Bariloche et la route des 7 lacs

Vendredi 26 janvier 2018, nous volons en direction de San Carlos de Bariloche, en Patagonie du nord. Nous avons prévu de nous y arrêter 3 jours pour profiter de cette petite ville balnéaire qui paraît-il est plutôt agréable et réputée pour ces chocolatiers, on la surnomme même ¨La petite Suisse d’argentine¨.  Bariloche est aussi une station de ski réputée en Argentine, malheureusement nous sommes en été, le ski ce sera pour une prochaine fois.

Après Bariloche, nous avons prévus de continuer notre petit périple en voiture de location, vers la célèbre route des 7 lacs où nous passerons 3 jours.

A travers notre hublot, les Andes et leurs sommets enneigés se profilent à l’horizon, l’aridité des sols dorés et les plaines couleurs pastel font placent progressivement aux montagnes verdoyantes.

A notre arrivée, nous sautons dans un taxi direction notre hôtel, les formalités administratives faites, nous nous jetons sur notre lit. N’ayant pas vraiment eu le temps de nous reposer de la randonnée de la veille, nous décideront de diner rapidement et d’aller nous coucher tôt. Les enfants ont aussi besoin de ralentir et de souffler un peu, c’est ce que nous sommes venus chercher ici.

Un bon sommeil récupérateur, un bon petit déjeuner et une bonne séance d’école et nous voici donc prêts à arpenter gentiment les ruelles de la cité. Notre hôtel est en plein centre et en 2 minutes nous voilà sur la rue principale, la rue Mitre. Elle est longue et flanquée tout du long  de boutiques touristiques en tout genre qui vendent des babioles sans réel intérêt et de chocolatiers. Quelques heures plus tard, la petite ville de Bariloche n’a quasi plus de secret pour nous, nous en avons fait le tour et sommes quelque peu dubitatif sur l’opinion à en avoir. La ville ressemble à une mauvaise station de ski européenne des années 70, vous savez celles dont le charme des habitations bétonnées flirt avec le constructivisme russe. A chaque fois que je vois ce genre d’urbanisation, je ne peux m’empêcher de penser comment a-t-on pu autoriser des architectes aussi médiocres à exercer ce beau métier. Bref, passons…

Nous nous questionnons donc sur l’attrait de cette ville… Nous avons dû rater quelque chose c’est pas possible, il y a un quartier quelque part qui va nous émerveiller au détour d’une ruelle. Curieux d’en savoir plus, nous poursuivons notre chemin et apercevons au loin un marché ! Aaaaah ! Enfin quelque chose de sympathique. ¨Ni une, ni deux¨, nous voilà à la découverte des étals. Quel spectacle mes amis ! Je savais que nous étions au bout du monde mais je ne savais pas que cette ville accueillait aussi ceux qui était ¨au bout¨ tout court ! Au bout… de leur vie, ou au bout… de leur compte bancaire surtout. Devant nous, des étals de gens qui enfilent des perlent, font des…des choses avec des fils de fer, des choses avec du bois qui ressemblent vaguement a des assiettes ou des bols difforment ou bien des ¨bijoux¨ (terme mal approprié pour le coup) découpés dans des feuilles de métal. La médaille d’or allant à celui qui tricote des pulls en laines avec une maille tellement grosse que l’on ne sait même plus si c’est un pull ou une serpillère (façon Thérèse pour les cinéphiles) , en tout cas il ne doit pas tenir bien chaud celui-là ! Bref, plus que de l’artisanat, ceci ressemblait à un camp de ¨vive la vie¨(comme je les appelle) qui sont restés trop longtemps au bout du monde…

Ceci a définitivement plombé notre avis sur cette ville de Bariloche dont nous n’avons toujours pas compris l’intérêt qu’elle suscitait.

Heureusement que nos amis les ¨Cap Fagi¨, Emilie, Arnaud, Alice et Charles nous rejoignaient le soir même dans un restaurant histoire d’égayer cette journée sans intérêt notoire. Eux comme nous n’ayant pas trouvé la ville exceptionnelle, nous déciderons de prendre le bus le lendemain, pour aller visiter le Cerro Campanario, un mont surplombant la région de Bariloche et ses nombreux lacs, ainsi que le parc naturel Llao-Llao un peu plus loin. Mouais, c’était joli, c’était mignon, cela nous a rappelé la Suisse ou les lacs d’Italie mais sans plus. Ce n’est pas que nous sommes blasés mais nous cherchons avant tout le dépaysement, l’unique, ce que nous n’avons pas déjà vu en Europe et là, c’était un peu trop similaire à chez nous et tellement moins spectaculaire par rapport à la majestueuse Patagonie du sud.

