Une pause à Sucre

Nous voici enfin à Sucre après un trajet en bus qui n’en finit pas. Le bus en Bolivie c’est un véritable chemin de croix ! Chaque distance pour relier une ville se compte à coup de 8 heures minimum. Ajoutez à cela que les bus paraissent avoir 100 ans, comme les routes d’ailleurs et vous aurez une idée du confort de nos voyages. Mais pour vous mettre dans l’ambiance véritable, il faut aussi que l’on vous explique la vie à bord de ces bus ! Les boliviens y sont comme à la maison ! Ils y mangent, téléphonent à tout va, chantent même, écoutent de la musique, y glissent quelques fois leurs poules entre deux sièges et je vous en passe et des meilleures, les bruits et les odeurs suspectes bref, personne n’à l’air d’exister à coté d’eux ! Vous l’aurez compris c’est une aventure hors pair qui méritait quelques lignes de notre part, histoire que vous ressentiez bien l’ambiance…
C’est donc fatigués que nous sommes arrivés à Sucre. Cette ville de taille moyenne se partage le titre de capitale de la Bolivie avec La Paz, cette dernière ayant un rôle plus administratif. Deux capitales pour un pays, allez donc savoir ! Mais c’est aussi le reflet de ce qu’est la Bolivie, à savoir, un gros bordel ! Excusez moi pour la grossièreté, mais je n’ai pas trouvé mieux.
A Sucre, nous avons prévu de nos reposer un peu et d’y rester quelques jours car nous enchaînons depuis début janvier les ¨homestays¨ et les trajets inconfortables à un rythme soutenu et la fatigue commence à s’installer sérieusement. Les enfants, d’ailleurs, pour la première fois, nous ont aussi demandé une pause, nous avons alors décidé de réserver 5 nuits dans un petit appartement sympa, avec 2 chambres et une cuisine, histoire de se préparer de bons petits plats et d’avoir un peu d’espace. Aaaah, l’espace ! Après ce voyage, je peux vous dire que l’on saura apprécier plus que jamais notre chance d’avoir une maison rien que pour nous quatre, c’est un vrai luxe qu’il ne faut pas perdre de vue croyez moi.

En arrivant à Sucre, ce qui frappe c’est l’état de délabrement des maisons qui tapissent le flanc des montagnes, il n’y en a pas une seule qui est crépie ou peinte, elles sont toute rouges, couleur brique.On a l’impression d’arriver dans le chantier géant d’une ville en reconstruction, bref c’est pas très jolie et cela nous inquiète aussi un peu. Pendant 20 minutes, le bus se faufile comme il peut au milieu de ce dédale de rues désorganisées et de zones délabrées . Autour de nous, les immeubles inachevés et les échoppes croulantes forment un spectacle peu réjouissant. Mais qu’est ce qu’on fout dans ce bled ?! Nos regards s’interrogent.
Soudain, au loin, je crois apercevoir la cime d’un clocher blanc aux apparences plutôt charmeuses. Le bus prend alors un virage et se dirige tout droit vers lui, c’est à ce moment là que la ville se drape d’un voile lumineux comme par magie. Les façades des maisons s’illuminent soudainement d’un blanc éclatant comme une bouffée d’air pur. Nous rentrons dans le centre de la vieille ville, le coeur historique qui a été crée par les colonies espagnoles il y a maintenant plusieurs siècles. A la vue des première arcades et des premières églises au style andalou, on a envie de remercier les espagnols pour cette merveilleuse empreinte qu’ils ont laissée ici et qui constitue le seul attrait de cette ville. Car en vérité, il faut le souligner, sans le passage des espagnols, les boliviens auraient eu de piteuses villes, sans aucun charme esthétique et je pèse mes mots.

Le premier jour nous ne sommes pas sortis de l’hôtel, hormis pour faire nos courses. Nous avons profité du soleil dans le joli jardin de l’hôtel, où l’on peut également cuisiner et manger. Les enfants ont passé l’après-midi à faire du tissage de bracelet avec une mamie bolivienne qui vient à l’hôtel proposer ses cours et ses articles à vendre. Ils se sont régalés et ont été d’une patience incroyable malgré le mal de dos au bout de 2h dans une position pas très confortable.

Le lendemain, partis à la découverte du centre ville,  c’est au marché central que nous passerons une bonne partie de la matinée. Ici, les vendeuses, cachées derrière leurs étals, ont toutes la même tenue, une blouse et un chapeau bleu ciel. Le marché est très bien ordonné, on y trouve le coin des pommes de terre, celui des légumes, celui des bananes, celui de la viande rouge, du poulet etc. C’est très différent des marchés dont nous avons l’habitude. Nous prenons beaucoup de plaisir à déambuler dans les allées.

L’après midi, nous partons à la rencontre d’une famille suisse italienne croisée rapidement dans un restaurant lors de notre dernière soirée à Uyuni. Les enfants ayant le même âge, et sachant que nous partions pour la même ville, nous avions échangé nos coordonnées. Nous passerons l’après-midi au parc Simon Bolivar, parc de jeux pour enfants sur le thème des dinosaures, les parents à discuter et les enfants à profiter du toboggan géant.

A quelques km de Sucre, se trouve le parc Cal Orcko, où l’on peut découvrir des traces de dinosaures, qui datent d’il y a 80 millions d’années environ. A cette époque là, il y avait la mer, puis au fil des ans, c’est devenu une falaise bien raide avec les mouvements des plaques tectoniques. On peut y observer des traces de plusieurs espèces de dinosaures. C’est tout de même assez impressionnant, même si Jules a du mal à y croire!! 😉

Les rues de Sucre sont parsemées de nombreuses églises ou couvent, de style andalou, que l’on peut visiter. On y a une très belle vue sur la ville depuis les toits accessibles au public.

Le dernier jour, nous avons retrouvé nos amis suisses italiens à nouveau, à la Recoleta, jolie place avec un mirador depuis lequel on a une très jolie vue sur la ville. Nous y découvrons le superbe musée d’art indigène. Une bolivienne y fait une démonstration de tissage, les tissus sont vraiment superbes et très colorés. C’est une vrai prouesse la manière dont ils font les motifs à la main, en passant leur aiguille dessus dessous les fils violets ou roses. Une pièce d’environ 1m50 sur 1m prend environ 3 mois de travail.

Cette pause nous a fait beaucoup de bien et c’est en avion cette fois-ci que nous rejoindrons notre prochaine étape, la ville de Cochabamba. Oui, entre 30mn d’avion à 80€ pour 4 personnes et 8h heures de bus, le choix a été vite fait! 😉

 

 

Salar d’Uyuni, perdus entre ciel et terre

Ce matin nous avons rendez-vous à 10h devant l’agence Salty Désert où notre chauffeur nous attend pour une journée entière d’excursion sur le désert de sel d’Uyuni.

Une famille française partagera notre véhicule tout au long de la journée : Nadège la maman et ses deux filles : Eva (16 ans) et Héloïse (10 ans).

Les présentations faites, nous voilà partis à bord de notre Toyota Land cruiser. Au volant, notre chauffeur bolivien Max, a 25 ans et paraît très prudent, à tel point que tout le monde nous double sur la route. Au vu de toutes les mauvaises anecdotes dont nous avons entendu parler, c’est plus réconfortant (beaucoup d’accidents sur le salar, certains sont mortels car les chauffeurs picolent un peu trop sur la route…).

Notre première halte se fera rapidement, au bout de 20 minutes de piste, à une dizaine de kilomètres d’Uyuni seulement au légendaire cimetière de trains. A peine arrivés, nous percevons un décor apocalyptique, au loin des dizaines de carcasses de trains rouillés sont plantées là, en plein désert, comme si elles étaient tombées du ciel. On a l’impression d’être dans un remake du film Mad Max, c’est vraiment sympa et l’on restera là un bon moment avec les enfants à grimper sur les machines à vapeur et s’imaginer des scénarios genre ¨far west¨ à la conquête de l’ouest américain.

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Pour la petite histoire, ces trains à vapeur sont en fait les vestiges d’une époque où les boliviens les utilisaient pour transporter des minerais de plomb, de zinc, d’argent et d’étain depuis la Bolivie vers le Chili ou l’Argentine. Au bout de 30 ans de loyaux services, ils sont petit à petit tombés en désuétude, la main-d’œuvre et le coût des pièces trop onéreuses auront eu raison de leur survie. Les voilà aujourd’hui qui gisent dans ce no man’s land, uniques témoins d’un passé révolu.

Nous sommes chanceux aujourd’hui, car bien que ce soit l’été, c’est aussi la saison des pluies. Aujourd’hui, le ciel est dégagé et le soleil baigne dans un joli bleu. Cette journée promet d’être formidable.

