Dernière semaine au Pérou en demi-teinte…

Notre séjour au Pérou se termine sur une semaine en demi-teinte…

Paracas dans le rétroviseur, nous voilà arrivés à Lima au bout de 4 heures de bus. De là nous nous sommes rendus à l’aéroport pour y louer une voiture cette fois-ci car nous avions hâte de continuer notre périple en toute liberté sur la côte pacifique nord mais aussi hâte d’en finir avec les trajets de bus 😉 L’envie de rouler sur le bord de l’océan avec le soleil qui brûle continuait de nous séduire après ces mois passés en montagne à crapahuter.

Ralentir, farniente c’est aussi ce que l’on commence à ressentir un peu maintenant. A la façon des coureurs, nos derniers kilomètres commencent à être éprouvants physiquement. Un tour du monde c’est quelque chose d’intensif et on en mesure aujourd’hui l’effort. Pour que vous puissiez mieux comprendre, voici quelques chiffres : Cela fait 277 jours (9 mois) que nous sommes partis et nous avons effectué plus de 150 étapes. Ce qui se traduit par moins de 2 jours passés sur un même lieu en moyenne ! C’est quand même un rythme soutenu.

Alors, nous avions envie d’un peu de cruising¨ cool sur la côte péruvienne, et aux dires des différents blogs que nous avions lus, l’idée paraissait plutôt séduisante.

Notre objectif était donc de remonter la côte nord depuis Lima jusqu’à Trujillo, à 600km de la capitale, tranquillement sur 6 jours afin d’apprécier les couchers de soleil et les embruns de l’océan.

Malheureusement, ce n’était sans compter notre mésaventure dans le dernier restaurant de Paracas où nous avons été intoxiqués avec un riz aux fruits de mer (arroz con mariscos) J’ai commencé à être barbouillé sur la route vers 18H00, puis s’en sont suivis des spasmes de plus en plus forts dans l’estomac. A notre arrivée à Huacho, notre première ville-étape sans intérêt, je me tordais littéralement de douleur sur le siège de l’auto. C’est un peu plus tard qu’Aurélie a, à son tour commencé à présenter les mêmes symptômes, le « arroz con mariscos » que nous avions partagé nous aura été fatal. Il fallait bien que ça nous arrive un jour me diriez-vous !

N’en pouvant plus, nous finirons par nous installer rapidement dans le premier hôtel rencontré, ce qui n’est jamais une bonne idée en soi… La règle sera confirmée, et notre chambre d’hôtel se verra affublée d’une place de choix sur le podium des hôtels les plus miteux que nous ayons fait dans notre tdm. De mon côté, me sentant de plus en plus mal, je décide de rester seul dans mon lit pendant qu’Aurélie emmène les enfants diner (je n’aime pas les laisser seuls, mais je ne peux même plus marcher). Comme disait Chirac : ¨les emmerdes volent toujours en escadrille¨ et ce soir elles sont au-dessus de notre tête ! Ils n’auront rien trouvé de mieux qu’un restaurant ayant l’air bien miteux lui aussi et préfèreront se contenter d’une assiette de frites plutôt que de risquer une nouvelle intoxication.

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, tout le monde à l’air d’aller un peu mieux, mais nous sommes quand même bien fatigués. Nous repartons, toujours en direction du nord pour une étape à Playa Tortugas, une très jolie baie apparemment, selon plusieurs blogs. Après 3h de route, nous y sommes et là…. Petite déception. La plage paradisiaque n’est pas là du tout, il s’agit d’une grande baie dans un paysage désertique, il n’y a pas vraiment de village, et comme nous sommes hors saison la plupart des restaurants (enfin si on peut appeler ça des restaurants) sont fermés. L’ambiance est un peu sinistre et l’endroit a des airs de ville-fantôme. Nous trouverons quand même de quoi passer la nuit dans un petit hostal pas terrible non plus (salle de bains année 50 environ), mais qui a le mérite d’avoir une terrasse avec transats offrant une très belle vue sur la baie. Nous y passerons l’après-midi à bouquiner, nous reposer, les enfants joueront aux restaurateurs pendant que nous profiterons d’un joli coucher de soleil. En revanche, les spasmes reviendront me tarauder les viscères encore une fois en fin d‘après-midi jusqu’à devenir insupportable à la tombée de la nuit, ce qui me vaudra une petite syncope suite a des vomissements pour couronner le tout.

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Le lendemain matin, nous sommes bien contents de repartir de cette playa Tortugas où même les tortues se sont ¨fait la malle¨ d’ailleurs…

Nous arrivons à Huanchaco, 300 km plus loin, après avoir traversé de beaux paysages où les montagnes jouent les géants aux pieds de sables sur les rivages de l’océan. Malheureusement, ces géants ont tout de suite perdu de leur charme à la vu de ce qui gît comme détritus à leurs pieds. C’est juste une abomination de voir de si beaux paysages gâchés par la stupidité de l’homme ! Tout au long de notre route, le dilemme dans notre regard était de mise, un horizon sublime et des bords de routes horribles. Nous avions l’impression de traverser des déchetteries, et le mot n’est pas exagéré puisque des gaz fumant se dégageaient par endroit ! Ces routes dans le désert péruvien sont jonchées de sacs plastiques et autres détritus sur des centaines de kilomètres. L’écœurement visuel n’a eu d’égal que la colère et le mépris que j’ai pu ressentir pour cette société irresponsable et malade. Il est vrai que nous nous sommes aperçus pendant notre tour du monde que malheureusement le traitement des déchets était en fait uniquement un problème de pays riches, les pauvres étant focalisé premier lieu sur les besoins de survie avant tout. Le sujet mérite du temps pour être expliquer en détail, mais c’est un fait.

