Les volcans de Puertos Varas

220km et 8h plus tard, oui vous avez bien entendu ! Il faut dire que la frontière Chilienne est une expérience à vivre, ici les fruits, légumes et autre aliments comme la viande sous vide sont considérés comme des armes dangereuses, alors ça prend 2 heures 30 minutes pour vérifier chaque sac de chaque passager d’un bus complet ! Vraiment incompréhensible mais bon, on ne va pas s’étaler sur les sujets administratifs, ça n’en vaut jamais la peine, tous pays confondus.

Notre cabaña est toute mignonne, le salon spacieux, nous nous sentons tout de suite comme à la maison, et ça fait du bien! Le gros atout de cette location, c’est sa propriétaire, Carolina. Nous l’avons tout de suite adorée. Dynamique et attachante, ce petit bout de femme de 75 ans a su nous accueillir comme des membres de sa famille, avec plusieurs petites attention à notre égard: chocolat pour les parents et les enfants, bières au frais pour les parents, mais surtout elle a cette petite bouille de mamie sortie tout droit d’un dessin-animé de pixar qu’on adore !

Le premier jour, après une séance d’école, nous partons à la découverte de la petite ville de Puerto Varas qui borde la lac Llanquihue. Cette petite cité nichée au bord d’un lac offre une très belle vue sur les volcans Osorno et Calbuco. Les maisons, de construction légère, ressemblent beaucoup à des cabanes de fortunes en bois patinés et ont un charme unique avec leurs façades colorées. Puerto Varas est née de la colonisation des allemands (et oui ça existe!) dans les années 1850, et cette influence se fait vite ressentir en parcourant la ville. Beaucoup de restaurants ont des noms à consonance germanique, les rues sont complantées de rosiers et de magnifiques hortensias comme en Allemagne. Ils ont aussi laissé un héritage culinaire en pâtisserie, le « Kuchen », un très bon gâteau avec une épaisse couche de noix et caramel dessus. Un vrai régal !

Après avoir flâné dans le centre-ville et nous être délecté d’un bon repas dans un restaurant typique du coin, nous voilà partis nous balader sur les bords du lac pour profiter de la superbe vue sur les volcans, et dans l’idée d’aller visiter un musée bric-à-brac dont on avait entendu beaucoup de bien (Encore Clément et Sarah). 15h15, le musée est encore fermé à notre arrivée, nous en profitons pour faire une pause sur une plage en attendant. Toujours dans l’attente de l’ouverture, nous ferons connaissance avec un jeune chilien qui parle très bien français ! Il a étudié au lycée français et travaille actuellement dans une société française (VIGEO, créée par Nicole Notat !!).

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16h45, Pablo Fierro nous ouvre enfin les portes de son musée, et nous explique son histoire. Il est un artiste qui aime dessiner et peindre les vieilles « cabañas » de sa région. Le musée regorge d’antiquités, de dessins, de petits mots des visiteurs accrochés de partout. Une salle de classe des années 50-60 a été recréée pour le plus grand bonheur des enfants, qui jouent à la maîtresse.

C’est juste magique comme ambiance, tout le monde est sous le charme de ce monsieur qui fait partie de ces rares personnes qui savent diriger leur vie en ayant le courage d’accomplir leur rêve jusqu’au bout.  Comme il l’écrit sur sa devanture :  » El Arte de soñar es de hacerlo realidad » / « L’art de rêver est de pouvoir le réaliser »

La magie des lieux opère et petits comme grands se mettent à dessiner sans retenue comme des enfants. C’est étrange et beau de voir à quel point un lieu peut vous transporter par les émotions que l’on y ressent. Cet homme est un grand homme et discuter avec lui fût un moment de sincérité fort émouvant. Quelle belle rencontre !

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« J’ai toujours pu concrétiser les objectifs que je me suis tracés et, pour cela, j’en suis reconnaissant, puisque jusqu’à aujourd’hui j’ai pu faire ce que j’aime, sans importance pour le matériel  »

Plus qu’une visite artistique, la rencontre de ce monsieur pourrait faire davantage de bien à certaines personnes qu’une visite chez un psychologue ! Nous repartirons de ce lieux, le cœur léger en ayant l’impression d’avoir fait une rencontre rare et précieuse, c’est aussi ça notre tour du monde.

Le lendemain, nous récupérons notre nouvelle voiture de location pour emprunter la route qui fait le tour du lac Llanquihue, et s’approcher du volcan Osorno. Le soleil est là pour nous accompagner, le panorama sur cette route longeant le lac est superbe.

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Nous décidons de faire une première halte aux « saltos de Petrohué », des cascades réputées dans la région. Arrivés sur le site, nous payons notre parking, et partons pour la courte balade. A l’entrée du chemin, et en tant que touristes étrangers, il faut s’acquitter de 15€ (à nous 4), pour emprunter les 500m de chemin. C’est clairement affiché, c’est moitié moins pour les chiliens ! Cette petite ségrégation touristique nous déterminera à faire demi-tour. Ce ne sont pas les chutes d’Iguazu, on devrait s’en remettre. Nous reprenons la route et continuons notre chemin jusqu’au tout petit village de Petrohué, situé au bord du lac Todos los Santos cette fois. On y aperçoit un autre volcan, le « Puntiagudo », aux flancs érodés par les glaciers. Nous parcourons la jolie plage de sable noir jusqu’au port, c’est assez vite vu mais très mignon.

Puis nous poursuivons pour enfin arriver au Volcan Osorno. Nous avions hâte de retourner sur un volcan après la balade au Tongariro de Nouvelle-Zélande, qui plus est sous le soleil. Notre pic-nic avalé, nous démarrons la balade qui monte à un point de vue sur le cratère rouge et sur les lacs alentours. Quelques mètres plus loin, nous croisons un couple de français, Fabienne et Thierry, et entamons la discussion. Ils sont de Cavaillon, et sont partis depuis 3 mois pour un voyage d’un an en Amérique du sud, à bord de leur camping-car. Incroyable ! Pierre découvrira un peu plus tard en discutant avec eux, que la fille de Fabienne : Juliette était une stagiaire en design qu’il avait eu il y a quelques années chez Toyota ! Le monde est petit, c’est définitivement vrai ! Pendant ce temps-là, un beau renard s’approche, il n’est pas sauvage du tout et on dirait même qu’il s’attend à ce qu’on lui donne à manger. Certains doivent le faire car il reste un long moment à coté de nous à patienter. Mais bien sur, nous ne lui donnerons rien afin qu’il puisse garder son instinct de chasse, précieux à sa survie. Par contre, nous en profiterons bien pour lui tirer de jolis portraits (enfin Jade, pendant que nous bavardions!).

C’est ensemble, avec Fabienne et Thierry que nous atteindrons le sommet et partagerons nos expériences. Les volcans dessinent toujours des paysages extrêmes qui nous surprennent à chaque fois par leur beauté.

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Notre journée se termine par une bonne glace pour les enfants et Pierre et un « Kuchen » pour moi, à Frutillar, station balnéaire très prisée des chiliens. Un village très mignon de maisons colorées encore une fois, une longue plage de sable noir et son théâtre sur le lac.

Il est temps pour nous de quitter Carolina, l’île de Chiloé nous attend. Nous sommes tous tristes de nous quitter, surtout les enfants, Carolina aura été une tendre mamie d’adoption pendant ces 3 jours.

3 réflexions sur “Les volcans de Puertos Varas

    • promeo4 dit :

      Oui c’est incroyable le nombre de rencontres en voyage. Surtout ces derniers temps. Lorsque nous étions en camping car c’était plus difficile. Gros bisous

      J'aime

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