Il est 11h45 lorsque Max nous dépose dans un petit village où un marché artisanal bolivien nous attend. Il nous explique qu’ici 80% des gens travaillent à l’extraction du sel et les 20% restants à la confection d’objets en sel ou de vêtements en tout genre en laine de vigogne (sorte de lama). Jade y trouvera une petite sacoche pour son appareil photo, en espérant qu’elle ne la perde pas cette fois ci, Jules un carnet pour écrire ses notes et Aurélie un stylo bien kitch, qui n’écrira… jamais.

12H30, ça y est ! Le moment tant attendu vient d’arriver, les roues du 4×4 foulent enfin le désert de sel d’Uyuni qui s’étend devant nous à perte de vue (il faut savoir que ce salar a une superficie de plus de 10.000km2). Chose importante à préciser, le désert à cette époque de l’année est inondé par environ 10-15 cm d’eau. Pas de chance me direz-vous, car nous ne verrons pas la blancheur du sel s’étendre sur ces milliers de kilomètres carrés. C’est vrai, mais d’un autre coté nous sommes aussi chanceux car le désert d’Uyuni sous l’eau c’est un moment rare dans l’année et il paraît qu’il offre un effet miroir des plus spectaculaire. Le ciel entier vient en quelque sorte se refléter sur la surface de l’eau complètement plate, produisant ainsi une symétrie bluffante selon les dires.

Devant nous, tout est plat dans une uniformité d’un blanc immaculé. Rien ne vit ici, rien ne bouge, seuls les 4×4 à l’horizon paraissent se trainer doucement comme de gros scarabées sur cette immensité. Au bout de quelques minutes, nous commençons à perdre nos repères visuels, les distances ne veulent plus rien dire, notre œil et notre cerveau ne sont plus capables d’établir une quelconque mesure horizontale ou vertical.

Soudain devant nos yeux, un phénomène étrange se produit, l’horizon disparaît, le ciel et le sol se confondent ! Au loin, les voitures paraissent flotter dans les airs, nous sommes en train d’assister à un spectacle unique qui ne se produit qu’à cet endroit de la planète ! Max conduit lentement le 4×4 sur le lac de sel afin d’éviter les éclaboussures de sel qui corrodent terriblement les véhicules. Nous en profitons pour nous assoir sur le rebord de la fenêtre et prendre quelques photos de ce phénomène étrange. A ce moment-là, les sourires sur nos visages parlent tout seuls, nous sommes en train de savourer notre chance d’être ici, dans ce lointain pays où il faut pratiquement 2 jours pour s’y rendre depuis l’Europe.

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Il est 13h lorsque nous apercevons au loin comme un île qui se dédouble sur la surface de l’eau formant ainsi une figure géométrique surprenante. C’est le fameux hôtel de sel où nous allons faire une pause déjeuner.

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Pendant que Max installe notre repas, nous en profitons avec Jules pour faire décoller le drone. Je me rends compte tout à coup que filmer un tel décor risque d’être un peu ennuyeux, puisque rien ne bouge et que tout est plat mais on décide quand même de tenter notre chance, on verra bien…

La séquence vidéo terminée, nous décidons de rejoindre les filles sur le monument érigé un peu plus loin, en brique de sel à la gloire du Paris-Dakar passé par là en 2014 il me semble.

Ce sera d’ailleurs la première et dernière fois que la course passera sur le salar d’Uyuni car le sel ayant été plus fort que la mécanique, de nombreuses voitures ont dû se résigner à l’abandon, amoindrissant ainsi le spectacle de la légendaire course.

Nous déjeunerons donc dans cet étrange établissement où tout est fait de sel, des murs jusqu’aux tables et chaises, pour poursuivre ensuite notre chemin un peu plus loin dans le désert afin de ressentir l’immensité du spectacle.

Au fur et à mesure que nous avançons, nous avons comme l’impression de nous faire happer par l’horizon. C’est difficilement descriptible comme sensation. On est en peu comme en pleine mer où le manque de repères visuels nous prive de perspective et nous laisse seul, perdu au milieu de l’immensité. Mais ici, s’ajoute en plus le fameux effet miroir ¨ciel-terre¨ qui fait que le sol devient ciel où l’inverse, on ne sait plus. On a du mal en quelque sorte à croire ce que nos yeux nous disent, seule la gravité ne triche pas et tente de nous ramener à la réalité. Non, nous ne volons pas, et pourtant ça en a sacrément l’air !

Je sais, je sais, vous vous dites que j’embellis encore une fois la réalité avec des mots. Bon, et bien regardez plutôt et on en reparle…

Au loin les montagnes paraissent posées sur l’horizon, elles dessinent avec leur reflet des figures géométriques surprenantes dans un monde qui paraît presque irréel. Voilà qu’après nous avoir révélé sa palette artistique, dame Nature se joue de nous tel un grand prestidigitateur, elle trompe nos sens pour mieux nous émerveiller. Nous marchons sur un miroir géant qui reflète l’infini. Je souhaite à tout le monde de voir ce fabuleux spectacle une fois dans sa vie.

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Au bout de quelques heures à jouer avec nos appareils photos sur l’effet de profondeur de champ, Max nous propose de nous rapprocher vers la sortie afin d’y admirer le soleil couchant mais aussi et surtout pour ne pas se perdre. Eh oui, vous imaginez bien que dans un environnement pareil et dans le noir complet, c’est une vraie prouesse pour se repérer.

Le soleil nous tire sa révérence en s’évanouissant doucement derrière le fil de l’horizon. On se dit alors que c’est un cadeau du ciel de pouvoir admirer un tel ¨Sunset¨ puisque l’effet coloré du ciel se dédouble avec son reflet et là encore, le moment est magique. Je vous laisse admirer les photos, ça se passe vraiment de commentaire.

La nuit presque tombée, le 4×4 redémarre et cette fois ci nous ne distinguons plus du tout le sel sous les roues de l’engin, ce qui a pour effet de transformer la voiture en bateau. Drôle de sensation… Tout autour, les 4×4 forment un ballet qui converge doucement vers un point invisible au loin, la sortie sur la terre ferme. Notre 4×4 s’enfonce un peu plus, il fait nuit nous sommes tous en file indienne et le véhicule devant nous s’immerge jusqu’aux feux (le salar n’étant pas plat, certains endroits sont beaucoup plus profonds que d’autre, d’où la difficulté pour y circuler de nuit). Les filles commencent à s’inquiéter, elles ne sont pas très rassurées, contrairement à moi qui en redemanderais bien un petit tour en plus 😉

Je crois que l’idée de faire un safari dans le désert en 4×4 est en train de faire son chemin dans ma petite tête. Affaire à suivre…;-)

Nous arriverons dans la ville d’Uyuni épuisés par cette journée forte en sensation mais aussi par ce climat extrême où il fait très chaud la journée, le soleil vous brûle littéralement la peau et avec le sel et le vent nos lèvres sont complètement sèches et nous sommes vite déshydratés. Ajoutez à cela que l’on s’essouffle très rapidement au moindre effort, nous sommes quand même à 3 800 mètres et le manque d’oxygène se fait ressentir.

Mais quelle journée ! Une chose certaine, elle restera gravée longtemps dans nos esprits comme une des plus belles de notre tour du monde.

 

Nous voilà en Bolivie !

5h20 nous nous réveillons dans notre hôtel miteux de Calama où le bruit n’a pas cessé de la nuit. Nous sautons dans nos chaussures rapidement, le bus nous attend pour un départ à 5h45, il faut faire vite. Les enfants, le visage encore endormi, marchent dans la nuit avec leur petit sac à dos. On se dit que le rythme est un peu difficile pour eux en ce moment, nous changeons d’habitation tous les deux jours environ et plus nous nous approchons de la Bolivie et moins les transports sont confortables.

Le bus est là mais a comme des airs d’antan 😉 Le moteur démarre, nous faisons 100 mètres et Jules nous dit en grognant : ¨ Ah mais non ! C’est quoi ça ?! C’est pas un bus, il est pourri, on va pas rester dans ce machin-là !¨ Il faut dire que le bruit est impressionnant, l’échappement est libre et l’engin fait un bruit de dragster ! 8H00 là-dedans ça va être sportif me dis-je…

Je décide de me bricoler des boule quiès avec un kleenex mais c’est encore pire, le bruit se transforme en bourdonnement et en acouphènes dans ma tête.

J’observe les chiliens et boliviens autour de moi, rien n’a l’air de les déranger, tout va bien…Bon et bien il va falloir faire avec et puis c’est tout.

Le bus grimpe, grimpe, et file à la vitesse de l’éclair : 35, 40 km/h.… On est pas rendus !

Heureusement que le paysage est magnifique à travers la fenêtre. Nous sommes perdus au milieu du désert et nous ne croisons rien pendant des heures, seulement quelques vigognes qui broutent par-ci par-là. Je me dis que c’est le moment de finir mon gros livre (La couleur des sentiments de Kathryn Stockett) qui pèse 2 tonnes histoire de m’en débarrasser et d’alléger mon sac par la même occasion à l’arrivée.

