El Chaltén, Laguna de los tres

Arrivés à El Chaltén un peu tard déjà et sans victuailles, nous décidons de diner dans un resto parilla (parrrricha comme ils disent ici!). L’endroit est plutot cosy, style cabane en bois, avec petites peaux de moutons sur les bancs histoire de se réchauffer. Nous sommes en été mais en Patagonie il ne fait jamais bien chaud. Une table de grands, une table d’enfants, nous passons une belle soirée à nous délecter de notre magnifique parrilla: agneau, bœuf, poulet, chorizo et boudin noir!! un plat pour 4 pour nous 8 sera amplement suffisant!

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La première journée sera consacrée à l’école et des courses le matin (car il faut bien !), et à une balade pas trop longue l’après-midi, celle du « mirador de los condores », qui permet de monter au sommet d’une petite colline qui offre un petit aperçu de ce que nous allons pouvoir découvrir le lendemain de plus près. On s’économise pour la longue rando prévue le lendemain… On passera du temps en haut à profiter de la vue, faire des photos rigolotes et à une séance de drone pour Jules.

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Jour J!! C’est parti ! Il est 9h00 et nous sommes en route pour une randonnée de 24 kilomètres vers le mont Fitz Roy ou plus communément appelé ici : El Chaltén.

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Nous sommes en compagnie de nos amis Clément, Sarah, Louise et la petite Meryl. La veille, nous nous demandions si les enfants allaient pouvoir suivre, 24 kilomètres c’est quand même très long ! D’autant plus que le parcours présente une difficulté particulière au niveau du 8ème kilomètre, une ascension très raide sur 1,5 kilomètres, au milieu de gros cailloux, qui permet d’arriver au point culminant de la rando.

De notre côté, fort de l’expérience du Tongariro en Nouvelle Zélande (21 kilomètres) nous savions que Jules et Jade pouvaient y arriver, mais pour l’autre famille le challenge était plus corsé quand même. En effet, leur petite Meryl n’est âgée que de 4 ans et demi et ne peut y arriver seule, par conséquent c’est sur le dos de Clément et de Sarah que les 16 kilos de la petite Meryl atterriront, ça ne va pas être facile, facile, quand même…

Après coup, nous finiront par conclure que rien ne sert de se freiner avec des suppositions négatives si l’on veut essayer d’arriver au sommet. Essayons, et on verra bien une fois en route.

Nous voilà donc partis, le pique-nique dans le sac-à-dos et armés de nos guiboles, à la poursuite d’El Chaltén. La première partie du parcours se fera sans trop de peine, le chemin relativement plat aidant, les enfants virevoltent sur plusieurs kilomètres et s’amusent comme des petits fous. Pendant 8 kilomètres environ, l’environnement est très changeant, nous passons des plaines brûlées par un soleil de plomb, aux forêts de Lenguas dont nous apprécions l’agréable fraîcheur des sous-bois ombragés.  A nos côtés une rivière se faufile à travers champs, elle est là, puis disparaît un peu plus loin, son bruissement, lui, est régulier, il ne nous quitte pas et nous suit comme un animal de compagnie que l’on perd de vue, mais dont on sent la présence. Elle est notre compagne fidèle d’une journée, garde un œil sur nous, nous montre le chemin et bien sûr nous abreuve de son eau pure issue des glaciers.

Un peu plus tard, nous ferons une halte pour nous ravitailler et prendre quelques forces avant la montée vers le sommet qui s’annonce coriace. Nous en profitons pour regarder vers l’horizon où 3 pics enneigés, acérés comme des dagues géantes se détachent en arrière-plan, ils nous attirent comme des aimants et laissent présager une jolie rencontre au sommet. Allez ! Il faut continuer, l’effort en sera bien récompensé une fois arrivé au sommet. Les loulous en pleine forme, décident de partir devant avec la ferme intention de nous montrer qu’ils peuvent aller jusqu’au sommet. Quelques centaines de mètres plus loin, le chemin se verticalise d’un seul coup, on parvient même, par endroit, à y attraper la roche devant nous avec les mains. C’est à ce moment-là que nous croisons un panneau nous indiquant que le sommet se trouve a 1 heure de marche pour seulement 1,5 km d’ascension.

Devant moi les loulous me surprennent, ils grimpent avec une motivation sans relâche, sans mot dire. Derrière moi, Sarah est étonnante, elle porte Meryl sur son dos sans broncher et avance comme un cabri. Nous poussons sur nos jambes, le souffle court, notre cadence ralentit petit à petit et chacun de nos pas devient un effort sur lequel nous focalisons. Il n’y a plus rien autour de nous, seuls comptent les pas devant nous qui n’en finissent plus. Plusieurs haltes seront nécessaires pour recharger la batterie des calories parties en fumées, allez encore un effort, nous y sommes. Les enfants soufflent et commencent à avoir grise mine, les premiers ¨Quand est ce qu’on arrive papa ? ¨ apparaissent et je me dis qu’ils sont vraiment courageux nos loustics car ils sont encore une fois les seuls enfants sur ce trek. Je décide de faire une pause drone avec Jules, l’endroit n’est ni trop loin, ni trop prêt pour pouvoir filmer les sommets, et nous sommes seuls. Rien de mieux qu’une petite pause ludique pour le re-booster vers l’ascension finale me dis-je. Pendant que Jules prépare son drone, je vois au loin le reste du groupe qui s’éloigne sur le chemin vers le sommet, on dirait des petites fourmis sur le toit de leur fourmilière. Le spectacle autour de nous commence à être grandiose et je demande à Jules de nous faire de belles photos depuis là-haut avec son drone. Le voilà qui pilote l’engin avec assurance maintenant, il monte son drone à 120 mètres d’altitude au-dessus de nos têtes et commence à shooter quelques clichés en 360°. C’est à ce moment-là que l’écran de contrôle du drone nous révèlera les pics enneigés sur le sommet et un lac bleu magnifique. ¨Whaouu ! Il faut que l’on voit ça de nos propres yeux Jules, allez on y va ! ¨ Motivés comme jamais, nous avalerons la dernière montée en quelques minutes.

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Nous rejoignons le reste du groupe, exténués certes, mais heureux devant la beauté des lieux qui s’ouvrent à nous. Tout le monde est contemplatif et muet, comme si chacun d’entre nous essayait de mémoriser les moindres recoins, les moindres détails du paysage afin qu’il reste gravé à jamais dans notre mémoire. L’effort et la beauté, la force et la grâce, comme souvent deux éléments opposés peuvent se conjuguer et donner ensemble le meilleur pour devenir des détonateurs de plaisir. Nombreux sont les gens qui ont écrit sur ses sensations décuplées de plaisir suite à la privation ou à un effort extrême et c’est vrai que c’est bon ! En toute modestie bien entendu.

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Après un bon pique-nique et au bout de 2 heures et demi de contemplation, nous avons décidés de repartir car environ 10 kilomètres nous attendaient jusqu’au village. Les enfants partent devant comme à leur habitude et croisent en chemin de nombreuses personnes qui n’oublient pas de les féliciter, tout surpris qu’ils sont de voir leurs petites gambettes faire autant de route. La descente est tout aussi jolie mais éprouvante pour les jambes, et les derniers kilomètres seront très difficiles pour tout le monde. Je propose à Clément de le relayer en portant sa fille à mon tour, mais il tient bon et veut arriver au bout coûte que coûte. Tout le monde commence à avoir des douleurs dans les jambes ou les genoux pour certains mais même si le physique flanche un peu, le moral et la bonne humeur reste de mise.

Nous arriverons au bout de nos 24 kilomètres de randonnée épuisés, après 8h de marche, les traits tirés, mais heureux comme jamais d’avoir pu voir ces paysages du bout du monde. Les enfants sont eux aussi épuisés et l’on se demande un peu à ce moment-là si nous sommes de bons parents ou bien des parents tyranniques. Heureusement leurs sourires nous réconfortent lorsqu’on leur demande s’ils ont aimé cette promenade…

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Après une courte nuit, c’est toujours aussi fatigués que nous repartons d’El Chaltén pour El Calafate à 200km, où nous attend notre avion pour de nouvelles aventures tous les 4 dans le nord de la Patagonie Argentine. Nous sommes rêveurs ce matin, devant ces sublimes couleurs pastels qu’offrent les routes de la Patagonie!