Le soir, les ¨Cap Fagi¨ nous inviterons à nous joindre à eux pour un diner en compagnie d’une famille française qui vit actuellement à la Paz en Bolivie. Le diner a été un moment d’échange et de rigolades bien sympathique autour d’une bonne Parrilla (viande Argentine au grill) et d’un très bon vin rouge. J’en profite pour faire une parenthèse et préciser que l’Argentine est définitivement championne du monde de la viande au grill ! Nous n’avons jamais mangé de viandes aussi bonnes qu’ici, la famille entière est unanime sur ce sujet d’ailleurs, fermé la parenthèse. Lors de ce diner nous avons donc fait connaissance avec cette famille dont le papa est diplomate en Bolivie et ils nous ont d’ailleurs gentiment invité à partager ¨leur chouette toit¨ chez eux en Bolivie. On ne manquera pas d’aller leur dire bonjour.

Le lendemain, nous avons quitté nos amis ¨Le Cap Fagi¨ non sans regrets puisqu’on ricanait bien ensemble, au revoir les amis ! On se voit en France à notre retour, promis !

Lundi 29, nous entrons chez un concessionnaire Renault pour y réceptionner notre petite clio. L’accueil est très chaleureux, on nous offre un sourire et un café et j’en profite pour admirer les modèles Renault du mercosur dessinées par mes anciens collègues au Studio de Sao Paulo. Une fois arrivés dans le bureau pour signer les formalités de location du véhicule, je demande à la personne en face de moi si par hasard elle connait un certain Gustavo Fosco, un argentin, qui était mon ancien directeur au centre de Design Renault à Barcelone. Par la suite j’ai su que Gustavo Fosco avait été promu Directeur Renault de toute l’Amérique du Sud. La personne me dit que oui, bien évidemment, puis m’explique que : ¨Gustavo fallecio !¨ Je crois comprendre mais , je n’en suis pas sûr… Je me tourne vers Aurélie et dans un regard, elle qui parle bien mieux que moi l’espagnol, je luis demande de me confirmer ce que je crois comprendre…

Mon sang ce glace et malheureusement c’est bien ça, je viens d’apprendre que mon ancien directeur est décédé en 2014, dans un accident d’avion qui l’emmenait en Uruguay. Je reste sous le choc et ne peut m’empêcher de me remémorer les bons souvenirs du temps passé à travailler avec lui, à Barcelone. La vie est une loterie et je me dis encore une fois que notre tour du monde a décidément beaucoup de sens. Repose en paix Gustavo.

Gustavo fosco

Le coffre de la Clio chargé à bloc, Bariloche dans le rétro, nous voici partis sur la route des 7 lacs direction San Martin de los Andes. Nous décidons de ne pas commencer par la traditionnelle route des 7 lacs, mais par une piste qui nous a été recommandée par nos amis Clément et Sarah. Et bien nous en a pris, car les paysages sont superbes, nous longeons une rivière aux reflets miroirs, pendant de longs kms et finirons par nous arrêter sur ses rivages où nous pique-niquerons. Le décor nous rappelle un peu celui de Monument Valley dans l’ouest américain, les collines ont de longues aiguilles de roches, il ne manque plus que les indiens ! Notre petit pilote de drone nous en a sorti de jolis clichés d’ailleurs.

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Notre sandwich avalé, nous continuons notre route sur les bordures d’un lac bleu foncé, la piste, poussiéreuse,  le surplombe et le décor nous fait penser au Canada par endroits avec de grands sapins qui n’en finissent pas de s’élancer vers le ciel. C’est un plus loin, dans le village de « Villa Traful », que nous ferons une petite pause sur une plage de galets gris. Le soir venu, le soleil couchant mélangé à la poussière qui s’élève dans l’air viendra illuminer l’atmosphère du petit village de San Martin de los Andes, où nous jetterons nos sacs à dos, dans une petite cabaña en bois, rustique mais charmante et confortable.

Le lendemain, le plein de bonnes choses fait dans une épicerie du coin, la route des 7 lacs nous attendait cette fois-ci. Elle est très connue pour ces nombreux points de vues qui donnent sur les lacs environnants, cependant le décor ne transporte pas, un peu comme les abords de Bariloche, il nous rappelle l’Europe que tout le monde connait, Annecy ou les lacs italiens, joli mais pas dépaysant. Bof encore une fois, d’autant plus que très souvent, les « miradores » ne permettent pas de voir grand-chose car de hauts arbres en obstruent la vue. Pierre nous dégote cependant un beau petit coin pour le déjeuner, au bord du lac Falkner (un des nombreux bordant la route), nous nous reposons un long moment sur une étendue d’herbe face au lac, avec une belle vue sur les montagnes.