Il faut dire qu’au bout de 8 mois, notre matériel commence à souffrir, 2 fermetures de mon sac à dos ont cassé, les semelles de mes baskets ont commencé à se décoller, celles des petits aussi, les coutures des bermudas sautent mais l’idée est de réparer et de rien acheter : on recoud, on recolle, on se débrouille comme on peut. Économie, économie…Chaque euro dépensé dans les vêtements est un euro en moins pour un restaurant, un déjeuner ou une excursion.

Vers 8h30-9H00, le bus arrive à la frontière Bolivienne, tout le monde descend pour une séquence de tamponnage de passeport dont on commence à connaître la musique. Cela prendra plus d’une heure ! On remonte dans le bus et 10 minutes plus tard, rebelote ! On redescend à nouveau, cette fois-ci au milieu de nulle part, on ne sait pas trop pourquoi. Mais très vite, nous comprenons que nous devons changer de bus, pour cette fois un bus Bolivien. C’est en fait un échange de bus entre ceux qui arrivent en Bolivie et ceux qui en partent vers le Chili.

Et c’est reparti pour quelques minutes, puis nouvel arrêt, pour le poste de douane bolivien cette fois-ci. Enfin si on peut appeler ça un poste de douane ! Il y a là trois algecos en taule de fortune perdus sur les bords d’une ligne droite au beau milieu du désert et rien d’autre.

Nous faisons la queue avec nos sacs à dos et une Chilienne demande gentiment au douanier où se trouvent les toilettes. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque celui-ci lui a répondu sans scrupule, qu’il n’y en avait pas ! Je vois alors la petite chilienne qui se décompose et lui dit en espagnol : Lo basico no lo tiene ?! Entonces como lo hago ?¨ (Vous n’avez même pas l’essentiel ! Comme je fais alors ?)
Le douanier bolivien lui répond simplement sans lever les yeux de ses passeports : ¨No lo sé¨
(Je ne sais pas) Il s’en cogne d’une force, c’est à peine croyable.

La couleur est annoncée, ici vaut mieux se débrouiller car les gens ont, je pense, ce fatalisme et ce « je m’enfoutisme » qui me rappelle un peu celui de l’Afrique. Affaire à suivre…

La petite chilienne, comme Aurélie finiront derrière un algeco pour faire ce dont vous savez… La douane bolivienne, la grande classe !

Nous aurons passé plus de 2h00 à la frontière pour un tampon sur le passeport! Record battu !

Le bus descend soudain d’un cran niveau confort, ses roues sont énormes, les sièges sont vieux et il vibre tellement que les fenêtres s’ouvrent toutes seules ! On a l’impression d’être dans un tracteur, ça vibre, ça gronde, ajoutez à cela qu’il n’y a plus une seule route goudronnée, uniquement de la piste et vous aurez compris que nous avons changé radicalement de décor. Wahouuu ! C’est l’aventure ici me dis-je, mais c’est bien, ça change de tout ce que nous avons pu voir et c’est ce que nous recherchons, la diversité ! Je pense qu’on ne va pas être déçus pour le coup. 😉

14h30, nous arrivons enfin à Uyuni, petite ville située à 3800m d’altitude ! Nous aurons mis 9h30 pour faire 416 kilomètres.

A la descente de notre bus, ce sont les gens autour de nous qui nous ont surpris. Ils sont différents de tous ce que nous avons vu sur ce continent. Ils sont petits (même moi je suis grand ici) ont des visages ronds avec des yeux en amande. Nous croisons tout de suite ces dames avec leurs ponchos colorés, leurs jupes plissées et leurs chapeaux melon trop petits pour leurs têtes. Nous nous regardons en souriant, c’est génial, tous nos repères foutent le camp en deux minutes et on adore ça. Nous marchons sur une route en terre vers notre hôtel et je dis à Aurélie en esquissant un sourire : ¨c’est sympa par ici, on se croirait à Beyrouth ! ¨

Voici notre hôtel 5* et sa rue. (et puis une petite vue depuis notre fenêtre)

Délestés de nos bagages, nous voici partis à la recherche de notre excursion du lendemain pour le Salar d’Uyuni.

Quelques scènes prises à la volée de la petite ville d’Uyuni.

Demain nous décollons à 10h00 avec un chauffeur et son Toyota Land cruiser pour une excursion qui sera, on espère, inoubliable. (Nous vous rassurons, nous avons choisi la 1ère agence de la ville, sécurité oblige).

 

 

 

 

 

San Pedro de Atacama, premiers pas sur Mars!

Nous venons de passer 3 jours dans le désert d’Atacama au nord du Chili et avons choisi de sillonner les alentours à bord d’un pick-up, histoire de se perdre seuls tous les 4 afin de mieux ressentir ces grands espaces.

Les paysages que nous avons découverts sont à couper le souffle ! Ce sont sans hésitation, les plus beaux que nous ayons rencontrés depuis le début du voyage.

Et comme nous souhaitons marquer ce moment d’exception, nous avons choisi de laisser place, pour une fois, aux images plutôt qu’aux mots. Seule frustration, les images restent le pâle reflet d’une réalité beaucoup plus impressionnante.

 

San Pedro de Atacama, petit village tout mignon, poussiéreux,  aux maisons en adobe, qui nous rappelle les villages d’Afrique.

 

LAGUNA CEJAR: on peut s’y baigner, son taux de sel est tellement élevé qu’on y flotte comme dans la mer morte. Bien rigolo!

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LAGUNA TEBENQUICHE:

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En route, nous croisons quelques ânes bien curieux. CLIQUEZ SUR LE LIEN DE LA VIDEO

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VALLEE DE MARTE: On a vraiment eu l’impression d’être sur la planète mars!

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LAGUNA CHAXA: Ici des couleurs pastels incroyables, et une atmosphère paisible surprenante

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LAGUNA MISCANTI et MENIQUE: Ici nous sommes à 4200m, nous nous essouflons rapidement, chaque mètre est un effort. Mais le panorama en vaut la peine.

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La route pour accéder à ses lagunes était superbe, Jules a réalisé quelques films magnifiques. Comme ici, il a réussi à suivre un troupeau de vigognes bien mignonnes. CLIQUEZ SUR LE LIEN DE LA VIDEO

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Pierre et Jade se sont fait plaisir en route avec le 4×4 en franchissant quelques petites collines bien abruptes. Euuuh Jules et moi par contre avons préféré passer notre tour en filant à l’anglaise à l’arrivée au premier sommet 😉 oui, quand on ne voit plus que le ciel devant ça fait peur!

 

VALLEE DE LA LUNA: Cette fois-ci, nous sommes sur la lune, le sable et ses courbes sensuelles se mêlent aux blocs de roches couleurs ocres. Une lumière exceptionnelle de soleil couchant parfait le décor.

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La vallée de Elqui ou les prémices du désert

Nous voilà à 8 heures de Valparaison maintenant, à Vicuña, petit village au nord du Chili depuis lequel la vallée d’Elqui nous tend ses bras. Ce que nous venons découvrir ici, ce sont les prémices d’un environnement exceptionnel, qui s’étend jusqu’au désert d’Atacama à la frontière Bolivienne. 2 jour et 1 nuit, c’est ce qu’il nous faut pour sillonner la vallée avec notre pick-up Toyota Hilux, enfin une voiture qui convient parfaitement à ce genre de routes chaotiques ! 😉

DSC09888L’ambiance de la vallée est vraiment unique, on se sent tout petit en son sein, perdus dans l’immensité d’un décor aux couleurs et reliefs surprenants. Sommes-nous encore sur terre ?  Notre esprit divague, tous les scénarios sont possibles ici, c’est du grand cinéma, pour ma part j’ai l’impression d’être un explorateur du futur à la recherche d’une exoplanète habitable :  Interstallar épisode2 😉

 

Après la Patagonie, ce continent nous offre à nouveau quelque chose d’unique en son genre. Le climat est aride et le soleil brûle très vite la peau, au-dessus de nos têtes, le vent chaud souffle et les montagnes massives intercalent leur teintes ocres entre le bleu intense du ciel et le vert lumineux de la vallée. Avec vous déjà vu un tel tableau ?

Rasé, sec, poussiéreux, pas la moindre ombre à l’horizon, mais pourtant au loin nous devinons des petits points noirs sur les flancs de ces mastodontes, il y en a partout et ils s’étendent à perte de vue. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Un peu plus tard, en nous rapprochant, nous comprendrons qu’il s’agit en fait d’une forêt de cactus ! Des milliers de cactus tapissent la terre caillouteuse de ces géants de poussière. Quel décor !