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Le Glacier Perito Moreno.

Nous avons parcouru plus de 2400 kilomètres déjà en 9 jours et la fatigue se fait un peu ressentir quand même. Nos journées sont soutenues et cadencées au rythme des leçons d’école du matin, de la route à accomplir pour nous rendre sur les nouveaux sites, des check-in dans les cabañas (toujours des surprises à gérer), des recherches d’informations sur les points d’intérêts, des visites elles-mêmes, des courses alimentaires, du blog (très chronophage : analyse des photos, travail sur les photos, rédaction des textes, bataille avec le wifi) et autres communications et problèmes en tour genre. Certains auront du mal à le croire mais un tour du monde, c’est une cadence très soutenue et ce n’est pas toujours le mode ¨relax vacances¨ que l’on peut s’imaginer. Pour voir du pays, il faut se bouger, être très dynamique, déterminé et organisé surtout. Il faut tenir le rythme ! Certains blogs de tour-du-mondiste nous avaient déjà mis ¨la puce à l’oreille¨ sur le sujet en mentionnant de ne surtout pas oublier ¨de prendre des vacances pendant son tour du monde¨ et c’est tellement vrai ! Nous sortons en fait de notre pause, de nos vacances aux Fidji et là, nous attaquons notre rentrée sur un autre continent, une autre culture avec un rythme très différent. Loin de nous l’idée de nous plaindre, nous nous considérons toujours comme les plus chanceux au monde ! Mais nous souhaitons aussi partager avec vous la réalité et le quotidien d’un tour-du-mondiste, tout simplement.

Nous voilà donc de retour en Argentine sur le chemin qui nous mènera vers un glacier dont tout le monde parle ici : le Perito Moreno ! La veille au soir, nous avions rendez-vous avec la famille ¨ Happy trip ¨ (Clément, Sarah, Méryl et Louise) que nous avions rencontré en Nouvelle Zélande il y a plus d’un mois. Ils descendent le Chili tandis que nous le remontons, mais histoire de faire un bout de chemin ensemble, nous avons organisé nos agendas afin de passer quelques jours ensemble. Les enfants comptaient les jours depuis au moins 2 semaines,ce fut donc une grande joie ces retrouvailles sur les bords du lac d’El Calafate où nous étions venus nous balader et observer les nombreux oiseaux présents ici.

Le lendemain matin, après une soirée à nous échanger les bons plans, c’est dans la joie et la bonne humeur que nous nous sommes partis à la découverte de ce merveilleux glacier. Une fois arrivés dans le parc, c’est au détour d’un virage que nous avons découvert le géant bleu ! Whaouuu ! s’exclament les enfants.

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C’est vrai qu’il en impose, il obstrue toute la largeur d’une vallée et s’élève fièrement à la verticale sur le lac comme un rempart infranchissable. Nous connaitrons plus tard ses mensurations impressionnantes : 5 kilomètres de large et 70 mètres de haut environ au point de vu, 360 km de long et 12 500 km2. Nos glaciers français n’ont plus qu’à aller se rhabiller !

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C’est littéralement une mer de glace qui se présente devant nos yeux et s’évanouit au loin dans une perspective qui n’en finit plus. C’est la première fois que nous sommes devant un tel spectacle et je peux vous dire que c’est magnifique. L’aspect le plus surprenant réside dans la couleur bleue intense de sa glace. Un bleu électrique comme ça, ça relève de la supercherie, me dis-je. Tout être normalement constitué vous dira que la neige et la glace c’est blanc et pas bleu ! Eh bien non, ici la glace chers amis, elle est bleue. Bon… ben va pour le bleu alors ! Moi qui suis du genre curieux d’habitude et bien pour le coup, la géologie et autre science des cailloux c’est pas vraiment mon truc, et encore moins pour la glace qui pour moi ne sert qu’à une chose : à rafraîchir mon Ricard, point. A la votre ! Entre parenthèse, nous qui sommes en été depuis 6 mois et demi maintenant, je peux vous dire qu’un bon Ricard ça manque graaaave ! ;-( Désolé pour l’aparté…

Plusieurs circuits sont aménagés grâce à des passerelles, c’est très bien fait et cela permet d’observer le glacier de différents points de vue (de près, de loin, d’en bas, d’en haut..) Nous passons des heures à le contempler, à écouter les craquements des blocs de glace qui se détachent, et tombent dans le lac dans un bruit sourd! C’est géant! Nous y ferons également une pause pique-nique sur une des passerelles aménagées avec des bancs.

Ci-dessous un bateau de 25 mètres environ, histoire que vous ayez un rapport d’échelle…

Pour les curieux qui se demandent encore : ¨Mais pourquoi est-ce bleu comme ça ? Il aurait pu nous donner une explication quand même, voyons…¨ Eh bien, c’est votre jour de chance ! Je vous donne un filon extra. Il y a un site qui est super bien fait ! Si, si, il s’appelle : Google, essayez, vous allez voire c’est pas mal… 😉

Pour conclure, c’était donc une journée très sympathique aujourd’hui en compagnie de nos amis tour-du-mondistes. Il est maintenant 20h00 et nous nous apprêtons à arriver à notre prochaine destination, EL Chaltén (j’écris depuis la voiture). Nous sommes cette fois-ci de l’autre côté (nord) du parc national des glaciers, toujours en compagnie de nos amis pour quelques jours de découverte encore.

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Voici quelques photos prometteuses des paysages sur notre route. Ci dessus LE mont Fitz Roy et El Chalten.

Ah ! J’oubliais, notre petit Jules s’est transformé en pilote professionnel de drone comme son tonton. Voici en exclusivité ses premiers clichés suite à une looooongue période où nous n’avons pu le faire décoller à cause du temps capricieux.

Bravo Jules !

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A très bientôt !

 

 

 

 

 

 

Punta Arenas et l’île Magdalena

Punta Arenas, presque le bout du monde. Nous sommes venus ici principalement pour aller voir des pingouins. Punta Arenas est une assez grande ville de 130.000 habitants, mais son centre-ville est très petit. Une fois le tour de la Plaza de armas fait et les deux rues adjacentes parcourues, pas grand-chose à y faire, si ce n’est un point de vue depuis lequel le panorama sur les toits colorées de la ville est assez mignon.

La première journée, n’ayant pu partir sur l’île Magdalena comme vous l’a expliqué Jules, nous sommes allés visiter la réplique du bateau de Magellan dans un premier temps. Après cette belle découverte, nous avons fait un arrêt au cimetière de la ville. Oui c’est un peu curieux mais il est l’un des plus beaux au monde selon les dires des guides de la région. Nous y avons fait une petite balade, mais avons très vite eu l’impression de ne pas être à notre place lorsque les tombeaux se sont transformés en berceaux… ;-(

Nous avons donc profité de ses 3 jours à Punta Arenas pour faire pas mal d’école le matin en prévision de nos retrouvailles avec la famille Happytrip1234, (Clément et Sarah et leurs filles Louise et Méryl que nous avions rencontrés en Nouvelle-Zélande), on aura certainement plus envie de profiter tous ensemble que de jouer aux instituteurs !

