El Chaltén, Laguna de los tres

Arrivés à El Chaltén un peu tard déjà et sans victuailles, nous décidons de diner dans un resto parilla (parrrricha comme ils disent ici!). L’endroit est plutot cosy, style cabane en bois, avec petites peaux de moutons sur les bancs histoire de se réchauffer. Nous sommes en été mais en Patagonie il ne fait jamais bien chaud. Une table de grands, une table d’enfants, nous passons une belle soirée à nous délecter de notre magnifique parrilla: agneau, bœuf, poulet, chorizo et boudin noir!! un plat pour 4 pour nous 8 sera amplement suffisant!

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La première journée sera consacrée à l’école et des courses le matin (car il faut bien !), et à une balade pas trop longue l’après-midi, celle du « mirador de los condores », qui permet de monter au sommet d’une petite colline qui offre un petit aperçu de ce que nous allons pouvoir découvrir le lendemain de plus près. On s’économise pour la longue rando prévue le lendemain… On passera du temps en haut à profiter de la vue, faire des photos rigolotes et à une séance de drone pour Jules.

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Jour J!! C’est parti ! Il est 9h00 et nous sommes en route pour une randonnée de 24 kilomètres vers le mont Fitz Roy ou plus communément appelé ici : El Chaltén.

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Nous sommes en compagnie de nos amis Clément, Sarah, Louise et la petite Meryl. La veille, nous nous demandions si les enfants allaient pouvoir suivre, 24 kilomètres c’est quand même très long ! D’autant plus que le parcours présente une difficulté particulière au niveau du 8ème kilomètre, une ascension très raide sur 1,5 kilomètres, au milieu de gros cailloux, qui permet d’arriver au point culminant de la rando.

De notre côté, fort de l’expérience du Tongariro en Nouvelle Zélande (21 kilomètres) nous savions que Jules et Jade pouvaient y arriver, mais pour l’autre famille le challenge était plus corsé quand même. En effet, leur petite Meryl n’est âgée que de 4 ans et demi et ne peut y arriver seule, par conséquent c’est sur le dos de Clément et de Sarah que les 16 kilos de la petite Meryl atterriront, ça ne va pas être facile, facile, quand même…

Après coup, nous finiront par conclure que rien ne sert de se freiner avec des suppositions négatives si l’on veut essayer d’arriver au sommet. Essayons, et on verra bien une fois en route.

Nous voilà donc partis, le pique-nique dans le sac-à-dos et armés de nos guiboles, à la poursuite d’El Chaltén. La première partie du parcours se fera sans trop de peine, le chemin relativement plat aidant, les enfants virevoltent sur plusieurs kilomètres et s’amusent comme des petits fous. Pendant 8 kilomètres environ, l’environnement est très changeant, nous passons des plaines brûlées par un soleil de plomb, aux forêts de Lenguas dont nous apprécions l’agréable fraîcheur des sous-bois ombragés.  A nos côtés une rivière se faufile à travers champs, elle est là, puis disparaît un peu plus loin, son bruissement, lui, est régulier, il ne nous quitte pas et nous suit comme un animal de compagnie que l’on perd de vue, mais dont on sent la présence. Elle est notre compagne fidèle d’une journée, garde un œil sur nous, nous montre le chemin et bien sûr nous abreuve de son eau pure issue des glaciers.

Un peu plus tard, nous ferons une halte pour nous ravitailler et prendre quelques forces avant la montée vers le sommet qui s’annonce coriace. Nous en profitons pour regarder vers l’horizon où 3 pics enneigés, acérés comme des dagues géantes se détachent en arrière-plan, ils nous attirent comme des aimants et laissent présager une jolie rencontre au sommet. Allez ! Il faut continuer, l’effort en sera bien récompensé une fois arrivé au sommet. Les loulous en pleine forme, décident de partir devant avec la ferme intention de nous montrer qu’ils peuvent aller jusqu’au sommet. Quelques centaines de mètres plus loin, le chemin se verticalise d’un seul coup, on parvient même, par endroit, à y attraper la roche devant nous avec les mains. C’est à ce moment-là que nous croisons un panneau nous indiquant que le sommet se trouve a 1 heure de marche pour seulement 1,5 km d’ascension.