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Et puis, en contre-bas, c’est l’accalmie totale, une oasis de fraîcheur aux pieds des colosses de poussière. On passe soudain d’un monde qui détruit toute vie à celui qui l’engendre avec douceur, en quelques dizaines de mètres seulement. C’est surprenant et quelque peu effrayant aussi quand on y pense. Le creux de la vallée est verdoyant de pieds de vignes qui pointent vers l’horizon, la température redescend, on s’y sent bien. La nature joue les contrastes et la rivière qui coule avec vigueur au creux de la vallée ne cesse de nous surprendre, d’où peut-elle bien venir ? Il n’y a pas de neige sur les sommets tout au long de la vallée et pas une goutte d’eau n’émerge de cet air sec, un des plus sec du globe d’ailleurs.

A ce sujet, il y a de nombreux observatoires ici, agrippés aux sommets de ces montagnes, car cet air particulièrement sec et pur offre une vision limpide vers l’espace. De notre côté, nous avons prévu d’aller à la rencontre des astres vers San Pedro de Acatama, c’est apparemment l’idéal pour observer les étoiles.

Durant ces quelques jours nous avons aussi eu l’occasion de visiter une production artisanale de Pisco dans le petit village du même nom. Un alcool à 35° ou 45° selon, élaboré à partir du raisin et qui est délicieux en cocktail : Le Pisco sour ! Miam !

Pour la petite histoire Chiliens et Péruviens se disputent depuis des siècles maintenant la paternité de ce breuvage, et rivalisent d’ingéniosité pour en apporter les preuves aux yeux du monde entier. Chilien ou péruvien, pour nous le goût reste le même, alors à votre santé !

Et comme je vous aime bien, je vous mets le lien ci-contre, essayez vous verrez c’est vraiment délicieux :

http://www.marmiton.org/recettes/recette_pisco-sour-recette-peruvienne_80898.aspx

 

Surprise au détour d’un virage, bizarrement je crois reconnaitre une maison, au beau milieu de nul part. Une maison atypique qui appartient a un monsieur étrange si mes souvenirs sont bon. Aurélie me regarde d’un drôle d’air… ici, t’es certain ?¨Je lui dis que ça me dis quelque chose, oui et au fur et à mesure que je m’approche, mes impressions se confirment. Je l’avais vu dans un reportage à la télé, il y a quelques années. Ça parlait d’un monsieur qui vivait dans une étrange maison et travaillait les énergies cosmiques avec des sons de timbales tibétaines et je ne sais quoi d’autre de bizarre. Et bien voilà, c’était bien là, aussi incroyable que ça paraisse ! Nous avons d’ailleurs rencontré le monsieur qui nous a fait visiter son étrange maison construite par un français qui vie maintenant à Bordeaux. Par la suite il nous a proposé une sorte de médiation mais nous avions du chemin à parcourir… Merci quand même 😉

Le monde est décidément petit…

Nous avons donc poussée l’aventure jusqu’au bout, du bout de cette vallée, puisque que comme vous pouvez le voir sur la photo : ¨Fin del camino¨ , nous étions à la fin de la route. Terminé, tout le monde descend, où plutôt… tout le monde fait demi-tour !

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Aaaah la conduite autonome, ça a du bien quand même !

J’espère que nos photos réussiront à vous transmettre ce que nous avons ressentis. Demain nous poursuivons notre route, vers le nord du Chili avec un bus de nuit qui nous emmènera vers Calama (au bout de 15heures) Nous ferons ensuite une pause dans le désert d’Atacama pour commencer à s’acclimater aux hautes altitudes et tester notre aptitude à monter si haut sans souci avant de prendre la route vers le désert d’Uyuni qui fait rêver tant de monde.

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Valparaiso, quelle belle surprise !

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Cette ville au bord du pacifique est une petite merveille ! A notre arrivée, nous devinons au loin les cabañas montées sur pilotis, elles forment comme une mosaïque géante multicolore qui s’étend sur le flanc de la colline. En contre bas, la vie elle, paraît grouiller d’une effervescence propre à ces villes côtières dont les ports ont fait leur grandeur jadis.

Le taxi qui nous mène à notre petit appartement se faufile comme il peut à travers la circulation chaotique, les klaxons retentissent, les trottoirs sont parsemés de vendeurs en tout genre et les personnes vont et viennent de tous cotés d’un pas rythmé. Le charme opère tout de suite, la ville bouillonne et son effervescence nous captive, nos sens sont en alerte comme pour nous signaler que nous nous trouvons au cœur d’une cité importante.

Le quartier qu’a choisi Aurélie pour poser nos valises : Le ¨Bellavista¨, porte à merveille son nom, il est un peu à la croisée des chemins d’un paisible Montmartre et du Bairro Alto de Lisbonne. Perché sur une colline, ses ruelles sinueuses offrent de magnifiques perspectives sur l’océan, mais le plus beau spectacle appartient à son ¨street art¨ hors pair qui lui vaut le titre de ¨museo a cielo abierto¨.

Malheureusement, il nous faudra attendre un peu avant de partir à la découverte de notre quartier car une mauvaise nouvelle vient de pointer son nez et gâcher quelque peu notre plaisir. En effet, notre compte bancaire vient d’être piraté et débité de plusieurs achats représentant un montant total de 4 000 €. Je me doutais que cela finirait par arriver un jour au vu de nos nombreux arrêts dans chaque pays, augmentant à chaque fois le risque potentiel. Il faut dire aussi que les pratiques des commerçants sont quelques fois douteuses, les hôtels en Argentine vont par exemple jusqu’à photocopier votre CB recto-verso pour constituer des dossiers afin de vous rembourser la TVA. Mais il y a surtout un impondérable aux vols et aux arnaques : la pauvreté. Plus un pays est pauvre et plus le risque de vous faire truander augmente, c’est du bon sens, mais même en étant vigilant et je peux vous assurer que nous le sommes, limite paranoïaques quelques fois, le risque zéro n’existe pas. J’avais d’ailleurs prévu à notre retour de changer toutes nos cartes bancaires afin de faire un reset complet et éviter ce genre de méfait. Seulement voilà, cela s’est produit pendant notre voyage, là, au Chili. Le gros inconvénient c’est que nous avons dû résilier notre carte N26 mastercard qui nous sert tous les jours, (c’est la seule à n’avoir aucun frais sur les retraits et paiements à l’étranger) et en utiliser une autre de secours avec laquelle les frais sont importants. Hic ! L’inquiétude passée, nous avons pu contacter notre banque qui nous a assuré que les sommes prélevées nous seraient remboursées après quelques démarches administratives, toujours fastidieuses. Un grand merci à nos anges gardiens : Papi moustache et Marie-Christine qui se sont occupés de nous renvoyer une nouvelle carte à l’autre bout du monde, en express. En attendant, nous avons marché le reste de la journée le long de grandes avenues à la recherche d’une banque où retirer de l’argent sans trop nous faire avoir sur les frais de retraits. Une journée de m…. , comme on les appelle… Mais qui nous a permis quand même de parcourir le centre-ville et découvrir les nombreux marchés et étals de fruits, herbes, poissons et autres, ainsi qu’un mini parc d’attraction façon année 80 en plein centre ville! Goldorak go!

Le lendemain matin, le soleil était radieux et la température idéale, pour partir enfin à la découverte de notre joli quartier.

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C’est donc le pas léger que nous décidons d’arpenter les ruelles du ¨cielo abierto¨. Les enfants virevoltent autour de nous et s’inventent des histoires au détour d’une maison. Les ruelles sont incroyablement calmes dans ce quartier. Je ne sais pas qui a dit un jour que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt le matin, mais une chose est sûre, c’est que ça ne devait pas être un Chilien !

Il est environ 9h30 et il n’y a vraiment pas grand monde ici, seuls les nombreux chiens (jamais vu autant de chiens au kilomètre carré !) viennent croiser notre chemin. Les enfants en prennent d’ailleurs un en sympathie et nous décidons de le baptiser Nestor et d’inventer quelques histoires rigolotes à son sujet. Nestor est en mal d’affection et chaque caresse lui fait remuer la queue et le décidera d’ailleurs à nous accompagner toujours un peu plus loin. Quelques photos avec Nestor qui tient merveilleusement bien la pause avec les enfants, à croire que c’est un habitué et voilà notre promenade qui continue gentiment.

Les murs de ce quartier sont de véritables œuvres artistiques, nous n’avions encore jamais vu quelque chose de telle. Il n’y a pas une seule rue qui ne soit pas peinte ici, c’est incroyable ! Les graffitis rivalisent de beauté et dessinent sur les façades colorées des scènes de vie, des évènements historiques, des poèmes ou bien de simples messages à la population qui finissent par vous immerger dans un monde merveilleux, comme plongé dans un conte illustré.