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Le vent violent de la veille avait donc eu raison de notre première tentative pour aller voir l’île les pingouins sur l’île Magdalena et le cargo était resté à quai. Ce matin, c’est notre jour de chance, Punta Arenas se réveille avec une petite brise et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous partons retenter notre chance. Les ¨pingouinos¨ comme on dit en espagnol nous attendent ! Sauf qu’en français, ce sont des manchots, les naturalistes quelques fois chipotent un peu je trouve. Bon, vous avez compris on va voir le truc noir et blanc qui ressemble à un drôle de fer à repasser et se déplace en dandinant, voilà c’est ça! 😉

Nous arrivons dans un vacarme d’enfer à l’embarcadère avec notre FerraFiat, tellement pleine de poussière que l’on ne peut même presque plus distinguer le visage des gringos qui s’y trouvent à l’intérieur ! ¨Hola Muchachos, somos los Romeos¨, « C’est nous ou c’est pas nous ?!¨ (bon je sais, c’est bizarre, mais c’est notre cri de guerre depuis le départ, notre signature quoi) et on se tape dans les mains en famille. Quelques chiliens autour de nous, nous regardent d’un air circonspect, faut dire qu’on à la dégaine avec notre FerraFiat, nos coupe-vents et ¨los dos pequeños gringos¨ qui nous suivent partout. Ils nous prennent certainement pour des gitans, des gens du voyage et bien oui ! C’est ça ! Nous avons changé nos peaux de sédentaire pour sillonner le monde, changé nos habitudes pour explorer les contrées lointaines du globe, nous sommes devenus à notre tour des gens du voyage et fiers de l’être !

Un gros cargo rouge nous attend à quai : Le Melinka, pour une traversée d’1heure 45 minutes environ vers l’île Magdalena. Chemin faisant, ou plutôt ¨flot faisant¨, nous apercevons plusieurs beaux dauphins noirs et blancs, ils sont endémiques de cette zone australe selon les explications à bord du navire. Ils sont petits et sautent dans le sillage du bateau avec une agilité impressionnante, cela nous fait un peu d’attraction et les enfants s’en émerveillent.

A notre arrivée sur l’île, la proue du bateau se transforme en pont-levis et s’ouvre doucement devant nous à la manière d’une embarcations militaire amphibie. On a l’impression d’être des fantassins qui débarquent sur une terre inconnue. L’île est déserte, aucun arbre, aucune habitation à l’horizon, seul un phare vient rompre l’horizontalité du décor et se dresser fièrement en sentinelle des mers. Les guides nous annoncent clairement que nous devons respecter une distance minimum d’un mètre entre nous et les pingouins… bon, plus prêt de toute manière il aurait fallu parler couramment le pingouin me dis-je.

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Nous disposons d’1heure de visite seulement, c’est une autorisation stricte délivrée par un organisme national de protection de la nature. Même si cela paraît un peu stressant et stricte pour nous autres les touristes, ça reste cependant nécessaire pour préserver un environnement naturel très vulnérable des mauvaises empreintes de l’homme.

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Notre chemin très étroit (pas plus d’1m50 de large) est balisé tout du long par des cordages adjacents. Nous sommes un peu tassés au départ puis le cortège finit par s’étendre au fur et à mesure laissant plus d’espace entre les personnes. Tout autour de nous, des manchots par milliers vont et viennent en se dandinant à la manière de Charlie Chaplin. Il ne leur manque que la moustache et le chapeau melon étant donné qu’ils sont déjà en noir et blanc comme les films d’époque. L’île est littéralement criblée de trous, ce sont les nids de ces oiseaux bizarres qui n’ont pas grand-chose à voir avec des oiseaux en fait. N’en dérange les plus érudits des naturalistes, un pingouin ou un manchot pour moi, ce n’est pas un oiseau ¨fonctionnellement¨ parlant. Il ne vole pas, il n’a pas de plume mais un duvet, n’a pas d’ailes mais des nageoires qui lui permettent de nager mieux que n’importe quel poisson (35 nœuds sous l’eau et peut aller jusqu’à 500 mètres de profondeur !), il creuse des trous comme une taupe pour y faire un terrier alors je vous le demande, qu’a-t-il d’un oiseau ? Bon, oui je vous l’accorde, il fait des œufs et à un bec comme un oiseau mais mis à part ça ?

Je pense que je vais faire un courrier au ¨bureau des espèces naturelles¨ pour proposer une reclassification des manchots et pingouins dans une nouvelle catégorie, à définir. Toutes les idées sont les bienvenues ! 😉

 

Au fur et à mesure de notre balade, je me dis que ce sont nous certainement les drôles d’oiseaux pour eux. Après tout ils sont chez eux et nous sommes les envahisseurs non ? J’ai comme l’impression que l’arroseur est arrosé, ils nous observent comme si nous étions des extra-terrestres arrivés d’une autre planète à bord d’un grand vaisseau. Nous défilons devant eux comme les images défilent sur notre écran TV.

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Ils nous regardent, bien assis au fond de leur nid douillet, et je me dis qu’il ne leur manque plus que les popcorns pour regarder leur série télévisée quotidienne préférée : L’invasion des touristes. Nous en sommes les héros et quelque part aussi des pingouins, me dis-je.

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C’était une sacrée bonne journée, même si je n’aime pas beaucoup que l’on me prenne pour …un pingouin.

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Ca complote dans notre dos on dirait …

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JADE…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

LA JOURNÉE DES PINGOUINS

  Aujourd’hui Nous avons retenté notre chance pour aller voir les pingouins et on a pu y aller. Un gros bateau nous attendait (un cargo) dans le bateau nous avons croisé des dauphins,

Le trajet était long, en arrivant à l’île des pingouins tout le monde était excité pour aller voire les pingouins. En visitant l’île nous avons entendu des cris de pingouin.

Le papa pingouin creuse son trou comme une petite tope.

Maman et papa ont adoré la façon d’on il marche, on na trouvaient les bébés pingouins mignons.

Maman et moi nous avons vu un pingouin qui avez la vue sur la mer depuis son nid c’était marrant. Il y avait aussi des pingouins qui traversaient sur le chemin.

Bon bref c’était marrant.

JADE !!!

Magellan, par Jules et Jade

Alors voilà, voici le premier poste de jules et Jade.

C’est eux qui nous ont demandé hier, s’ils pouvaient publier leur premier post sur le blog à la suite d’une exposition sur Magellan. C’est sans hésitation que nous avons accepté leur demande, vous vous en doutez.

Alors voici sans plus attendre, le poste de: Jules, à la plume et Jade, aux pinceaux, Bravo !

Merci pour vos commentaires, il n’en seront que ravis !


Le bateau de Magellan

Aujourd’hui nous avons décidé d’aller voir une île aux pingouins, mais le bateau a été annulé, parce qu’il y avait trop de vent sur l’île. Un peu déçus, nous avons décidé d’aller voir une exposition sur le bateau de Magellan. On est arrivé vers 14h15 à l’exposition.   La visite parle de Magellan et il y a une réplique taille réelle de son bateau. Ce n’est pas le vrai bateau c’est une copie, mais il est très joli.

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On est arrivé à la réception et là, il y avait des armures, des épées, des boucliers, des fusils, une cotte de mailles et des casques. J’ai pu essayer tout ça, c’était très lourd ! La cotte de mailles et le casque me faisaient mal. Ils étaient courageux les chevaliers pour porter tout ça, enfin les conquistadors, qui étaient les soldats du royaume d’Espagne aux environs du début du seizième siècle je crois.

 

Après, nous sommes allés dans le bateau de Magellan, le Nao Victoria qui est une caraque espagnole. Il a deux mâts faits tout en bois. En premier, on est entré dans la chambre du capitaine, il y avait des ustensiles pour mesurer la distance (des compas en bois), des livres, des haches et des épées. Le capitaine lui, avait un lit mais pas très bien, et un servant à côté de lui !

Sur le pont il y avait le cuisinier, un chilien d’avant avec des habits en peau d’animal et son lama et le prêtre. En dessous, en première cale il y avait l’or, des coffres forts et les quartier-maitres qui eux avaient un hamac pour dormir ! En deuxième cale il y avait les vivres, les bouteilles d’eau, le rhum et le menuiser qui lui est très important parce qu’il répare le bateau quand il y a des trous dans la coque, les escaliers cassés etc.  Les fous eux, n’avaient rien pour dormir et avaient des genres de guillotines pour leur attacher les pieds mais sans la hache !