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Villa La Angostura, petite station de ski avec beaucoup de cachet sera notre étape pour la nuit et notre petit coup de cœur pour cette région. C’est vraiment mignon, un vrai décor de cinéma où l’on se sent bien tout de suite. On décidera d’ailleurs de prolonger notre séjour d’une nuit dans ce petit village bien agréable.

Nous partons ce matin en balade en vélo (enfin! Jules nous réclamait cela depuis longtemps), pour rejoindre le lac Correntoso et sa petite plage d’eau cristalline.

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Dans l’après-midi nous reprenons notre Clio pour aller voir les plages du coté de Puerto Manzano.

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Jolies photos de notre pilote de drone : Jules Romeo. Il faut le souligner quand même 😉

Notre aventure en Argentine se termine ainsi et aujourd’hui, vendredi 2 février nous vous écrivons depuis Puerto Varas au Chili, l’aventure continue.

Nous avons adoré l’Argentine et particulièrement la Patagonie du sud dont les paysages sont exceptionnels. Nous avons aussi beaucoup aimé les argentins avec qui la communication est simple (évidemment le fait de parler espagnol a rendu les choses beaucoup plus agréable car ici l’anglais est très peu utilisé). Ce sont de bons vivants, des gens chaleureux et joyeux. Autre gros point positif de l’Argentine : sa cuisine ! Nos papilles se souviendront longtemps du bife de chorizo et autres viandes grillées, un régale absolu ! Le seul bémol ayant été la difficulté importante que nous avons rencontré pour retirer de l’argent car le liquide c’est le nerf de la guerre ici, tout se paie en espèce ! Ils sont allergiques aux carte de crédit et le problème est qu’il faut éviter d’en retirer aux guichets car chaque retrait est limité à 80€  max et la commission s’élève à 8€ (10%) ! Avoir du liquide sans en retirer, c’est un sacré challenge ! La solution: emmener avec soi des US dollars comme on l’a fait, et les changer au marché parallèle à Buenos Aires (on appelle ça le ¨blue dollar¨ , c’est pas très rassurant, mais ça marche si on a les bons filons. (pour ceux que ça intéresse je pourrais vous détailler comment faire) Autre solution: prévoir de se faire des transferts de liquide avec Western Union (la commission reste correcte mais ça prend 24 heures ). Pour ceux qui envisagent d’aller en Patagonie, n’est-ce pas Thomas, 😉 Il faut prévoir un budget important, c’est la destination la plus chère de notre tour du monde, même les îles Fidjis sont moins chères!

Nous avons voyagé ¨au moins chère¨ et les chambres d’hôtel ou cabañas (comme ça se fait beaucoup ici) et les moins onéreuses tournent autour de 100-120 € et c’est pas du grand luxe, loin de là ! Je précise que nous étions à la meilleure période (l’été) pour visiter la Patagonie, c’est en général ce que tout le monde fait, mais tout était réservé alors un conseil, réservez en avance. Record absolu, nous avons vu des chambres à 7 000€ la nuit à Torres del Paine !

Voilà pour un petit résumé à l’attention des intéressés.

A très bientôt au Chili !

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10 réflexions sur “Bariloche et la route des 7 lacs

  1. PHILIPPE BURGARD dit :

    Oui et ben ça suffit de nous faire rêver, nous ici on a une super neige, et on s’éclate à mort.
    Je ne vois pas souvent Dudule et Fesses de Rat faire les devoirs , je vais faire réciter au retour, faisez gaffe!!!!
    Bises à tous.
    Philou

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  2. laure romeo dit :

    Toujours de belles aventures et de beaux paysages et quel plaisir de vous lire.
    Bravo à Jules pour les prises en drone !
    Jules tu as grandi c’est fou tu ressembles de plus en plus à ton papa quand il avait ton âge !!

    Gros bisous

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  3. Alain dit :

    Eh oui Pierre, Gustavo était en charge -je crois- de la Comm pour le Mercsur l’accident est survenu avec un avion de tourisme lors de repérage alors qu’il préparait un lancement (celui du Duster ?)
    J’avais alors échangé avec le Grand patron du Mercosur. ..tout le monde était retourné…

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  4. Le Cap Fagi dit :

    Merci la Parenthèse, pour ce chouette article! Nous étions bien contents de partager ces bons moments avec vous!
    RDV en France ou en Suisse pour des retrouvailles dignes de ce nom!
    Gros bisous mon Gérard et ses brigands!

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  5. Jean-Marc MORIN dit :

    Vos articles se densifient au fur et à mesure de votre progression. L’esprit critique et l’affect accentuent l’humanité de votre narration. La collaboration familiale tourne à plein ! Quelques petites coquilles orthographiques témoignent de votre sincérité…

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