Un peu plus loin nous ferons une halte à la maison du poète chilien Pablo Neruda, « La Sebastiana », nous resterons un moment à contempler la vue plongeante sur les toits des cabañas colorées en contre-bas, bercé par le rythme des cornes de brume des paquebots. Une de ces belles matinées où l’atmosphère est léger…

Après notre pause déjeuner, nous déciderons d’aller visiter deux autres magnifiques quartiers : le Cerro Alegre et le Cerro Concepcion.

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Ces quartiers sont tout autant colorés que le Bellavista mais sont beaucoup plus propres et élégants. Les ruelles sont aussi plus animées et il y a de petites terrasses de café forts sympathiques où l’ambiance a des faux airs de ¨dolce vita¨.

En chemin, nous nous arrêterons à un petit stand à l’ombre des bougainvilliers pour y acheter quelques cookies aux enfants, plus loin notre œil sera attiré par 1 étrange boîte montée sur un trépied. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Nous restons là, à observer une personne qui a l’air, bizarrement, de manipuler les entrailles de la boîte d’un côté pendant qu’un visiteur y flanque sa tête à l’autre extrémité et y regarde on ne sait quoi. Les enfants très intrigués me demandent de quoi il s’agit, tout excités d’essayer à leur tour d’y mettre la tête à l’intérieur pour y découvrir on ne sait quoi. Après quelques échanges avec la personne qui manipule la petite machine, nous apprenons qu’il s’agit en fait d’un théâtre miniature. A l’aide de fils, de poulies, de poids, d’aimants et d’une ampoule électrique, ce cher monsieur très ingénieux a réussi à créer un décors, des personnages et une histoire à l’intérieur de cette merveilleuse petite boîte. Je me dis qu’en plus d’être géniale, l’idée est pleine de charme et de poésie.

S’en est trop pour Jules qui trépigne à côté de moi: ¨Papa ! Je peux essayer, papa je peux essayer, papa je … . Oh ! oh ! Ca va, tiens voilà 1000 pesos…¨

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Le voilà fin prêt à découvrir l’histoire, les écouteurs sur les oreilles et la tête dans la boîte. Quelques minutes plus tard, Jules sort de la boîte avec 2 marques sur le front et une sur le menton 😉 mais avec aussi quelques étoiles dans les yeux ! Dans ce monde où l’électronique et les écrans ne délivrent que des produits finis et où les enfants n’apprennent plus à utiliser leur tête et leurs mains pour créer, je me dis qu’il y a encore des gens qui savent utiliser les leurs pour montrer d’autres alternatives à ce monde froid: la créativité, la poésie…

C’est une petite boîte pour l’homme mais une grande boîte pour Jules et Jade ! 😉

Valparaiso, on s’y sent bien. Un peu comme à Lisbonne ou à Barcelone. Elle fait partie de ces villes qui réunissent tous les ingrédients, à nos yeux, pour que l’on s’y sente bien. La mer, enfin l’océan ici, une culture et un passé important (ce n’était pas le cas par exemple en Australie), de la diversité culturelle, un sens artistique, une architecture à taille humaine, de bons cafés, restaurants et surtout ce mélange des peuples qui font la richesse des villes latines. Bon, c’est vrai que le coté propre anglo-saxon serait le bienvenu aussi, parce que quelques fois ça chlingue vraiment dans les ruelles.

Nous avons donc décidé de prolonger notre séjour d’une nuit à Valparaiso, histoire de faire durer le plaisir.

Le lendemain nous partons prendre un ¨collectivo¨, à savoir un taxi collectif (plus on est, moins c’est cher en gros) pour nous rendre à QUINTAY en bord de mer, petit village de pêcheur où il fait bon vivre apparemment.

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40 minutes plus tard nous étions dans une « caleta », attablés à la terrasse en surplomb du restaurant « le mirador », avec, comme son nom l’indique, un très beau point de vue sur la plage et la baie. Nous y admirons les mouettes et pélicans se nourrir des restes des pêcheurs, tout en se régalant d’un bon poisson grillé et d’une succulente purée de pommes de terre.

Après avoir fait le tour du port et visité la « ballenera » (ancienne usine où l’on pêchait la baleine pour l’industrie cosmétique et alimentaire principalement), nous traversons un sentier dans une forêt de pins, et 2km plus loin, nous voilà arrivés à la « Playa chica », que l’on nous avait indiqué la veille. Les plages sont très dangereuses au Chili car les courants et Baïnes y sont importants, mais ici, les roches ont formé une grande piscine naturelle. C’est superbe. Nous descendons nous installer sur la plage parmi les touristes chiliens…et leurs chiens ! C’est le petit bémol au Chili, les chiens sont omniprésents et même à la plage, où leurs maîtres n’hésitent pas à les baigner, voire même les toiletter à côté des enfants qui barbotent. Encore une fois, nous sommes loin de l’Australie où les chiens sont généralement interdits sur les plages, ou tenus en laisse uniquement sur certaines portions de plage. Nous passons tout de même une excellente après-midi de vacances en bord de mer.


Moins une et j’étais décapité !

 

Nous sommes en partie restés une nuit de plus à Valparaiso pour avoir le temps d’aller visiter le marché des pêcheurs, la Caleta Portales. Il nous faudra 20 minutes en bus local pour y accéder. Les pêcheurs sont au rendez-vous, ainsi que les centaines de mouettes, les pélicans et les lions de mer, tous ici pour se disputer les restes de poisson des pêcheurs.

Le spectacle est vraiment sympa, les lions de mer sont énormes, et mine de rien, c’est la première fois que nous en voyons à l’action dans l’eau. Tous ceux rencontrés en Nouvelle-Zélande étaient plutôt en mode sieste sur la plage, mais cette fois, ils nagent, s’arrachent les morceaux de poisson, grognent, se bagarrent, c’est excellent.

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Nous finirons par faire le tour du marché, et engagerons la discussion avec 2 pêcheurs en train de préparer leurs palangres pour le lendemain. A savoir, une corde avec un fil de pêche tous les 50cm environ et un hameçon au bout de chacun de ses fils (une palangre) Un système de gros clous en métal attachés fait couler les hameçons, et des bouteilles en verre font remonter le tout, afin que les hameçons restent à mi-eau, pas trop profond. C’est une pêche artisanale pratiquée ici, comme au temps de nos aïeux. L’un des pêcheurs me fera la confidence que c’est un métier difficile, ils partent chaque jour en mer de 3h du matin à 9h environ, à bord de leur petite embarcation et souffrent terriblement du froid. Nous nous dirigeons ensuite vers les étals de pêcheurs pour nous dégoter de quoi se préparer un bon déjeuner et finiront par acheter 8 poissons (merlu) pour 4000 pesos (soit 5€) à l’un d’entre eux. Nous le ferons découper en en filets par une des dizaines de personnes qui sont là pour nettoyer, vider et préparer les poissons. Une bien belle expérience que de se plonger de nouveau à une autre époque avec cette pêche artisanale quasi disparue de nos côtes françaises.

 

Aujourd’hui nous quittons Valparaiso et sommes en route pour une nouvelle aventure à 400km au nord, 8h de bus nous attendent.

A très bientôt.

 

Quelques vidéos de notre pilote en herbe: Jules…

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu une connexion internet puissante alors aujourd’hui nous en profitons pour partager avec vous quelques films réalisés par Jules et son petit drone.

C’est encore un débutant, mais malgré tout il pilote un drone qui est donné pour les plus de 14 ans bien qu’il n’en est que 9. Alors tout n’est pas encore parfait, mais il s’améliore de jour en jour.

Son petit drone est un Dji Spark pour ceux que ça intéresse. Il est très compact, dispose d’une autonomie de 16 minutes environ et peut voler jusqu’à 500mètres à une vitesse max de 50,60 km/h.

Et pour la petite histoire, il a faillit finir plus d’une fois dans un arbre … 😉

En espérant que cela vous donne des ailes !

 

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Petit astuce, avec le kit ¨cornes de cerf ¨on contrôle beaucoup mieux le drone !

Chiloé la tranquille

Chiloé, cette petite île paisible proche de la côte chilienne nous a tout de suite séduite. Ici, le temps s’est arrêté, les villages et les ports de pêche que nous croisons présentent des scènes d’une autre époque, celles du temps de nos grands-parents. D’abord les objets, qui ont cette faculté immédiate de vous transporter dans le temps, sont comme ressuscités de leurs cendres. Dans la rue, de vieilles voitures américaines mais aussi beaucoup de Renault 12 ou de Peugeot 504 vous emmènent sur les routes de votre enfance. Il y a aussi les devantures des magasins qui laissent deviner par-ci, par-là de vieilles machines à coudre type singer, des machines à écrire pleine de poussière, des produits alimentaires étiquetés à la main et bien d’autres choses qui ont déserté nos étals français d’aujourd’hui.