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Ca c’est le fou…

Cette exposition est située à Punta Arenas en Amérique du sud, à l’autre bout de la planète par rapport à la France. Magellan est née en 1480 au nord du Portugal c’était un explorateur et c’est lui qui a donné son nom au détroit de Magellan au sud de la Patagonie où nous sommes. C’est aussi lui qui a donné le nom de l’Océan Pacifique (donc le premier sur l’Océan Pacifique) et c’est aussi lui qui a découvert la route des épices, il est parti chercher la route des épices car avant les épices se vendaient comme de l’or (je veux parler de son prix), et son bateau c’est le premier à avoir fait le tour du monde. Il est mort le 27 avril 1521 sur une île qui s’appelle le Mactan aux Philippines.

Moi j’ai adoré cette exposition parce que j’ai eu l’impression d’être un membre de l’équipage et je me suis rendu compte que c’était difficile pour eux et qu’ils étaient courageux parce que ils étaient prêts à se prendre des grosses vagues sur la figure… Donc moi j’ai adoré pour tout ça.

J’espère que notre premier post vous plaira… 😉

Nos sources : Le musée et Wikipédia

Texte : Jules Romeo

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Illustration et photos: Jade Romeo

Patagonie, Torres del Paine.

 

Quelques jours sont passées depuis notre dernier post je sais, mais nous sommes loin de toute civilisation ici en Patagonie et le wifi se fait très rare. Mais vous allez bientôt comprendre tout ça en image.

Aujourd’hui nous sommes le 18 janvier et je vous écris depuis Punta Arenas.  5 jours donc que nous sommes en Patagonie. Nous avions réservé un vol depuis Buenos Aires jusqu’à la ville d’El Calafate, via la célèbre Ushuaïa histoire de nous éviter un long trajet en bus dans la pampa Argentine (ce pays est quand même très grand et les heures de bus très longues d’un point à l’autre).

 

A l’arrivée, les paysages sont déjà surprenants à travers le hublot. Le sol est doré, il parait brûlé et se mélange à des tâches brunes, c’est la steppe, la vraie, elle s’étend à perte de vue et seul le ciel vient rompre cette ambiance au loin, sur le fil de l’horizon. Ce lieu est étonnant, on a l’impression d’atterrir sur une autre planète et la palette de couleurs regorge de tons pastels. Dernier coup d’œil au hublot, j’aperçois l’ombre noire de l’avion qui se détache sur le sol jaune, elle est comme ciselée avec précision par une lumière intense et vive, je me dis que je ne l’aurais pas mieux dessiné.

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L’aéroport est tout petit, c’est une oasis perdue au milieu de nulle part. Une fois débarqués, nous prenons nos bagages et allons récupérer notre bus qui nous emmènera à la ville d’ El Calafate à environ 20 kilomètres. A peine sortis de l’aéroport, un vent violent vient nous surprendre et nous fouetter le visage comme pour nous annoncer qu’ici, au bout du monde, la nature est une bête indomptable, seule maître des lieux. Nous sommes sur les terres les plus australes du globe juste avant le pôle sud : l’Antarctique.

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¨Extrême¨, c’est le mot que mon frère a employé en voyant nos premières photos. Extrême oui, tout à l’air ¨extrême¨ ici, le vent ne cesse de souffler, les steppes sont arides en été et inondées de boue l’hiver, les reliefs sont plats et doux mais font subitement placent à des pics abrupts et acérés. Il n’y a aucun arbre sur des centaines de kilomètres, aucune ombre à l’horizon, seule celle de ces magnifiques oiseaux géants, les condors. Extrême aussi comme cet soleil qui ne cesse de briller dans le ciel, ici le jour s’étend de 5h jusqu’à 23heures environ !  Vous l’avez compris, l’expérience ici nous promet encore une fois d’être unique et formidable. Au bout de 30 minutes, notre bus nous dépose devant notre ¨cabaña¨ de bois (prononcez : ¨cabagna¨) dans le petit village d’El Calafate. Nous sommes très fatigués, le décalage horaire énorme se fait toujours ressentir 5 jours après, 16h de jetlag c’est vraiment beaucoup !  Il a fallu se lever à 5h00 du matin pour attraper notre vol, nous luttons pour ne pas nous laisser tenter par une petite sieste. Il est 15h, les enfants traînent la patte mais il ne faut pas se poser sous peine de ne plus se réveiller avant le lendemain. Nous prenons notre courage à deux mains et décidons de partir à la recherche d’une location de voiture et autres informations diverses. Au bout d’une heure nous finissons par négocier un tarif de location acceptable, c’est-à-dire 800 € pour 12 jours ! Les prix sont exorbitants ici (tout est extrême, je vous l’avais dit…). La voiture est une pauvre Fiat Palio qui n’a pas de clim, pas de direction assistée, des portes arrière qui ferment mal et pour couronner le tout, le type me dit qu’elle a une fuite d’eau au radiateur et qu’il faut remettre de l’eau tous les 300 km dans le réservoir…¨Pero el coche funciona muy bien, si señor !¨ 😉  Pas le choix, c’est ça ou 1300 €, le second meilleur tarif de location que nous ayons trouvé sur une dizaine d’autres loueurs.

Le lendemain nous devons nous rendre à Puerto Natales à 4 heures de route d’ici, toujours en Patagonie, mais Chilienne cette fois-ci. Nous décidons de faire aussi quelques courses alimentaires au préalable car là où nous allons, tout est encore ….plus cher !

11h00 nous voilà partis pour Puerto Natales, le coffre rempli à ras bord avec les enfants coincés sur la banquette arrière, de part et d’autre des bagages. Notre route est incomparable à tout ce que nous avons vu jusqu’à présent, nous nous sentons perdus, elle n’en finit pas de rejoindre l’horizon.

La voiture elle, se fait littéralement secouer par le vent violent qui souffle en latéral, je me répète sans cesse : ¨garde les mains sur le volant, les mains sur le volant¨ et j’imagine la scène depuis là-haut, nous sommes un tout petit point rouge sur une étendue gigantesque à bord d’une voiture minuscule et peu fiable… J’aurais préféré une bonne Toyota pour le coup ! Brrr, ça me fait un peu froid dans le dos quand j’y pense, mais c’est aussi ça l’aventure 😉 Je prie quand même pour que nous n’ayons pas de panne, car nous n’avons aucun moyen de communication, aucune onde ne passe et les voitures que l’on croise se font très rares par ici.

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A mi-chemin nous décidons de faire un petit pique-nique, il est 12h30 les enfants ont faim. Nous cherchons un arbre pour nous abriter, mais il n’y en a pas, aucune ombre possible et le soleil ici est … extrême, il vous brûle car la couche d’ozone est très fine. Bon… pas le choix donc, nous nous arrêtons en bord de route en nous disant que l’herbe fera l’affaire pour nous poser et tant pis, on mettra nos casquettes et de la crème solaire indice 80. La voiture s’arrête, à ce moment-là Jade ouvre la porte et celle-ci manque de peu de se plier tellement le vent est violent ! Nous sortons de la voiture et devons nous pencher en avant pour pouvoir marcher, c’est impressionnant ! Un peu plus loin nous allons explorer les touffes d’herbes sèches et rondouillardes comme des coussins moelleux, elles nous invitent à nous y lover pour un bon pique-nique. Oups ! Nous sommes rapidement rappelés à l’ordre par des centaines de pics qui viennent nous rentrer dans la peau de nos chevilles. Retour à la voiture, nous y serons finalement très ben pour notre déjeuner… 😉 Ce monde n’est décidément pas fait pour que accueillir aisément les humains, seuls les guanacos que nous croisons au loin (sorte de lamas), paraissent s’adapter à cette terre de l’extrême.

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DSC06073Tapis rouge pour notre entrée au Chili !DSC06068

Puerto Natales, petite bourgade au bord d’un lac où les maisons ont les toits verts, rouges, jaunes, on a un peu l’impression d’être dans un film de Sergio Leone : ¨Hey Gringo ! Quien eres tu ? De donde vienes ? ¨ Au pied du village un lac est en furie, l’écume de ses vagues s’envole et embrume l’air pendant que des cygnes blancs à cols noirs flottent nonchalamment sur ses eaux. L’arrière-plan de la scène est sublime, on peut y apercevoir quelques montagnes enneigées qui se dressent tels des mastodontes entre les nuages, c’est vers là bas que nous irons le lendemain, dans le parc naturel Torres del Paine. La nature est hostile certes mais les paysages sont d’une beauté brute difficilement descriptible.