Devant moi les loulous me surprennent, ils grimpent avec une motivation sans relâche, sans mot dire. Derrière moi, Sarah est étonnante, elle porte Meryl sur son dos sans broncher et avance comme un cabri. Nous poussons sur nos jambes, le souffle court, notre cadence ralentit petit à petit et chacun de nos pas devient un effort sur lequel nous focalisons. Il n’y a plus rien autour de nous, seuls comptent les pas devant nous qui n’en finissent plus. Plusieurs haltes seront nécessaires pour recharger la batterie des calories parties en fumées, allez encore un effort, nous y sommes. Les enfants soufflent et commencent à avoir grise mine, les premiers ¨Quand est ce qu’on arrive papa ? ¨ apparaissent et je me dis qu’ils sont vraiment courageux nos loustics car ils sont encore une fois les seuls enfants sur ce trek. Je décide de faire une pause drone avec Jules, l’endroit n’est ni trop loin, ni trop prêt pour pouvoir filmer les sommets, et nous sommes seuls. Rien de mieux qu’une petite pause ludique pour le re-booster vers l’ascension finale me dis-je. Pendant que Jules prépare son drone, je vois au loin le reste du groupe qui s’éloigne sur le chemin vers le sommet, on dirait des petites fourmis sur le toit de leur fourmilière. Le spectacle autour de nous commence à être grandiose et je demande à Jules de nous faire de belles photos depuis là-haut avec son drone. Le voilà qui pilote l’engin avec assurance maintenant, il monte son drone à 120 mètres d’altitude au-dessus de nos têtes et commence à shooter quelques clichés en 360°. C’est à ce moment-là que l’écran de contrôle du drone nous révèlera les pics enneigés sur le sommet et un lac bleu magnifique. ¨Whaouu ! Il faut que l’on voit ça de nos propres yeux Jules, allez on y va ! ¨ Motivés comme jamais, nous avalerons la dernière montée en quelques minutes.

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Nous rejoignons le reste du groupe, exténués certes, mais heureux devant la beauté des lieux qui s’ouvrent à nous. Tout le monde est contemplatif et muet, comme si chacun d’entre nous essayait de mémoriser les moindres recoins, les moindres détails du paysage afin qu’il reste gravé à jamais dans notre mémoire. L’effort et la beauté, la force et la grâce, comme souvent deux éléments opposés peuvent se conjuguer et donner ensemble le meilleur pour devenir des détonateurs de plaisir. Nombreux sont les gens qui ont écrit sur ses sensations décuplées de plaisir suite à la privation ou à un effort extrême et c’est vrai que c’est bon ! En toute modestie bien entendu.

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Après un bon pique-nique et au bout de 2 heures et demi de contemplation, nous avons décidés de repartir car environ 10 kilomètres nous attendaient jusqu’au village. Les enfants partent devant comme à leur habitude et croisent en chemin de nombreuses personnes qui n’oublient pas de les féliciter, tout surpris qu’ils sont de voir leurs petites gambettes faire autant de route. La descente est tout aussi jolie mais éprouvante pour les jambes, et les derniers kilomètres seront très difficiles pour tout le monde. Je propose à Clément de le relayer en portant sa fille à mon tour, mais il tient bon et veut arriver au bout coûte que coûte. Tout le monde commence à avoir des douleurs dans les jambes ou les genoux pour certains mais même si le physique flanche un peu, le moral et la bonne humeur reste de mise.

Nous arriverons au bout de nos 24 kilomètres de randonnée épuisés, après 8h de marche, les traits tirés, mais heureux comme jamais d’avoir pu voir ces paysages du bout du monde. Les enfants sont eux aussi épuisés et l’on se demande un peu à ce moment-là si nous sommes de bons parents ou bien des parents tyranniques. Heureusement leurs sourires nous réconfortent lorsqu’on leur demande s’ils ont aimé cette promenade…

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Après une courte nuit, c’est toujours aussi fatigués que nous repartons d’El Chaltén pour El Calafate à 200km, où nous attend notre avion pour de nouvelles aventures tous les 4 dans le nord de la Patagonie Argentine. Nous sommes rêveurs ce matin, devant ces sublimes couleurs pastels qu’offrent les routes de la Patagonie!

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8 réflexions sur “El Chaltén, Laguna de los tres

  1. Barbé/Pennacchio dit :

    Les enfants sont tout aussi impressionnants que ces beaux paysages.
    Bravo.
    J’aime bien toujours vous lire et voir vos bouilles

    De gros bisous vous 4.

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  2. Audrey dit :

    Bravo les loulous ! Trop forts ! 24km à pied ! Ça use, ça use ! Quel courage ! On vous embrasse ! Trop hâte de vivre un petit bout de votre magnifique trip avec vous ! 😘

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  3. Michelle COUAVOUX dit :

    Vous êtes tout simplement aussi impressionnants que les majestueux pics enneigés
    J’ai pris énormément de plaisir à lire votre prose : le livre est là !
    Tout est sublime ; pas la peine de rajouter grand chose et les photos parlent d’elles-même
    Bravo Jules et Jade pour leur endurance et leur sourire et bravo aussi à Pierre et Aurélie pour nous faire découvrir en rêvant des contrées où nous espérons bien sûr tous aller un jour…
    Très gros bisous à tous.

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