 

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Au détour d’une rue, nous apercevons un visage placardé sur les murs, bien connu de chez nous mais d’une autre époque aussi…

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A ce moment-là, je me dis que ce n’est pas possible, nous avons du passé un dans un univers parallèle, à travers un trou dans l’espace-temps. Adamo ! c’est à peine croyable, on l’avait vraiment oublié celui-là…

La machine à remonter le temps est lancée à plein régime, les métiers oubliés réapparaissent, les cireurs de chaussures s’échinent sur le cuir des mocassins des Gentilshommes, les marchands de glace à bicyclette s’égosillent en criant : ¨Helados ! Aguita, aguita fria !¨ DSC08999et les visages des mamies autour, nous rappellent celles d’antan. Elles sont petites, trapues et dégagent une force sans faille. Le genre de mamie à qui on ne volerais pas son sac à main ! 😉  On devine à travers leurs visages aux traits ridés et le cuir tanné de leurs mains que la vie n’a pas été tendre avec elles, cela nous renvoie à un temps révolu mais pas si loin, où l’Europe n’était pas aussi moderne qu’aujourd’hui. C’était le temps où les congés payés commençaient à peine à rentrer dans les mœurs, mais les années sabbatiques pour faire le tour du monde étaient encore loin d’exister 😉 C’était un temps où l’on travaillait dur et où l’on ne se plaignait pas ! Le Chili d’aujourd’hui, me fait penser à cela, peut-être suis-je trop rêveur, je ne sais pas, mais en tout cas je ressens des choses nouvelles ici, comme l’impression de regarder le présent à travers un filtre temporel qui me permet de voir en quelques sorte la France d’avant, avec nostalgie. C’est plutôt agréable en fait.

Les ¨plaza de armas¨ de chaque village (un peu comme nos traditionnelles places d’église) sont de merveilleuses machines à remonter le temps, on y voit de vieux kiosques à journaux qui semblent avoir traversés des siècles, des marchands de sucettes et de sucres d’orge aux formes et couleurs d’antan. Même les gendarmes ici portent des tenus d’époque, c’est amusant. Je regarde les enfants qui se précipitent vers le marchand de bonbons comme je le faisais à leur âge et je me dis que la vie est un cycle qui se répète à l’infini et que tant qu’il y aura des bonbons, il y a aura des sourires sur le visage des enfants.

Le Chili a un charme nostalgique indéniable qui vous transporte dans vos meilleurs souvenirs. J’ai déjà ressenti cela dans de vieux quartiers italiens, mais ici c’est le pays tout entier qui vous fait voyager. Si l’on sait être quelque peu observateur, le Chili peut vous emmener dans les années 70, 60 et même 50.

Ensuite, il y a aussi les particularités liées à ce pays. A Chiloé par exemple, les maisons sont en bois, montées sur pilotis et paraissent tout droit sorties d’un dessin animé. Un peu bringues ballantes, elles s’enchevêtrent comme elles peuvent les unes contre les autres et donnent l’impression de s’entraider pour ne pas s’écrouler. Leurs façades ont le charme de la patine du temps et s’affichent hautes en couleurs comme pour conjurer le mauvais sort.

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Mais c’est aux églises qu’appartient la médaille d’or du pigment ! Si la renaissance en Europe a vu ses cathédrales s’élancer toujours plus hautes afin de se rapprocher de Dieu, ici ce sont les couleurs qui élèvent les âmes.

Vert, rouge, jaune, violet, bleu ! On en voit de toutes les couleurs au sens propre de l’expression pour le coup.  Ici, la ferveur de la piété se conjugue à coup de pigments bruts, on a la sensation que plus la couleur est vive et plus on se rapproche de Dieu, c’est en tout cas l’explication que j’y vois.

Ces églises sont aussi étonnantes par leur construction puisqu’elles sont entièrement réalisées en bois. Vous me direz, rien d’étonnant à cela, mais attendez d’en voir l’intérieur alors ! Quand je dis que tout est fait en bois, c’est vraiment tout, jusqu’au moindre détail. J’ai essayé de trouver une dorure, une ornementation métallique quelque part, un bout de marbre, une sculpture en pierre, rien ! Tout est réalisé en bois jusqu’au moindre bout de frise ou de parure. C’est d’ailleurs remarquable car les jeux de formes et de contrastes de couleurs trompent votre œil à merveille et on croirait y voir de l’or ou du marbre par endroit. L’ambiance est unique dans ces églises, il en émane une sensation de simplicité des lieux mais l’on a aussi l’impression par moment, d’être dans une ambiance de Noël, ou dans un chalet en montagne, ce qui donne une chaleur incomparable a ces églises en comparaison aux nôtres qui sont souvent froides. Simplicité et chaleur des lieux pour accueillir les hommes dans la maison de dieu, c’est quand même bien vu et plutôt sympa à mon goût…

Une autre escapade fort sympathique sur l’île de Chiloé, a été la visite des ports de Dalcahué, Achao et Castro qui offrent toujours des scènes de vie superbes dans des environnements photogéniques. Les pêcheurs sont petits, trapus et ont des gueules de cinéma avec leur barbe blanche, on a envie de les peindre tellement le décor est charismatique. C’est le moment rêvé pour voler quelques images discrètement.

Nous avons pu aussi découvrir un fruit de mer qui existe uniquement sur les côtes chiliennes et péruviennes (seul endroit où les côtes pacifiques sont froides régulièrement) : le Piure.

C’est un animal vraiment bizarre qui se développe en une grosse grappe et forme comme une roche bosselée, on dirait un peu Alien avant l’éclosion… A l’intérieur de ces bosses que les pêcheurs découpent au couteau, se trouvent l’animal qui ressemble à une tomate rouge. C’est paraît-il très bon, mais il faut aimer ce qui est très iodé. De notre côté, nous n’avons pas tenté l’expérience, il faut dire qu’à la vue de l’extraction de l’animal avec un doigt plongé dans la peau de l’animal pour en retirer le machin rouge dégoulinant à coup de ¨Slurp¨ et autre bruit guère ragoutant, nous a quelque peu refroidi…

Notre promenade se finira sur une autre petite île proche de Chiloé : Quinchao. Il n’y a pas grand-chose à y voir mise à part les quelques églises qui sont classées dans le patrimoine mondial de l’humanité. Dans le même registre que celles de Chiloé, ces églises qui s’érigent au milieu de nulle part semblent rivaliser entre elles, jouant à celle qui saura attirer le plus l’attention des passants. Pour finir notre balade nous sommes allés flâner un bon moment sur les marchés, essayant de ressentir cette vie qui grouille de tout coté et qui fait le charme de ce continent sud américain.
Notre parcours continue de nous séduire et ce continent n’a pas finir de nous surprendre…

Les volcans de Puertos Varas

220km et 8h plus tard, oui vous avez bien entendu ! Il faut dire que la frontière Chilienne est une expérience à vivre, ici les fruits, légumes et autre aliments comme la viande sous vide sont considérés comme des armes dangereuses, alors ça prend 2 heures 30 minutes pour vérifier chaque sac de chaque passager d’un bus complet ! Vraiment incompréhensible mais bon, on ne va pas s’étaler sur les sujets administratifs, ça n’en vaut jamais la peine, tous pays confondus.

Notre cabaña est toute mignonne, le salon spacieux, nous nous sentons tout de suite comme à la maison, et ça fait du bien! Le gros atout de cette location, c’est sa propriétaire, Carolina. Nous l’avons tout de suite adorée. Dynamique et attachante, ce petit bout de femme de 75 ans a su nous accueillir comme des membres de sa famille, avec plusieurs petites attention à notre égard: chocolat pour les parents et les enfants, bières au frais pour les parents, mais surtout elle a cette petite bouille de mamie sortie tout droit d’un dessin-animé de pixar qu’on adore !

Le premier jour, après une séance d’école, nous partons à la découverte de la petite ville de Puerto Varas qui borde la lac Llanquihue. Cette petite cité nichée au bord d’un lac offre une très belle vue sur les volcans Osorno et Calbuco. Les maisons, de construction légère, ressemblent beaucoup à des cabanes de fortunes en bois patinés et ont un charme unique avec leurs façades colorées. Puerto Varas est née de la colonisation des allemands (et oui ça existe!) dans les années 1850, et cette influence se fait vite ressentir en parcourant la ville. Beaucoup de restaurants ont des noms à consonance germanique, les rues sont complantées de rosiers et de magnifiques hortensias comme en Allemagne. Ils ont aussi laissé un héritage culinaire en pâtisserie, le « Kuchen », un très bon gâteau avec une épaisse couche de noix et caramel dessus. Un vrai régal !