Nous passerons une journée dans cette agréable petite ville à nous promener dans les ruelles, faire du karting à pédales pour les enfants, et en profitons pour grimper en haut du « Cerro Dorotea », une petite montagne présageant un beau point de vue sur la ville et le fjord.

Le lendemain, nous voilà de nouveau sur la route, direction le Parc naturel Torres del Paine. Départ sous la pluie, 3 heures et demi de slalom entre les nids de poule, la chaussée est en piteuse état et les pièges sur le bitume me demandent une attention particulière, il faut être prudent pour ne rien casser. Arrivés au parc, nous nous acquittons de la modique somme de 80€, cela faisait un bon moment que nous n’avions pas payé pour visiter un parc naturel. Bon, je me dis qu’au moins la route devrait être en meilleur état maintenant et que le parc est aménagé. Pauvre fou ! Le bitume se change soudainement en gravier et là je commence à maudire un peu ces pays où notre argent passe… on ne sait où ! Quelle est la logique me dis-je. Les routes bitumées du pays sont gratuites et celles des parcs, payantes, sont défoncées ! Bon, passons…

Notre Ferra-Fiat, comme nous l’avons rebaptisée, n’en demandait pas autant ! Elle se transforme malgré elle en 4×4 et vaille que vaille, la voilà lancée sur le chemin. La route est en taule ondulée, la voiture souffre, elle couine de douleur et ses ossements résonnent à l’intérieur, ça claque, ça vibre et je me dis que l’on risque à tout moment de rompre une suspension, ce qui pourrait nous couter cher car les réparations sont à notre compte. Eh oui, ici, seules les assurances au tiers existent, cela permet de faire payer l’entretien et les réparations aux touristes, pas folle la guêpe !

Les paysages sont à couper le souffle et à classer dans nos plus belles découvertes. Vallons, lacs, montagnes enneigées et glaciers nous accompagnent tout du long. Les couleurs aussi sont sublimes. Il pleut, il fait sombre et la nature prend des teintes d’apocalypse, les lacs plus clairs que le ciel viennent éclaircir, le paysage d’un vert laiteux, ou d’un bleu sombre, nous sommes sous le charme de la Patagonie. Quelle merveille ! Plus loin, la lumière viendra percer les nuages et les rondes collines revêtiront une robe dorée. Notre appareil photo joue les mitrailleuses. Notre route croise celle de nombreux guanacos, de moutons guidés par les « gauchos » et celle d’un renard!

Les Torres del Paine apparaissent enfin devant nous, elles sont magnifiques ! Ce sont des montagnes jeunes, leurs pics dessinent de la dentelle sur les sommets et se dressent fièrement comme des portes drapeaux d’une région qui sans aucun doute, figure parmi les plus belles de la terre. On se sent tout petit à côté de ces reines de beauté. Nous continuons notre chemin jusqu’au terminus et démarrons une randonnée de 2 heures où, paraît-il, nous pouvons apercevoir un glacier : Le Grey.

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Sur notre parcours nous traversons un lac gris laiteux qui borde un petit banc de sable et au bout de quelques mètres quelques icebergs viennent égailler notre promenade avec leur bleu étonnamment bleu ! Cette couleur est apparemment due à une eau très pure et un phénomène compliqué de compression et de bulles d’air dont je me garderai de faire une explication détaillée ici. Sur l’esplanade de l’arrivée, nous croisons des gens qui nous avertissent de bien tenir les enfants car le vent peut les emporter ! Oh ! Sont pas un peu marseillais ceux-là me dis-je. 😉 Mais effectivement à l’arrivée nous n’oublierons pas de les tenir par la main, le vent est incroyablement fort, il souffle autour de 200km/h je pense. Je n’ai pour ma part jamais vécu de vent aussi fort, c’est impressionnant ! Il est de face et nous empêche pratiquement de regarder devant nous tellement il nous trouble la vue. C’est dommage, il y a le glacier au loin qui nous fait signe…

Le soir venu, nous rejoindrons notre Estancia perdue dans la pampa avec une vue imprenable sur les 3 pics del Torres del Paine et la vallée alentour. On se sent bien et pour couronner le tout, nous rencontrerons 2 couples de français à notre table avec qui nous passerons une très bonne soirée.

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Le lendemain, après les devoirs (oui, il faut bien qu’on montre qu’on est des parents modèles quand même 😉 ), nous filons retrouver une famille fort sympathique que nous avions rencontrée à Puerto Natales (Arnaud, Emilie, Alice et Charles). Nous déciderons ensemble de faire une petite randonnée autour pour se rapprocher d’une cascade (salto grande) et des cuernos (nom donné aux montagnes qui font penser à des cornes). Superbe balade durant laquelle il faut bien se tenir, et agripper les enfants. Ici, le vent souffle trèèèès fort!

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Nous croisons en chemin un tatou.

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Aurevoir les copains, on se revoit à Puerto Natales et au revoir les Torres del Paine !

Nous continuons notre aventure en Patagonie un peu plus loin. Demain nous irons voir les pingouins sur une île au large de Punta Arenas.

A très bientôt.

Palermo Soho, te quiero !

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Voici un petit post aujourd’hui histoire de partager une jolie découverte:  le quartier de Palermo Soho qui porte son nom a ravir puisqu’ il nous a immédiatement rappelé le Soho de New York, pero con pimiento latino ! Muy caliente ! Par moment , nous étions aussi dans le « Marais » à Paris, élégant, raffiné et soudain BOUM ! C’est l’explosion des couleurs qui vient vous fracturer littéralement la rétine façon Andy Warhol à la mode « street art ». Encore une fois on ose, on casse les codes, on s’exprime sans retenue et c’est un vrai régal pour les yeux.

Arrêtons là les mots, les images parleront beaucoup mieux.

A midi une petite pause repas s’imposait dans le quartier histoire de prolonger le plaisir. Nous sommes tombé par hasard sur un petit restaurant à la décoration fort sympathique. A bon, les argentins aiment le football ? Vous êtes certain ?

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J’oubliais ! Une chose, loin d’être négligeable pour nous autres les petits français, la cuisine argentine est délicieuse ! J’avais déjà mentionné leur viande qui est peut-être une, si ce n’est LA meilleure viande au monde, mais il ne faut pas oublier non plus que les argentins ont de nombreuses origines italiennes. Cela se traduit directement dans les assiettes et n’a pas été sans nous déplaire. Nous adorons la cuisine italienne et ici les pâtes sont délicieuses  » Al Dente  » Si signore !  » et les pizzas cuitent au feu de bois peuvent en ravir plus d’un. Miam !… 😉

Bien rassasiés du gosier, nous avons poursuivi un peu plus loin notre promenade. Aujourd’hui, la chance est avec nous, il y a quelques nuages et un peu de vent qui vient rafraichir l’atmosphère car hier il faisait 35° à l’ombre et environ 45° au soleil ! Une vrai fournaise, on se demandait même si nos tongues n’allait pas finir par fondre sur le bitume. Ajoutez à cette chaleur une jungle urbaine très dense et bruyante qui se mêle à une pollution au CO2 intense, nous sommes rentrés épuisés de cette journée. Il faut dire que nous étions habitués aux grands espaces depuis quelques mois!

Les enfants se testent aussi a des pauses de Tango 😉

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Une publicité sur un mur, il y est écrit : « Publicité d’intérêt public », tiens donc, qu’est ce qua ça peu bien être ? Je vous laisse découvrir le sujet.

