Ho Chi MiNH, une étape peu réjouissante…

Vous vous en doutez bien, un tour du monde ne peut pas être « rose « tous les jours et notre blog est là pour vous conter nos bonnes mais aussi nos moins bonnes découvertes.
Enjoliver la réalité à chacune de nos étapes à coût de « c’était génial ! » ça finirait par sonner faux de toute manière et ce n’est pas notre idée.
Alors voilà, l’histoire de notre premier « bémol » écrite dans le bus qui nous mène vers Vinh Long, petit village sur le delta du MeKong.
Nous avons donc quitté la douce Hoï An hier matin sous la pluie battante, c’était peut-être un signe avant-coureur, en direction de l’aéroport de Da Nang.
Petite anecdote, j’ai encore une fois oublié quelque chose, ma montre, mais cette fois ci dans le panier qui passait au rayon x. Il y a des jours où j’en ai marre de moi-même !
Peut-être que tous ces oublis, qui ne sont pas de moi habituellement, sont dus au relâchement. Chose que j’ai malheureusement beaucoup de mal à accomplir dans ma vie de tous les jours, ceci expliquant cela peut être.
Je reviens à mon histoire de montre oubliée. Je retourne vers un de ces charmants gendarmes de la sécurité qui nous avait au préalable confisqué les ciseaux ronds des enfants et le mini sabre samouraï en plastique de Jules (armes redoutables dans un pays où il n’y a pas de terrorisme tout le monde le sait) je lui demande que l’on me rende ma montre (un des policiers la tenait en main dans l’arrière-boutique en souriant)
J’ai été passablement agacé lorsque son confrère m’a répondu : « Ji Chooo ?, Ji Chooo » après que je lui ai expliqué dans un anglais « petit chinois » (car l’anglais classique n’est pas compris ici) « Please, my watch, i Forgot my watch ! Give me back my watch please ! »
… « Ji choo ? Ji choo ? » Insiste-t-il. Commence à m’engatser celui là avec son « Ji choo » ! (Oui quand je suis énervé, ça sort en marseillais) Alors je pointe du doigt son ami le gendarme derrière lui avec ma montre dans sa main et je lui dis (je pense que j’avais les sourcils qui commençaient à froncer sérieusement à ce moment-là) «  Give me my watch now ! This is my watch ! And please speak English not Vietnamese ! » Et je rajoute : « Ji chooo, i don’t understand ! »
(Et je me fous que tu es chaud « Ji chooo » tout le monde à chaud ici de toute manière ! 😉
Là, le gars me demande la couleur de ma montre. Ceci certainement au cas où mon intention était de venir à l’improviste à leur comptoir pour voler une montre qui ne m’appartenait pas ou alors je suis tombé sur un psychopathe des devinettes à la Julien Lepers! Un comble lorsqu’on sait que les policiers dans ce pays sont tous des corrompus et voleurs de surcroît (paroles de vietnamiens)
La, je lui réponds « black » « my watch is black ! » et j’avance (à leur surprise) de quelques pas vers le gendarme planqué derrière qui avait ma montre entre les mains en le regardant droit dans les yeux et lui dit (un peu énervé) : « Now, You give me my watch ok ?! » Là, il me tend ma montre enfin, avec un sourire qui… comment expliquer… un truc du genre où l’on a envie de lui mettre une grosse tatane ! Mais bon, ici ces policiers ripoux ont tous les pouvoirs alors je tempère mes ardeurs et je m’en vais…
Une journée de m…. S’annonçait !
Ah en fait… Le « Ji-Choo » signifiait : « G-Shock » vous savez ces montres Casio antichoc, fallait comprendre…