Après avoir flâné dans le centre-ville et nous être délecté d’un bon repas dans un restaurant typique du coin, nous voilà partis nous balader sur les bords du lac pour profiter de la superbe vue sur les volcans, et dans l’idée d’aller visiter un musée bric-à-brac dont on avait entendu beaucoup de bien (Encore Clément et Sarah). 15h15, le musée est encore fermé à notre arrivée, nous en profitons pour faire une pause sur une plage en attendant. Toujours dans l’attente de l’ouverture, nous ferons connaissance avec un jeune chilien qui parle très bien français ! Il a étudié au lycée français et travaille actuellement dans une société française (VIGEO, créée par Nicole Notat !!).

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16h45, Pablo Fierro nous ouvre enfin les portes de son musée, et nous explique son histoire. Il est un artiste qui aime dessiner et peindre les vieilles « cabañas » de sa région. Le musée regorge d’antiquités, de dessins, de petits mots des visiteurs accrochés de partout. Une salle de classe des années 50-60 a été recréée pour le plus grand bonheur des enfants, qui jouent à la maîtresse.

C’est juste magique comme ambiance, tout le monde est sous le charme de ce monsieur qui fait partie de ces rares personnes qui savent diriger leur vie en ayant le courage d’accomplir leur rêve jusqu’au bout.  Comme il l’écrit sur sa devanture :  » El Arte de soñar es de hacerlo realidad » / « L’art de rêver est de pouvoir le réaliser »

La magie des lieux opère et petits comme grands se mettent à dessiner sans retenue comme des enfants. C’est étrange et beau de voir à quel point un lieu peut vous transporter par les émotions que l’on y ressent. Cet homme est un grand homme et discuter avec lui fût un moment de sincérité fort émouvant. Quelle belle rencontre !

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« J’ai toujours pu concrétiser les objectifs que je me suis tracés et, pour cela, j’en suis reconnaissant, puisque jusqu’à aujourd’hui j’ai pu faire ce que j’aime, sans importance pour le matériel  »

Plus qu’une visite artistique, la rencontre de ce monsieur pourrait faire davantage de bien à certaines personnes qu’une visite chez un psychologue ! Nous repartirons de ce lieux, le cœur léger en ayant l’impression d’avoir fait une rencontre rare et précieuse, c’est aussi ça notre tour du monde.

Le lendemain, nous récupérons notre nouvelle voiture de location pour emprunter la route qui fait le tour du lac Llanquihue, et s’approcher du volcan Osorno. Le soleil est là pour nous accompagner, le panorama sur cette route longeant le lac est superbe.

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Nous décidons de faire une première halte aux « saltos de Petrohué », des cascades réputées dans la région. Arrivés sur le site, nous payons notre parking, et partons pour la courte balade. A l’entrée du chemin, et en tant que touristes étrangers, il faut s’acquitter de 15€ (à nous 4), pour emprunter les 500m de chemin. C’est clairement affiché, c’est moitié moins pour les chiliens ! Cette petite ségrégation touristique nous déterminera à faire demi-tour. Ce ne sont pas les chutes d’Iguazu, on devrait s’en remettre. Nous reprenons la route et continuons notre chemin jusqu’au tout petit village de Petrohué, situé au bord du lac Todos los Santos cette fois. On y aperçoit un autre volcan, le « Puntiagudo », aux flancs érodés par les glaciers. Nous parcourons la jolie plage de sable noir jusqu’au port, c’est assez vite vu mais très mignon.

Puis nous poursuivons pour enfin arriver au Volcan Osorno. Nous avions hâte de retourner sur un volcan après la balade au Tongariro de Nouvelle-Zélande, qui plus est sous le soleil. Notre pic-nic avalé, nous démarrons la balade qui monte à un point de vue sur le cratère rouge et sur les lacs alentours. Quelques mètres plus loin, nous croisons un couple de français, Fabienne et Thierry, et entamons la discussion. Ils sont de Cavaillon, et sont partis depuis 3 mois pour un voyage d’un an en Amérique du sud, à bord de leur camping-car. Incroyable ! Pierre découvrira un peu plus tard en discutant avec eux, que la fille de Fabienne : Juliette était une stagiaire en design qu’il avait eu il y a quelques années chez Toyota ! Le monde est petit, c’est définitivement vrai ! Pendant ce temps-là, un beau renard s’approche, il n’est pas sauvage du tout et on dirait même qu’il s’attend à ce qu’on lui donne à manger. Certains doivent le faire car il reste un long moment à coté de nous à patienter. Mais bien sur, nous ne lui donnerons rien afin qu’il puisse garder son instinct de chasse, précieux à sa survie. Par contre, nous en profiterons bien pour lui tirer de jolis portraits (enfin Jade, pendant que nous bavardions!).

C’est ensemble, avec Fabienne et Thierry que nous atteindrons le sommet et partagerons nos expériences. Les volcans dessinent toujours des paysages extrêmes qui nous surprennent à chaque fois par leur beauté.

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Notre journée se termine par une bonne glace pour les enfants et Pierre et un « Kuchen » pour moi, à Frutillar, station balnéaire très prisée des chiliens. Un village très mignon de maisons colorées encore une fois, une longue plage de sable noir et son théâtre sur le lac.

Il est temps pour nous de quitter Carolina, l’île de Chiloé nous attend. Nous sommes tous tristes de nous quitter, surtout les enfants, Carolina aura été une tendre mamie d’adoption pendant ces 3 jours.

Bariloche et la route des 7 lacs

Vendredi 26 janvier 2018, nous volons en direction de San Carlos de Bariloche, en Patagonie du nord. Nous avons prévu de nous y arrêter 3 jours pour profiter de cette petite ville balnéaire qui paraît-il est plutôt agréable et réputée pour ces chocolatiers, on la surnomme même ¨La petite Suisse d’argentine¨.  Bariloche est aussi une station de ski réputée en Argentine, malheureusement nous sommes en été, le ski ce sera pour une prochaine fois.

Après Bariloche, nous avons prévus de continuer notre petit périple en voiture de location, vers la célèbre route des 7 lacs où nous passerons 3 jours.

A travers notre hublot, les Andes et leurs sommets enneigés se profilent à l’horizon, l’aridité des sols dorés et les plaines couleurs pastel font placent progressivement aux montagnes verdoyantes.

A notre arrivée, nous sautons dans un taxi direction notre hôtel, les formalités administratives faites, nous nous jetons sur notre lit. N’ayant pas vraiment eu le temps de nous reposer de la randonnée de la veille, nous décideront de diner rapidement et d’aller nous coucher tôt. Les enfants ont aussi besoin de ralentir et de souffler un peu, c’est ce que nous sommes venus chercher ici.

Un bon sommeil récupérateur, un bon petit déjeuner et une bonne séance d’école et nous voici donc prêts à arpenter gentiment les ruelles de la cité. Notre hôtel est en plein centre et en 2 minutes nous voilà sur la rue principale, la rue Mitre. Elle est longue et flanquée tout du long  de boutiques touristiques en tout genre qui vendent des babioles sans réel intérêt et de chocolatiers. Quelques heures plus tard, la petite ville de Bariloche n’a quasi plus de secret pour nous, nous en avons fait le tour et sommes quelque peu dubitatif sur l’opinion à en avoir. La ville ressemble à une mauvaise station de ski européenne des années 70, vous savez celles dont le charme des habitations bétonnées flirt avec le constructivisme russe. A chaque fois que je vois ce genre d’urbanisation, je ne peux m’empêcher de penser comment a-t-on pu autoriser des architectes aussi médiocres à exercer ce beau métier. Bref, passons…

Nous nous questionnons donc sur l’attrait de cette ville… Nous avons dû rater quelque chose c’est pas possible, il y a un quartier quelque part qui va nous émerveiller au détour d’une ruelle. Curieux d’en savoir plus, nous poursuivons notre chemin et apercevons au loin un marché ! Aaaaah ! Enfin quelque chose de sympathique. ¨Ni une, ni deux¨, nous voilà à la découverte des étals. Quel spectacle mes amis ! Je savais que nous étions au bout du monde mais je ne savais pas que cette ville accueillait aussi ceux qui était ¨au bout¨ tout court ! Au bout… de leur vie, ou au bout… de leur compte bancaire surtout. Devant nous, des étals de gens qui enfilent des perlent, font des…des choses avec des fils de fer, des choses avec du bois qui ressemblent vaguement a des assiettes ou des bols difforment ou bien des ¨bijoux¨ (terme mal approprié pour le coup) découpés dans des feuilles de métal. La médaille d’or allant à celui qui tricote des pulls en laines avec une maille tellement grosse que l’on ne sait même plus si c’est un pull ou une serpillère (façon Thérèse pour les cinéphiles) , en tout cas il ne doit pas tenir bien chaud celui-là ! Bref, plus que de l’artisanat, ceci ressemblait à un camp de ¨vive la vie¨(comme je les appelle) qui sont restés trop longtemps au bout du monde…

Ceci a définitivement plombé notre avis sur cette ville de Bariloche dont nous n’avons toujours pas compris l’intérêt qu’elle suscitait.