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Quand je vous dis qu’ici on ose tout ! 😉

La route continue…

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Buenos Aires, la boca et San Telmo

Ça faisait quand même un petit moment que nous n’avions plus rencontré la patine du temps dans les ruelles d’une ville, admiré les cicatrices de l’histoire sur les murs d’une maison. Un petit moment aussi que la diversité ne se voyaient plus sur les visages des gens, que le brassage culturel n’animait plus les cités que nous rencontrions. La monoculture anglo-saxonne était devenue reine dans nos derniers pays visités. Certes séduisante, il en émanait quand même un sentiment un peu trop lisse tout de même, il faut le dire.

Enfin, un peu de bordel comme on l’aime ! Enfin une civilisation comme je les aime, qui grouille, qui chante, qui danse, qui pleure, qui peint sur les murs son histoire, son art. Enfin du piment !

Nous sommes chez les latins, les argentins sont d’origine espagnole, italienne et sud-américaine. La première chose qui me vient à l’esprit c’est que je les trouve beaux physiquement mais aussi par ce qu’ils dégagent, je ne sais pas trop comment l’expliquer…Ils sont fiers de leur histoire, de leur pays et dansent le tango dans la rue comme ils respirent ! Plusieurs fois en nous promenant, on a pu voir des jeunes, des vieux, danser dans des parcs, sur les places, comme d’autres courent et font leur jogging, eux ils dansent. C’est tellement plus poétique ! Je trouve ça magnifique.

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Les hommes tiennent des postures de toréadors, élancés, la tête haute et les femmes sensuelles et féminines jusqu’au bout de leurs ongles viennent s’enrouler autour d’eux comme des papillons qui virevoltent. Le tango, c’est magique comme danse, tellement pictural, théâtral, que ça ne peut vous laisser de marbre, on est comme hypnotisé par tant d’élégance.

J’ai toujours aimé la manière qu’ont les latins d’affirmer théâtralement la masculinité et la féminité jusqu’à en embellir à outrance leur harmonie. Le tango, c’est ça ! Qu’est-ce que c’est beau ! Et les argentins sont aussi comme ça, extravertis, démonstratifs, comme Maradona ! 😉

Bon ok, je sais la c’est Messi. Je ne sais pas pourquoi, il y avait des peintures de Maradona partout dans la ville mais on en a prise aucune, allez savoir… 😉

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Aujourd’hui, nous sommes allés nous perdre dans un quartier aux milles couleurs : la Boca. Les maisons sont rouges, vertes, jaunes, bleues, on n’est pas dans la demi-mesure, on s’exprime, on est dans l’extravagance. Quel contraste quand même après les 4 mois passés chez nos amis d’océanie.
J’oubliais, pour les amateurs de foot, ici la Boca c’est LE club mythique d’Argentine, mondialement connu pour la ferveur extraordinaire de ses supporters. Même à Marseille nous sommes des petits à coté. Ici, les gens pleurent lorsque leur équipe perd, c’est une religion. (Eric Cantona en a fait d’ailleurs un reportage TV pour canal+: Boca River, à voir absolument. Voici le lien : https://vimeo.com/127357714 )

La ville est tentaculaire, Buenos Aires c’est quasi des autoroutes à l’intérieur de la ville et pour se rendre d’un quartier à un autre il faut 1 heure de taxi quelques fois. C’est peut-être ¨le bémol¨ de cette ville d’ailleurs, elle est très urbanisée, bruyante mais a su conserver des oasis merveilleuses.

Nous sommes ensuite partis sillonner les vieilles rues du quartier San Telmo. Magnifique barrio où les ruelles nous rappellent la vieille Espagne par endroit, ou de vieux quartiers de Rome. C’est plein de charme, il y a des antiquaires et des artistes partout. Des peintures sur les murs, ici on peint ses peines, ses douleurs, ses cicatrices, on partage aussi ses succès, la vie quoi !

Nous avons déjeuné dans une des plus vieilles brasseries de la ville : El Federal. Les meubles et le comptoir étaient d’origine, 1860 environ, des vieilles publicités d’époque étaient affichées partout. Jusqu’à présent je ne m’étais pas rendu compte à quel point l’histoire pouvait me manquer dans un pays. Nous commençons a comprendre des choses avec ce voyage, nous en discutons souvent avec Aurélie, nos ressentis se perfectionnent… Après l’Australie et la Nouvelle-Zélande qui sont des « bébés pays » comme j’aime les appeler (très peu d’histoire) c’est une vrai bouffée d’air pur que de revenir sur un vieux continent. Dans cette brasserie, les odeurs de vieux bois, de poussière et de bougie m’ont rappelé celles que je respirais en entrant dans la chambre de ma grand-mère. C’est dingue comme les odeurs peuvent nous transporter à travers le temps… L’histoire c’est en fait un sens en soi, une couleur en plus à l’arc-en-ciel.

Mais avant tout, on se rend compte que l’on peut se sentir bien dans un pays parce qu’on y est connecté culturellement. C’est aussi une notion importante à prendre en compte si l’on souhaite s’expatrier avec succès sur du long terme. C’est un peu comme des aimants, on est intuitivement connecté ou non.

Nous, nous aimons la culture latine et je sens que l’on va bien se plaire sur ce continent.

A suivre…

 

 

Bienvenidos en Buenos Aires !

Voilà 2 jours que nous sommes arrivés à Buenos Aires et nous ne sommes toujours pas remis du jetlag. Il faut dire que nous avons pris 16 heures de décalage horaire dans la trombine, ouille ! Ça fait mal. Chaque nuit on se retrouve tous les 4 à regarder le plafond de l’appartement entre 1h et 4h du matin…

Nous sommes partis d’Auckland le 7 janvier à 23H et c’est la première fois que nous remontons le temps puisque nous sommes arrivés à Buenos Aires le même jour après 12h d’avion mais… plus tôt, il était 19h00. Une journée qui en a durée 2 en quelque sorte.

Arrivés à Buenos Aires, nous sommes allés arpenter les quelques rues de notre quartier qui nous fait penser énormément à Barcelone (au quartier des Eixample pour les connaisseurs). Nous nous sommes installés dans un  bon petit restaurant de quartier histoire de nous récompenser de temps d’effort ! 😉 On a tous entendu parler de la viande argentine, « una parilla » enfin « una pariiiicha » comme ils disent ici, les argentins rajoutent des « chhh » partout !

La viande est simplement divine, cuite à la braise, tendre à souhait, un régale ! On l’a dévorée en deux-deux et les enfants qui n’en sont pas de grands fans habituellement l’ont littéralement engloutie ! J’ai même réussit a en rêver l’autre soir ! Du coup on s’est mis d’accord pour y retourner très rapidement.

La première journée nous a permis de découvrir quelques rues de la ville, ainsi qu’un joli parc avec une superbe roseraie, en voici quelques clichés. Nous nous sommes rencontrés à Barcelone et Buenos Aires nous y fait vraiment penser. Même architecture, même azulejos sur le sol, même fond sonore de la ville, même bar a tapas bref, on se sent un peu à la maison ici… Seul chose, je ne sais pas pourquoi, mais Buenos Aires me fait penser un peu à l’Espagne des années fin 80 par moment lorsque je partais en vacances avec ma famille, nostalgie quand tu nous tiens… 😉

 

 

Leleuvia, encore un paradis

 

Avant tout, il fallait que l’on vous parle de cette date du 30 décembre ! C’était l’anniversaire de notre Jules, 9 ans déjà ! Ce jour-là, nous étions sur l’île principale des Fidjis, Viti Levu, en transfert depuis les îles de l’ouest, vers les îles de l’est. Nous avions choisi, pour célébrer l’évènement, un petit hôtel où il y avait une piscine avec un grand toboggan histoire que les enfants puissent y passer une journée d’amusement. Bien entendu, un gros gâteau et quelques petits cadeaux attendaient notre Loulou le soir, lors du dîner, chuuuut…

A la fin du repas, l’orchestre fidjien est venu surprendre Jules, qui ne s’attendait pas du tout à cette surprise. Le pauvre s’était fait une raison en pensant que nous n’avions pas pu organiser quoique ce soit de toute manière, que c’était trop compliqué…  La surprise a donc été totale lorsque le moment est arrivé. Jules était ravi de voir débarquer à notre table l’orchestre, le gâteau et surtout, des cadeaux ! Il s’est mis soudainement à sourire et n’a pas attendu bien longtemps pour ouvrir ses cadeaux, tout excité qu’il était : Une chemise fidjienne (vêtements bien plus gais selon lui que nos traditionnels costumes cravates tout gris ou noir), un petit ballon de rugby et un bracelet fidjien de la part de sa sœur. Le gâteau quant à lui, beaucoup trop gros pour nous 4, finira par être partagé avec toutes les tables alentour, Jules et Jade jouant les serveurs. Bon anniversaire Jules ! 😉

 

Le lendemain matin, après 4h de route, et 45min de bateau, nous débarquions sur la toute petite île de Leleuvia, située fois-ci à l’est de Viti Levu, l’île principale. Nous sommes du côté opposé aux Yasawas Island où nous étions les 2 premières semaines. Le climat devait être différent de la côte ouest: plus humide avec davantage de risques de pluie. Mais c’était sans compter sur nos invocations aux dieux du soleil avant notre arrivée… ça a marché !! Une semaine de rêve, que du beau temps ! Selon les fidjiens qui résident ici, nous avons été chanceux.

