La Paz, en Basse Californie, on revit !

Le poisson d’avril aura le goût du guacamole cette année pour nous.

Il est 7H30 du matin et les roues de notre avion viennent enfin de toucher le tarmac de l’aéroport de la Paz en Basse Californie. Partis la veille depuis Lima, nous sommes arrivés à Mexico à 1h00 du matin pour ensuite enchainer avec un autre vol à 6h00 du matin.

Mexico à l’aéroport et à travers le hublot.

Fatigués par le manque de sommeil mais tellement heureux d’être ici ! La Baja California fait partie des destinations que j’avais pointées dès le départ, cette péninsule désertique est un petit bijou et un vrai havre de paix selon les dires. C’est l’un des derniers paradis écologiques de la planète. Cette langue de terre entre la Mer de Cortès et l’océan Pacifique regorge de paysages magnifiques et sa faune et sa flore marine y sont exceptionnelles selon la légende. De nombreuses îles de la Basse Californie sont d’ailleurs inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco et le Commandant Cousteau, dont j’étais un fan inconditionnel étant petit, a d’ailleurs nommé cet endroit ¨l’aquarium du monde¨.

Vue depuis notre hublot en arrivant à La Paz en Basse Californie.

carte-des-villes-de-mexique

Ça y est nous y sommes ! A notre arrivée, les premiers rayons du soleil viennent nous accueillir sur le fil de l’horizon, de leurs lumière chaudes si spécifiques à la Californie. Des éclats lumineux scintillent entre les lamelles des feuilles des palmiers, nous nous glissons dans un taxi, les rues sont désertes, la ville dort encore et la radio diffuse le fameux tube des Eagles : ¨Hotel California ¨. L’atmosphère prend des couleurs dorées, l’air est léger, on se sent merveilleusement bien. Au loin, la Mer de Cortès joue à cache-cache avec les perspectives furtives qui défilent entre les maisonnettes colorées. On ne peut s’empêcher de noter immédiatement le calme et la sérénité qui règnent ici en comparaison de l’agitation des villes sud-américaines.  Les rues sont aussi soudainement plus propres, le brouhaha de la jungle urbaine a cessé pour laisser place à la tranquillité et à l’organisation. Première surprise, lorsqu’on descend du taxi et que l’on traverse la route, les voitures s’arrêtent ! Wahouuu ! On redécouvre le sens civique et ça fait du bien 😉

DSC04074

On sent tout de suite que l’endroit va être magique et que l’on va bien s’amuser ici, d’autant plus qu’une jolie rencontre nous attend ici, à La Paz. Rebecca, l’amie québécoise d’Aurélie est venue nous rejoindre pour passer 10 jours avec nous. C’est vraiment chouette de sa part d’être venue à notre rencontre, la dernière fois que nous nous étions vus c’était il y a 8 ans déjà, chez nous à Fayence. Rebecca est venue cette fois ci avec sa fille Elia, et son tout dernier, Léonard. Les enfants vont enfin avoir des copains pour s’amuser. 😉

IMG_2866

C’est autour d’un bon petit déjeuner sur la terrasse d’un joli B&B que nous déciderons de passer la majeure partie de la matinée à essayer de rattraper les années perdues et à échanger sur nos dernières expériences de voyages. Un peu plus tard dans la journée, nos bagages enfin jetés dans notre B&B, nous déciderons d’aller visiter le centre-ville coloré de La Paz, histoire de sentir un peu cette atmosphère mexicaine du bord de la Mer de Cortès.

DSC04085

Le lendemain, l’appel des sirènes était trop fort et nous sommes partis nous échouer sur une des plus belles plages du Mexique:  Playa Balandra.

Attention, je préfère vous prévenir, mettez vos lunettes parce que ça fait mal aux yeux ! 😉

Capture d’écran 2018-04-03 à 22.02.33

2 heures plus tard, la faim se faisant sentir, nous décidons de rejoindre une autre plage toute aussi belle, à 2 kilomètres de là pour y trouver un restaurant.