Heureusement que nos amis les ¨Cap Fagi¨, Emilie, Arnaud, Alice et Charles nous rejoignaient le soir même dans un restaurant histoire d’égayer cette journée sans intérêt notoire. Eux comme nous n’ayant pas trouvé la ville exceptionnelle, nous déciderons de prendre le bus le lendemain, pour aller visiter le Cerro Campanario, un mont surplombant la région de Bariloche et ses nombreux lacs, ainsi que le parc naturel Llao-Llao un peu plus loin. Mouais, c’était joli, c’était mignon, cela nous a rappelé la Suisse ou les lacs d’Italie mais sans plus. Ce n’est pas que nous sommes blasés mais nous cherchons avant tout le dépaysement, l’unique, ce que nous n’avons pas déjà vu en Europe et là, c’était un peu trop similaire à chez nous et tellement moins spectaculaire par rapport à la majestueuse Patagonie du sud.

Le soir, les ¨Cap Fagi¨ nous inviterons à nous joindre à eux pour un diner en compagnie d’une famille française qui vit actuellement à la Paz en Bolivie. Le diner a été un moment d’échange et de rigolades bien sympathique autour d’une bonne Parrilla (viande Argentine au grill) et d’un très bon vin rouge. J’en profite pour faire une parenthèse et préciser que l’Argentine est définitivement championne du monde de la viande au grill ! Nous n’avons jamais mangé de viandes aussi bonnes qu’ici, la famille entière est unanime sur ce sujet d’ailleurs, fermé la parenthèse. Lors de ce diner nous avons donc fait connaissance avec cette famille dont le papa est diplomate en Bolivie et ils nous ont d’ailleurs gentiment invité à partager ¨leur chouette toit¨ chez eux en Bolivie. On ne manquera pas d’aller leur dire bonjour.

Le lendemain, nous avons quitté nos amis ¨Le Cap Fagi¨ non sans regrets puisqu’on ricanait bien ensemble, au revoir les amis ! On se voit en France à notre retour, promis !

Lundi 29, nous entrons chez un concessionnaire Renault pour y réceptionner notre petite clio. L’accueil est très chaleureux, on nous offre un sourire et un café et j’en profite pour admirer les modèles Renault du mercosur dessinées par mes anciens collègues au Studio de Sao Paulo. Une fois arrivés dans le bureau pour signer les formalités de location du véhicule, je demande à la personne en face de moi si par hasard elle connait un certain Gustavo Fosco, un argentin, qui était mon ancien directeur au centre de Design Renault à Barcelone. Par la suite j’ai su que Gustavo Fosco avait été promu Directeur Renault de toute l’Amérique du Sud. La personne me dit que oui, bien évidemment, puis m’explique que : ¨Gustavo fallecio !¨ Je crois comprendre mais , je n’en suis pas sûr… Je me tourne vers Aurélie et dans un regard, elle qui parle bien mieux que moi l’espagnol, je luis demande de me confirmer ce que je crois comprendre…

Mon sang ce glace et malheureusement c’est bien ça, je viens d’apprendre que mon ancien directeur est décédé en 2014, dans un accident d’avion qui l’emmenait en Uruguay. Je reste sous le choc et ne peut m’empêcher de me remémorer les bons souvenirs du temps passé à travailler avec lui, à Barcelone. La vie est une loterie et je me dis encore une fois que notre tour du monde a décidément beaucoup de sens. Repose en paix Gustavo.

Gustavo fosco

Le coffre de la Clio chargé à bloc, Bariloche dans le rétro, nous voici partis sur la route des 7 lacs direction San Martin de los Andes. Nous décidons de ne pas commencer par la traditionnelle route des 7 lacs, mais par une piste qui nous a été recommandée par nos amis Clément et Sarah. Et bien nous en a pris, car les paysages sont superbes, nous longeons une rivière aux reflets miroirs, pendant de longs kms et finirons par nous arrêter sur ses rivages où nous pique-niquerons. Le décor nous rappelle un peu celui de Monument Valley dans l’ouest américain, les collines ont de longues aiguilles de roches, il ne manque plus que les indiens ! Notre petit pilote de drone nous en a sorti de jolis clichés d’ailleurs.

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Notre sandwich avalé, nous continuons notre route sur les bordures d’un lac bleu foncé, la piste, poussiéreuse,  le surplombe et le décor nous fait penser au Canada par endroits avec de grands sapins qui n’en finissent pas de s’élancer vers le ciel. C’est un plus loin, dans le village de « Villa Traful », que nous ferons une petite pause sur une plage de galets gris. Le soir venu, le soleil couchant mélangé à la poussière qui s’élève dans l’air viendra illuminer l’atmosphère du petit village de San Martin de los Andes, où nous jetterons nos sacs à dos, dans une petite cabaña en bois, rustique mais charmante et confortable.

Le lendemain, le plein de bonnes choses fait dans une épicerie du coin, la route des 7 lacs nous attendait cette fois-ci. Elle est très connue pour ces nombreux points de vues qui donnent sur les lacs environnants, cependant le décor ne transporte pas, un peu comme les abords de Bariloche, il nous rappelle l’Europe que tout le monde connait, Annecy ou les lacs italiens, joli mais pas dépaysant. Bof encore une fois, d’autant plus que très souvent, les « miradores » ne permettent pas de voir grand-chose car de hauts arbres en obstruent la vue. Pierre nous dégote cependant un beau petit coin pour le déjeuner, au bord du lac Falkner (un des nombreux bordant la route), nous nous reposons un long moment sur une étendue d’herbe face au lac, avec une belle vue sur les montagnes.

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Villa La Angostura, petite station de ski avec beaucoup de cachet sera notre étape pour la nuit et notre petit coup de cœur pour cette région. C’est vraiment mignon, un vrai décor de cinéma où l’on se sent bien tout de suite. On décidera d’ailleurs de prolonger notre séjour d’une nuit dans ce petit village bien agréable.

Nous partons ce matin en balade en vélo (enfin! Jules nous réclamait cela depuis longtemps), pour rejoindre le lac Correntoso et sa petite plage d’eau cristalline.

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Dans l’après-midi nous reprenons notre Clio pour aller voir les plages du coté de Puerto Manzano.

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Jolies photos de notre pilote de drone : Jules Romeo. Il faut le souligner quand même 😉

Notre aventure en Argentine se termine ainsi et aujourd’hui, vendredi 2 février nous vous écrivons depuis Puerto Varas au Chili, l’aventure continue.

Nous avons adoré l’Argentine et particulièrement la Patagonie du sud dont les paysages sont exceptionnels. Nous avons aussi beaucoup aimé les argentins avec qui la communication est simple (évidemment le fait de parler espagnol a rendu les choses beaucoup plus agréable car ici l’anglais est très peu utilisé). Ce sont de bons vivants, des gens chaleureux et joyeux. Autre gros point positif de l’Argentine : sa cuisine ! Nos papilles se souviendront longtemps du bife de chorizo et autres viandes grillées, un régale absolu ! Le seul bémol ayant été la difficulté importante que nous avons rencontré pour retirer de l’argent car le liquide c’est le nerf de la guerre ici, tout se paie en espèce ! Ils sont allergiques aux carte de crédit et le problème est qu’il faut éviter d’en retirer aux guichets car chaque retrait est limité à 80€  max et la commission s’élève à 8€ (10%) ! Avoir du liquide sans en retirer, c’est un sacré challenge ! La solution: emmener avec soi des US dollars comme on l’a fait, et les changer au marché parallèle à Buenos Aires (on appelle ça le ¨blue dollar¨ , c’est pas très rassurant, mais ça marche si on a les bons filons. (pour ceux que ça intéresse je pourrais vous détailler comment faire) Autre solution: prévoir de se faire des transferts de liquide avec Western Union (la commission reste correcte mais ça prend 24 heures ). Pour ceux qui envisagent d’aller en Patagonie, n’est-ce pas Thomas, 😉 Il faut prévoir un budget important, c’est la destination la plus chère de notre tour du monde, même les îles Fidjis sont moins chères!

Nous avons voyagé ¨au moins chère¨ et les chambres d’hôtel ou cabañas (comme ça se fait beaucoup ici) et les moins onéreuses tournent autour de 100-120 € et c’est pas du grand luxe, loin de là ! Je précise que nous étions à la meilleure période (l’été) pour visiter la Patagonie, c’est en général ce que tout le monde fait, mais tout était réservé alors un conseil, réservez en avance. Record absolu, nous avons vu des chambres à 7 000€ la nuit à Torres del Paine !

Voilà pour un petit résumé à l’attention des intéressés.

A très bientôt au Chili !

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