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Nous prenons possession de nos cabanes de Robinson, dont le confort sommaire saura nous satisfaire malgré le manque de moustiquaires, au secours les bêbêtes !!

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Qu’avons-nous fait pendant une semaine sur cette petite île dont on fait le tour à pied en moins de trente minutes me direz-vous ?

Nous avons commencé par fêter la nouvelle année comme il se doit ! Pour le réveillon, le staff nous avait préparé un lovo (plat traditionnel que nous avions déjà gouté pour Noël). Un super groupe de musique a mis l’ambiance toute la soirée, puis à minuit, un beau feu d’artifice à éclater sur la plage. Une famille de français nous a invité à partager une petite coupe de champagne avec eux ! Royal ! Les enfants ont bien joué ensemble, ils étaient ravis!!

Par la suite, l’exploration des fonds marins a encore une fois été un de nos passe-temps favori. Il faut dire que se sont peut-être les plus beaux fonds marins que nous ayons vu de notre vie. C’est à chaque fois un spectacle que de plonger dans cette eau cristalline. On n’a quasiment pas besoin de plonger et de porter un masque pour y admirer la faune tellement l’eau est transparente.

Une autre activité que nous avons bien appréciée est le Stand-up paddle. Cela a été une découverte puisque nous n’en avions jamais fait auparavant. Toute la famille a beaucoup apprécié voguer sur cette mer d’huile, au rythme lent de nos coups de pagaies, à admirer du dessus les poissons et les coraux. Tous les jours nous faisions le tour de l’île en famille avec nos paddle board, sauf pour Jules, à bord lui, de son petit canoë 😉 Plutôt sympa !

Une salle de sport en plein air avec quelques poids, matelas, cordes à sauter etc. nous a permis, encore une fois en famille, de faire un peu d’exercice. Ah oui parce qu’on ne vous a pas dit, mais plus ça va plus les enfants sont collés à nous, chers parents !! Ils ne nous lâchent pas un instant, même lorsqu’on veut faire le tour de l’île en amoureux, ils se cachent quelques mètres derrière nous avec leurs copains de jeu et nous espionnent derrière les palmiers. De vrais sangsues ! Ils nous suivent avec leur radeau même quand on essaye de s’échapper en kayak 😉

L’île offre de belles balades le long de son rivage.

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On y fait parfois des rencontres surprenantes ! Un serpent de mer qui peut vous tuer en quelques minutes avec son puissant venin! Dieu merci, il a une bouche tellement petite qu’il ne peut nous mordre qu’entre les doigts. Enfin…. selon une théorie qui n’a jamais été vérifiée!

Les repas étaient aussi une de nos activités favorites sur l’île car la cuisine fidjienne est vraiment très très bonne et très équilibrée : Du poisson quasi tous les jours, Pierre était aux anges, avec des légumes, du taro ou du cassava, souvent accompagnés d’une sauce au lait de coco. Un vrai délice ! Et surtout un pur bonheur après les 3 mois en Australie et NZ, où ¨la malbouffe¨ à l’air d’être un sport national ! Même dans leurs supermarchés ils ne proposaient rien de bon. Aux Fidjis nous avons enfin pu équilibrer nos repas et éliminer nos kilos ¨de mal-bouffe¨…

Une après-midi, nous avons eu la chance d’être invités sur le bateau du propriétaire de l’hôtel, avec sa femme et ses filles. C’était un super divertissement pour les enfants qui rigolaient comme des baleines, tractés par une large bouée, cheveux au vent, ils valdinguaient à toute blinde à l’arrière du bateau. Même Jade qui n’est habituellement pas très téméraire s’est laissée tenter.

Quelques jours de farniente plus tard, le resort nous propose de nous inviter à découvrir une minuscule île déserte nommée ¨honeymoon island¨. Située à quelques miles au nord-ouest de notre resort, l’île est perdue dans l’océan. C’est un petit mont de sable blanc qui sort de l’eau avec, en son centre, quelques palmiers et c’est tout. Entourée par une eau cristalline, elle nous rappelle à tous l’île de nos rêves, celle où l’on s’échoue seul avec nos pensées, loin du monde moderne. Oui ! C’est celle-là, nous l’avons trouvée !

Une heure de plaisir et d’évasion relaxante…

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Le lendemain, Pierre n’a pas pu résister plus longtemps à l’appel de la pêche. Il faut dire qu’un des touriste (néo-zélandais) le faisait saliver chaque jour, en partant tous les matins à bord de son kayak ultra équipé pour une journée de pêche. Le soir venu, le kiwi rentrait en général avec d’énormes poissons qui terminaient souvent dans nos assiettes du soir, miam ! C’est donc l’eau à la bouche que nous avons demandé à l’hôtel de bien vouloir nous organiser quelques heures de pêche en mer. ¨Pas de problème¨ nous répondent-ils. ¨ Départ pour 6h du matin, demain¨ C’est parfait pensons-nous, le sourire aux lèvres, en plus on pourra assister au lever de soleil, pour mon plus grand bonheur cette fois-ci ! Malheureusement, c’était sans compter le ¨Fidji time¨ comme ils disent… 😉 Notre départ sera au final retardé, pour 10h30. Le problème c’est que tous les pêcheurs vous diront que pour attraper du poisson, ça se passe soit tôt le matin ou tard le soir ! Et effectivement, nous n’avons pas dérogé à la règle et peu de poissons sont venus chatouiller nos hameçons. Malgré tout, nous avons réussi à en pécher quelques-uns, de jolis petits poissons que nous avons rejetés en mer tout de suite, des bébés en quelque sorte. C’était quand même bien agréable d’être en mer et les enfants se sont bien amusés.

La particularité aux Fidjis et encore plus présente à Leleuvia, c’est l’atmosphère que génèrent les couleurs du ciel et de l’océan. Les lumières varient constamment dans ces îles et sont chaque jour un plaisir pour les yeux, on ne s’en lasse pas. Nous nous accordons pour dire que ce sont les plus beaux couchers de soleil que nous ayons vu depuis notre départ. La barre était pourtant très haute entre Bali, l’Australie et la Nouvelle Zélande.

Mais ici, ce ne sont pas uniquement des couchers de soleil. Le tableau impressionniste se fait doucement et commence par des couleurs froides teintées de verts et de bleus et puis l’Artiste décide soudainement de tout chambouler et de changer sa palette de couleurs. Les teintes chaudes viennent alors émerger, l’orange et le rose viennent se mêler au bleu. On se dit que c’est grandiose et que le tableau touche à son apothéose, mais pas du tout. Les pigments ne cessent d’évoluer encore et les violets, le pourpre, le jaune vif s’invitent à l’œuvre. C’est un tableau dont les teintes sont en mouvement perpétuel. C’est comme si Monet, Van Gogh et Turner s’étaient réunis pour mélanger leurs palettes en un ¨happening¨ géant ! (Vous savez ces œuvre-d’arts qui se font en direct), formant ainsi une œuvre inédite ou les couleurs de l’impressionnisme viennent se mêler avec celles du fauvisme ou de la période romantique. C’est ça les couchers de soleil ici, des ¨happening¨ où l’océan, le ciel et la lumière jouent aux artistes.