  • ¨On ne va pas y aller à pied !¨ nous dit Rebecca.
  • ¨Bougez pas, j’m’en r’viens¨ nous dit-elle, 😉

La voilà partie armée de son charme (et de son accent… québécois 😉 ) tout naturel, a l’assaut d’une voiture qui veuille bien nous emmener vers l’autre plage.

Je vous laisse imaginer ¨le parler espagnol ¨ avec l’accent québécois 😉 En tout cas, elle n’aura pas mis plus de 2 minutes avant de négocier l’affaire. Hé hop ! Nous voilà tous embarqués dans un vieux 4×4 Toyota, serrés sur la banquette arrière comme des sardines.

Le mexicain au volant est super sympa et nous propose de nous emmener dans son restaurant. A l’arrivée sur la plage, les ¨whaouuu¨ pleuvent ! L’endroit est magique, l’eau est transparente et le restaurant est divin. Poisson et crevettes grillées, frais comme jamais, les pieds dans le sable, on est dans le jardin d’Eden et ça fait du bien !

La basse Californie a déjà des airs de paradis et nous en sommes seulement à notre deuxième jour…

Voici quelques images des films de Jules en drone, le wi-fi ne nous permettant pas d’uploader les vidéos.

Capture d’écran 2018-04-03 à 22.04.54

Capture d’écran 2018-04-03 à 22.01.07Capture d’écran 2018-04-03 à 22.03.28

Capture d’écran 2018-04-03 à 22.03.43A très bientôt !

 

 

 

Dernière semaine au Pérou en demi-teinte…

Notre séjour au Pérou se termine sur une semaine en demi-teinte…

Paracas dans le rétroviseur, nous voilà arrivés à Lima au bout de 4 heures de bus. De là nous nous sommes rendus à l’aéroport pour y louer une voiture cette fois-ci car nous avions hâte de continuer notre périple en toute liberté sur la côte pacifique nord mais aussi hâte d’en finir avec les trajets de bus 😉 L’envie de rouler sur le bord de l’océan avec le soleil qui brûle continuait de nous séduire après ces mois passés en montagne à crapahuter.

Ralentir, farniente c’est aussi ce que l’on commence à ressentir un peu maintenant. A la façon des coureurs, nos derniers kilomètres commencent à être éprouvants physiquement. Un tour du monde c’est quelque chose d’intensif et on en mesure aujourd’hui l’effort. Pour que vous puissiez mieux comprendre, voici quelques chiffres : Cela fait 277 jours (9 mois) que nous sommes partis et nous avons effectué plus de 150 étapes. Ce qui se traduit par moins de 2 jours passés sur un même lieu en moyenne ! C’est quand même un rythme soutenu.

Alors, nous avions envie d’un peu de cruising¨ cool sur la côte péruvienne, et aux dires des différents blogs que nous avions lus, l’idée paraissait plutôt séduisante.

Notre objectif était donc de remonter la côte nord depuis Lima jusqu’à Trujillo, à 600km de la capitale, tranquillement sur 6 jours afin d’apprécier les couchers de soleil et les embruns de l’océan.

Malheureusement, ce n’était sans compter notre mésaventure dans le dernier restaurant de Paracas où nous avons été intoxiqués avec un riz aux fruits de mer (arroz con mariscos) J’ai commencé à être barbouillé sur la route vers 18H00, puis s’en sont suivis des spasmes de plus en plus forts dans l’estomac. A notre arrivée à Huacho, notre première ville-étape sans intérêt, je me tordais littéralement de douleur sur le siège de l’auto. C’est un peu plus tard qu’Aurélie a, à son tour commencé à présenter les mêmes symptômes, le « arroz con mariscos » que nous avions partagé nous aura été fatal. Il fallait bien que ça nous arrive un jour me diriez-vous !

