils nagent, s’arrachent les morceaux de poisson, grognent, se bagarrent, c’est excellent.

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Nous finirons par faire le tour du marché, et engagerons la discussion avec 2 pêcheurs en train de préparer leurs palangres pour le lendemain. A savoir, une corde avec un fil de pêche tous les 50cm environ et un hameçon au bout de chacun de ses fils (une palangre) Un système de gros clous en métal attachés fait couler les hameçons, et des bouteilles en verre font remonter le tout, afin que les hameçons restent à mi-eau, pas trop profond. C’est une pêche artisanale pratiquée ici, comme au temps de nos aïeux. L’un des pêcheurs me fera la confidence que c’est un métier difficile, ils partent chaque jour en mer de 3h du matin à 9h environ, à bord de leur petite embarcation et souffrent terriblement du froid. Nous nous dirigeons ensuite vers les étals de pêcheurs pour nous dégoter de quoi se préparer un bon déjeuner et finiront par acheter 8 poissons (merlu) pour 4000 pesos (soit 5€) à l’un d’entre eux. Nous le ferons découper en en filets par une des dizaines de personnes qui sont là pour nettoyer, vider et préparer les poissons. Une bien belle expérience que de se plonger de nouveau à une autre époque avec cette pêche artisanale quasi disparue de nos côtes françaises.

 

Aujourd’hui nous quittons Valparaiso et sommes en route pour une nouvelle aventure à 400km au nord, 8h de bus nous attendent.

A très bientôt.

 

16 réflexions sur “Valparaiso, quelle belle surprise !

  1. Jean-Marc MORIN dit :

    Encore un excellent moment passé avec vous. C’est vrai que l’art de rue semble être à l’apogée dans ces pays magnifiques. A l’antithèse des pays anglo-saxons plus respectueux des conventions sociales voir du conformisme social. Toutefois je suppose qu’il faut s’abstenir de jugements définitifs et savourer les manifestations variées du génie humain lorsqu’il s’exprime au détour d’une rue du village mondial. Bises.

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    • promeo4 dit :

      Bien dit !
      Je peux t’embaucher Jean-Marc pour écrire ? T’es quand même pas mal doué à mon avis…
      Oui, on essaie de balancer nos jugements avec nos impressions sans être trop négatifs mais c’est pas toujours évident. Mais surtout on ne s’attend pas à ce que l’on soit d’accord avec nous, on écrit simplement ce que l’on ressent.

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  2. Michelle COUAVOUX dit :

    Valparaiso qui signifie « Vallée du paradis » est vraiment une très jolie ville très colorée qui aurait beaucoup plu à mon frère aîné et il n’aurait certainement pas manqué de laisser sa trace sur les murs peints.

    D’après mon copain Internet, Valparaiso était le port le plus important du Chili et le plus grand de la côte Ouest d’Amérique du Sud et pour tous les marins qui s’y rendaient en doublant le Cap Horn c’était une aventure et les marins accompagnaient les manoeuvres de mer en chanson et c’est ainsi, « Nous irons à Valparaiso » composée en 1811 est une chanson à virer : virer le guindeau ou cabestan pour lever l’ancre

    Voici les paroles à apprendre par coeur pour votre retour :

    Hardi les gars ! Vire au guindeau !
    Good bye farewell ! good bye farewell !
    Hardi les gars ! Adieu Bordeaux !
    Hourra ! Oh Mexico ! Ho ! ho ! ho !
    Au Cap Horn il ne fera pas chaud !
    Haul away ! Hé oula tchalez ! (*)
    A faire la pêche cachalot !
    Hal’ matelot ! Hé ! Ho ! Hisse hé ! Ho !

    Plus d’un y laissera sa peau !
    Good bye farewell ! Good bye farewell !
    Adieu misère adieu bateau !
    Hourra ! Oh Mexico ! Ho ! Ho ! Ho !
    ET NOUS IRONS A VALPARAISO !
    Haul away ! hé oula tchalez !
    Où d’autres y laisseront leur os !
    Hal’ matelot ! Hé ! Ho ! Hisse ! hé! ho !

    Ceux qui reviendront pavillons haut !
    Good bye farewell ! Good bye farewell !
    C’est premier brin de matelot !
    Hourra ! Oh Mexico ! Ho ! Ho ! Ho !
    Pour la bordée ils seront à flot !
    Haul away ! hé oula tchalez !
    Bon pour le rack, la fille, le couteau !
    Hal’ matelot ! Hé ! Ho ! Hisse hé ! Ho !

    (*) Tirez (Haul away) Hé vous là halez
    Guindeau : appareil servant à démultiplier les effoorts afin de remonter l’ancre.

    Et voilà … au travail
    Très gros bisous

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  3. Armand Henri dit :

    je ne sais pas lequel des deux écrit , mais c’est bien rédigé et on a plaisir à lire le texte .Les photos sont belles , les sites magnifiques , ….bravo , c’est un vrai reportage de pros.
    Bises affectueuses à tous .

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    • promeo4 dit :

      Merci c’est gentil! C’est généralement Pierre qui écrit, il raconte beaucoup mieux que moi. Et moi qui le charge des photos!
      Dans cet article il a commencé et j’ai pris la main à partir de la visite du port de Quintay!
      Merci pour ton message et plein de bisous à tous les deux!

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  4. berthier dit :

    VIGILANCE avec les chiens errants, la rage existe encore. Un enfant de notre région
    en voyage avec ses parents,en Inde, a joué avec un chiot sur la plage, s’est fait mordiller par le chien..3 semaines après la rage s’est déclarée. La rage est une maladie qui ne se soigne pas !

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    • promeo4 dit :

      Oui t’inquiète je suis ultra vigilante. Surtout qu’une amie maman d’une famille rencontrée il y a quelques semaines, s’est fait mordre la semaine dernière en Polynésie. Nous redoublons donc de vigilance. Heureusement pour cette maman le chien n’était pas errant et vacciné mais c’est sur que ça fait peur.

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