Alors quand le crépuscule arrive à pas de velours, doucement sans prévenir, nous attendons le signal de la lumière changeante pour venir nous glisser sur un hamac ou un transat et admirer le show, des couleurs plein les yeux.

Cette semaine à Leleuvia a vraiment été enchanteresse et nos 3 semaines aux Fidjis une bouffée de sérénité incomparable. Le temps s’est vraiment arrêté dans ces îles et c’est avec un pincement au cœur que nous quittons ce merveilleux pays et ses habitants, les fidjiens qui sont certainement les personnes les plus gentilles que nous ayons rencontrées jusqu’à présent. C’est aussi un pincement au cœur parce que nous savons qu’il y a peu de chance pour que nous revenions un jour ici. Et oui, Il faut environ 27 heures pour venir au Fidji depuis la France et les billets d’avion sont donc très chers. S’ajoute à cela que la vie sur place est aussi onéreuse qu’en France et vous obtiendrez une destination où il faut beaucoup de temps et d’argent. Les seuls européens que nous y avons croisés ici, sont résidents ou bien sont en mode ¨tour du monde¨ comme nous (moins onéreux depuis la Nouvelle Zélande). Une destination exceptionnelle en quelque sorte pour un européen, et nous en savourons d’ailleurs notre chance en conséquence bien-entendu.

Moce Fiji ! Demain nous partons pour une escale à Auckland qui nous emmènera ensuite à la découverte d’un nouveau continent : L’Amérique du sud.

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On vous dit donc à bientôt, à Buenos Aires, en Argentine.

 

Grosses bises.

D’île en île, une merveilleuse idylle…

Voici 2 semaines que nous sommes aux Fidjis maintenant et les effets commencent à se faire ressentir. On se surprend à ¨traîner la savate¨ comme on dit, nonchalamment, du matin au soir sans se soucier du temps, sans programme, sans objectif. On se pose là, au gré de nos envies, sur un rocher pour y admirer les teintes de l’océan, ou bien là-bas pour y pêcher avec une canne de fortune. L’air est chaud, certains se rafraîchissent en pataugeant dans l’eau à la découverte des fonds marins, d’autres se prélassent comme des lézards sur la plage, un livre à la main.

Le temps s’écoule doucement, on aimerait arrêter le sablier, qu’est-ce qu’on est bien sur notre île perdue au milieu de l’océan, bercés par le rythme du ressac des vagues sur la plage.

La baie d’Oarsman, c’est ici que nous sommes venus nous échouer pour notre deuxième île au Fiji. Elle s’appelle Nacula et présente une baie magnifique, de sable blanc avec de grandes collines vertes en arrière-plan et d’autres îles au loin juste en face de nous, encore un petit paradis sur terre. A notre arrivée, les guitares et les chants nous ont accueilli comme le veut la tradition fidjienne et c’est avec enchantement que nous avons découvert notre nouveau logement : une petite cabane bleue, en bois, posée au bord de la plage.

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L’intérieur est sommaire, 1 lit deux place, deux lits superposés, un évier et une douche. Simple, sans fioriture mais on l’adore déjà. Nous sommes les Robinson Crusoé échoués au paradis, loin du confort de la vie moderne.

Le soir arrivé,  le coucher de soleil nous offrira un incroyable spectacle. Un des  plus beaux que nous ayons vus jusqu’à présent tellement la palette de couleurs y étaient varié. Un des meilleurs moments de la journée.

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Le lendemain, sans plus attendre, nous décidons d’aller découvrir les fonds marins. L’eau est cristalline comme jamais et les coraux, des merveilles. Nous nous laissons dérivés au gré de nos découvertes subaquatiques. Un peu plus tard, c’est seul que je poursuivrais ma randonnée aquatique, la famille ayant décidé de retourner sur la plage. Sur le chemin du retour, mes yeux croient apercevoir une longue silhouette immobile tapie dans la pénombre d’une plateforme flottante. Je m’approche pour y voir plus clair. Au-dessus des baigneurs se prélassent au soleil sur le radeau flottant., en-dessous, à 2 mètres de profondeur sous leurs pieds se tient près du fond un barracuda énorme ! Le prédateur m’impressionne, il fait environ 1m40 de long (une chose certaine, il est plus grand que Jules !) et est aussi large qu’un thon ! Je n’avais encore jamais rencontré un barracuda aussi gros. Mon regard croisera 1 fois ses grands yeux ronds et il ne m’en fallut pas plus pour qu’un frisson vienne me parcourir l’échine et me dicter instinctivement de reculer. La bête m’impressionne et pourtant j’ai quelques plongées à mon actif depuis le temps. Elle se met alors à onduler doucement avec l’assurance et la désinvolture de celui qui se trouve en haut de la chaîne alimentaire. Moins d’une minute plus tard la bête avait disparu dans le bleu intense des profondeurs. Je me dis alors que les baigneurs sur la plateforme ne seraient pas restés bien longtemps s’ils avaient su qu’un tel prédateur se tapissait dans l’ombre, juste sous leurs pieds… Grrrr.

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Le lendemain matin, nous avions décidé d’aller faire une petite randonnée sur les collines derrière nous, un couple d’anglais nous en avait fait l’éloge la veille. Parés de nos casquettes, et de nos appareils photo nous étions décidés pour partir à la découverte des collines alentour.  Nous longerons plusieurs crêtes et traverserons plusieurs collines aussi, toutes dénuées d’arbre, elles en étaient pour autant pas moins vertes. Au bout d’une heure environ, l’horizon se dégagera devant nous et le spectacle qui s’offrira à nos yeux restera longtemps gravé dans nos mémoires.

En contrebas, l’océan prend des teintes de bleus et de verts incroyables et au loin de nombreuses îles et atolls flottent à sa surface comme des nénuphars géants sur l’eau. On prend le temps de savourer, ce n’est pas de si peu que l’on reverra un paysage comme celui-ci !

C’est dans des moments comme celui-là que notre tour du monde prend aussi tout son sens. Devant d’aussi belles découvertes on a envie de dire merci tout simplement. Parce qu’on se sent tout petit devant autant de beauté. Cela fait 6 mois maintenant que nous arpentons les routes du globe et que les paysages magnifiques se succèdent les uns après les autres. C’est à chaque fois une sensation forte de découvrir de si beaux paysages, un cadeau magnifique. C’est un peu comme lorsqu’on est devant un spectacle ou une peinture qui nous impressionne, on est là, subjugués par un savoir-faire hors-pair qui nous impressionne. Ou bien lorsque l’on quitte des amis après une belle soirée et que l’on se sent léger, heureux d’avoir partagé un bon moment ensemble, on s’étreint pour se remercier, on s’embrasse tendrement. C’est un peu pareil ici, sauf que l’on n’a personne à remercier en face de nous. L’envie elle, est pourtant bien présente, on a envie de dire mille fois merci, on a envie même de le crier haut et fort !

Mais à bien y réfléchir, nous avons quelqu’un à remercier pour tout ce que nous découvrons. Si, si… Alors tant pis, quitte à paraître un peu ¨bizarre¨ je voudrais dire merci à notre chère planète pour tout ce qu’elle nous offre depuis notre départ. Lui dire merci pour le spectacle, lui dire merci pour sa générosité créative et lui dire merci de nous accueillir, nous les hommes souvent malhabiles avec elle. Nous sommes après tout, tous constitués de la même matière issue des étoiles alors peut-être y-a-t-il un moyen pour que Dame nature m’entende, d’une manière ou d’une autre qui sait. Alors même si notre voyage n’est pas encore terminé je voudrais la saluer et lui crier du haut du sommet de cette colline perdue dans l’océan : « Merci pour le spectacle Madame ! »

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