L’avion atterri, ouf ! Nous nous jetons dans le premier taxi direction Ho Chi Minh.
Arrivés à Ho Chi Minh, sans un mot, nos regards un peu hagards se croisent et parlent seuls : « Dis-moi ?  T’as déjà vu autant de scooters de ta vie ?! »
On descend du taxi et là, tout de suite on s’est senti agressé par le vacarme des Klaxons incessants, une circulation irréelle qui vient de toutes part ! Nous filons nous réfugier sur le premier trottoir où peu de temps après je tressaillis lorsqu’en changeant de direction j’évite de justesse un scooter à toute blinde… sur le trottoir !
Et oui mesdames et messieurs, le trottoir à Ho Chi Minh est utilisé par les scooters comme une voie parallèle à la route, le summum du bordel ! Disons le tel quel.
L’atmosphère est suffocante tellement la pollution aux fines particules est omniprésente.
Bref vous l’avez compris, ma première impression est vraiment négative.
Nous arrivons à l’hôtel, enfin « le homestay », heu la chambre…bref le cagibi qui nous sert de dortoir. La déco spartiate m’évoque rapidement ma période haute en couleurs du service militaire et encore, à la caserne c’était mieux ! Oui mesdames et messieurs, je ne sais pas vous mais le concept de la « Douche-Wc « 2 en 1 (comme les shampoings) réunit dans 1m2 et bien à l’armée ils n’avaient pas osé ! Ici oui, a notre grand désarroi…
Après qu’Aurélie et moi-même ayons fini d’admirer ce concept original d’un air ébahi, nous demandons aux enfants avec une moue dubitative : « Alors ça vous plaît ? «  …
Dixit Jules et Jade : « Oui, oui ! C’est génial, y a des lits superposés c’est même la classe ! » … Aurélie et moi nous regardons d’un air de dire : sont-ils normaux ? Tu es sûres que ce sont nos enfants ?
Je me rends compte à cet instant que nous sommes davantage pervertis nous adultes par le confort qu’eux, les enfants. C’est incroyable, ce qui compte pour un enfant c’est une sucette de temps en temps, des frites, le reste ça roule…
Nos sacs à dos déposés, il est environ 16h30, nous décidons d’aller affronter les ruelles d’Ho Chi Minh histoire de ne pas rester sur un mauvais apriori, à la recherche de quelque chose à grignoter. Nous traversons tout d’abord des boulevards qui déversent des flots de scooters à perte de vue, il y a ici des routes éventrées d’où jaillissent des tuyaux boueux, des pelleteuses par endroit, des étals de nourritures à même le sol avec des effluves d’odeurs organiques mélangées au gaz d’échappement, bref un vrai bonheur !
On finit par s’engouffrer dans un marché couvert où là les bruits, la circulation et les odeurs cessent enfin. Nous achetons quelques biscuits délicieux à base de cacahuètes, graines de sésames et miel et nous voilà requinqués pour poursuivre notre exploration, bref répit.
Au bout de quelques heures passées dans ce labyrinthe melting-pot nous décidons unanimement d’écourter notre séjour et de partir dès le lendemain. Peut-être est-ce une erreur, certainement qu’Ho Chi Minh anciennement Saïgon par son passé colonial français aurait mérité davantage d’intérêt de notre part car le patrimoine historique est indéniablement riche. Cependant notre ressenti est un peu le même que lorsque l’on lit un livre dont l’histoire est intéressante mais la syntaxe médiocre, il faut alors redoubler d’effort pour en apprécier le contenu. C’est ça Ho Chi Minh, un contenu riche, enrobé d’une enveloppe suffocante.
Nous décidons donc de plier bagage et allons à la première agence de bus pour acheter nos billets direction le Delta du Mekong.
Nous apprendrons le lendemain que l’agence nous à bien arnaqué sur le prix des billets en multipliant par 3 fois le prix du ticket !
Décidément c’était une sale journée, mais ne faut-il pas un peu de contraste pour apprécier les belles choses ?
Effectivement, arrivés à Vinh Long, le calme et l’apaisement que nous procure la vision des paysages nous fait déjà oublier la tumultueuse Ho Chi Minh 😉

Ah, j’oubliais, quelques chiffres : Ho Chi Minh c’est 11 millions d’habitants et 8 millions de scooters !!!

To be continued…

8 réflexions sur “Ho Chi MiNH, une étape peu réjouissante…

  1. laure romeo dit :

    Coucou, quel périple ! c’es pas cool cette petite aventure, en lisant l’histoire de l’aéroport je me disais pourvu que ça finisse bien car quand Pierre est en colère ça se voit et j’avais pas envie de lire que tu avais eu les menottes…ouf !
    Bref vous avez à mon avis bien fait de partir, la circulation et la pollution à outrance c’est pas bon pour les nerfs et les poumons et les toilettes 2 en 1 faut pas abuser non plus!!!!
    Des gros bisous
    Jules ton sabre en plastique tu l’as récupéré ?

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      • Papi dit :

        Bonjour les « globes trotteurs » il faut bien apprécier les bons moments…En ayant des moins bons…☺ ça fait partie du voyage et plus tard ce sera peut-être un presque bon souvenir. Çà rassemble à certaines villes de l’Inde où j’ai vécu la même chose.(à part la montre)
        Allez à la prochaine étape, gros bisous

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  2. Michelle COUAVOUX dit :

    Oh là là Pierre, perdrais-tu ton sang froid et ton sourire ?

    Je crois simplement que le gendarme de l’aéroport t’as véritablement mis de mauvaise humeur car tes photos nous rappellent tout ce que nous avions découvert en 98 en Thaïlande :

    fils électriques tous azimuts, cuisine sur le bitume, vêtements pendus en dehors des habitations et départ des scooters au feu dans des ronflements dignent d’une course de F1 mais avec en plus une épaisse fumée bleue (évidemment nous avions filmé le départ) sans masque anti-pollution que possèdaient tous les locaux.

    Quant à la rue défoncée, elle est juste en travaux Pierre, vraiment je pense que tu étais très très en colère ….

    Calme toi vite tout ne peux pas toujours être bleu en ce monde
    profite de la pollution … demain sera un autre jour.

    Enormes bises à vous 4

    pas sûre que vous aimiez mon humour…..

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  3. buiret dit :

    Heureusement, que ce voyage n’est pas qu’un long fleuve tranquille. C’est ça l’aventure. Bon tout est bien qui finit bien.
    Pour plus de scooters, je conseil Taipei à Taiwan.
    Mille bisous

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