AMS Perou25Malheureusement, c’est aussi ça le Pérou.

Cependant, le Pérou n’a aucune excuse, même si la pauvreté y est encore présente, le pays n’est pas pauvre du tout mais l’éducation, ELLE, y est pauvre et c’est juste révoltant ! Nous avons d’ailleurs vu des gens qui roulaient devant nous dans un 4×4 de luxe, jeter des cannettes de bière et autres déchets par la fenêtre devant notre nez ! Là, on se dit que cette société est bien malade et qu’il y a un problème d’éducation notoire. C’est d’ailleurs un dénominateur commun à pas mal de pays de l’Amérique du sud je trouve. Un manque de sens civisme notoire (très individualiste) et d’éducation. L’inverse complet des pays anglo-saxon d’Océanie comme l’Australie et la Nouvelle Zélande, mais chez eux c’est la diversité qui fait le plus défaut (monoculture). On ne peut pas tout a avoir ! Cependant, c’est là que je me dis que l’Europe propose une bonne balance à tout cela et que nous oublions trop souvent de nous en réjouir et dans être fiers surtout.

Notre aventure se poursuit, nous voilà à Trujillo, petite station balnéaire où nous nous avions prévu de passer 3 nuits pour profiter de la plage.

L’arrivée nous déçoit à nouveau. La baie est sympa mais la plage est presque inexistante. Nous prenons une chambre avec vue sur la mer. C’est un peu mieux cette fois-ci mais il n’y a pas de charme. On se sent un peu pris au piège dans un lieu sans intérêt si ce n’est son site archéologique de Chan Chan, la plus grande cité sud-américaine construite en adobe. Construite par la civilisation des Chimú, la cité a été construite entre 850 et 1470 ap. JC. Elle fut une capitale impériale jusqu’à la conquête par les Incas au XVe siècle. On y fera une visite guidée très intéressante d’un des nombreux palais du site. On y trouve un labyrinthe de ruelles et de hautes murailles, sur lesquelles sont gravées des décorations toujours en adobe. On peut y observer des représentations réalistes de poissons, oiseaux, et mammifères.

Nous y resterons 2 nuits finalement et décideront de faire le chemin du retour d’un trait vers Lima, afin d’effacer notre déception en trouvant un logement sympa et quelques restaurants de choix dont on avait entendu parler. Il faut dire que l’on s’est très rarement fait plaisir sur la nourriture et là, après nos journées à ne rien pouvoir avaler, le fromage, le vin, la bonne viande, les bons plats commencent à danser comme des muses dans nos esprits, nous en sentons presque les odeurs…

Après nous être concertés, on décide donc de mettre les voiles, 8h de route nous attendent. Malheureusement au réveil c’est au tour de Jules d’être malade. L’avant-veille nous avions rendu visite à un médecin du coin car il a une toux grasse qui dure depuis plus de 10 jours et qui ne passe pas. Un sirop lui a été prescrit, qui lui a certes arrêté cette toux incessante la nuit, mais lui a procuré des vomissements et des nausées tout le long du trajet. A l’arrivée à Lima, vers 20h dans notre appartement, il s’est littéralement jeté dans son lit, épuisé par sa journée.

Encore très faible au réveil, heureusement le petit déjeuner l’aura requinqué un peu, et ses 2 jours à Lima, à se reposer à l’appartement, auront été profitable à tout le monde. Et puis finalement les bons restos ce sera pour une prochaine fois…

Mais ce qui nous remonte le moral avant tout, c’est le bon diner de retour commandé auprès de maman : salade, gratin dauphinois, et gigot de 7h, accompagné d’un bon vin rouge et de fromages bien entendu !

Vous l’aurez compris, notre magnifique bouffe française commence à nous manquer sérieusement, au point de rêver en familles de ce que l’on va pouvoir manger en rentrant.

 

8 réflexions sur “Dernière semaine au Pérou en demi-teinte…

  1. lphilippe75Philippe dit :

    salut les lapins 🙂
    bien sur que je continu de mater les posts …. mais vous savez qu’il y en a qui bosse???
    toujours épaté par tout ce que vous voyez et parcourez et toujours énervé après vous 🙂
    bon, le boulot a fond, et, je dois l’avouer, l’Amérique du sud qui ne me fait pas plus rêver que ça, je n’ai pas trop pris le temps de faire mes commentaires à la con.
    mais je continu à vous lire (sauf les leçons d’histoire de pierrot :))
    en tout cas, je pense à vous (pas le choix avec tout ces posts) et vous embrasse tous les 4
    ECLATEZ VOUSSSSSSSSSSSSSSSSS

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    • promeo4 dit :

      Salut vieux,
      Ah enfin on peut te lire un peu !

      Arrête de bosser un peu, c’est pas possible tu sais faire que ça !? 😉
      Je sais qu’il y en a un qui a dit un jour: ¨le travail c’est la santé¨mais C’est pas vrai ! C’est de la propagande à grande échelle !
      Bises 😉
      Pierre

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  2. Audrey dit :

    Valises en préparations 🤪
    Nous arrivons bientôt les copains ! Trop hâte de vous retrouver ! On est vraiment chanceux de vivre un petit bout de votre aventure avec vous 😉
    Gros bisous à vous 4 😘

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  3. Jean-Marc MORIN dit :

    Eh oui les déchets c’est bien un problème de dimension planétaire et à force de les cacher sous le tapis ça déborde… surtout là où il n’y a pas de tapis !
    J’espère que vous vous remettez bien de vos embarras de santé, cela gâche certainement un peu le plaisir. A bientôt au Mexique !

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