N’en pouvant plus, nous finirons par nous installer rapidement dans le premier hôtel rencontré, ce qui n’est jamais une bonne idée en soi… La règle sera confirmée, et notre chambre d’hôtel se verra affublée d’une place de choix sur le podium des hôtels les plus miteux que nous ayons fait dans notre tdm. De mon côté, me sentant de plus en plus mal, je décide de rester seul dans mon lit pendant qu’Aurélie emmène les enfants diner (je n’aime pas les laisser seuls, mais je ne peux même plus marcher). Comme disait Chirac : ¨les emmerdes volent toujours en escadrille¨ et ce soir elles sont au-dessus de notre tête ! Ils n’auront rien trouvé de mieux qu’un restaurant ayant l’air bien miteux lui aussi et préfèreront se contenter d’une assiette de frites plutôt que de risquer une nouvelle intoxication.

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, tout le monde à l’air d’aller un peu mieux, mais nous sommes quand même bien fatigués. Nous repartons, toujours en direction du nord pour une étape à Playa Tortugas, une très jolie baie apparemment, selon plusieurs blogs. Après 3h de route, nous y sommes et là…. Petite déception. La plage paradisiaque n’est pas là du tout, il s’agit d’une grande baie dans un paysage désertique, il n’y a pas vraiment de village, et comme nous sommes hors saison la plupart des restaurants (enfin si on peut appeler ça des restaurants) sont fermés. L’ambiance est un peu sinistre et l’endroit a des airs de ville-fantôme. Nous trouverons quand même de quoi passer la nuit dans un petit hostal pas terrible non plus (salle de bains année 50 environ), mais qui a le mérite d’avoir une terrasse avec transats offrant une très belle vue sur la baie. Nous y passerons l’après-midi à bouquiner, nous reposer, les enfants joueront aux restaurateurs pendant que nous profiterons d’un joli coucher de soleil. En revanche, les spasmes reviendront me tarauder les viscères encore une fois en fin d‘après-midi jusqu’à devenir insupportable à la tombée de la nuit, ce qui me vaudra une petite syncope suite a des vomissements pour couronner le tout.

IMG_2736

 

Le lendemain matin, nous sommes bien contents de repartir de cette playa Tortugas où même les tortues se sont ¨fait la malle¨ d’ailleurs…

Nous arrivons à Huanchaco, 300 km plus loin, après avoir traversé de beaux paysages où les montagnes jouent les géants aux pieds de sables sur les rivages de l’océan. Malheureusement, ces géants ont tout de suite perdu de leur charme à la vu de ce qui gît comme détritus à leurs pieds. C’est juste une abomination de voir de si beaux paysages gâchés par la stupidité de l’homme ! Tout au long de notre route, le dilemme dans notre regard était de mise, un horizon sublime et des bords de routes horribles. Nous avions l’impression de traverser des déchetteries, et le mot n’est pas exagéré puisque des gaz fumant se dégageaient par endroit ! Ces routes dans le désert péruvien sont jonchées de sacs plastiques et autres détritus sur des centaines de kilomètres. L’écœurement visuel n’a eu d’égal que la colère et le mépris que j’ai pu ressentir pour cette société irresponsable et malade. Il est vrai que nous nous sommes aperçus pendant notre tour du monde que malheureusement le traitement des déchets était en fait uniquement un problème de pays riches, les pauvres étant focalisé premier lieu sur les besoins de survie avant tout. Le sujet mérite du temps pour être expliquer en détail, mais c’est un fait.

AMS Perou25Malheureusement, c’est aussi ça le Pérou.

Cependant, le Pérou n’a aucune excuse, même si la pauvreté y est encore présente, le pays n’est pas pauvre du tout mais l’éducation, ELLE, y est pauvre et c’est juste révoltant ! Nous avons d’ailleurs vu des gens qui roulaient devant nous dans un 4×4 de luxe, jeter des cannettes de bière et autres déchets par la fenêtre devant notre nez ! Là, on se dit que cette société est bien malade et qu’il y a un problème d’éducation notoire. C’est d’ailleurs un dénominateur commun à pas mal de pays de l’Amérique du sud je trouve. Un manque de sens civisme notoire (très individualiste) et d’éducation. L’inverse complet des pays anglo-saxon d’Océanie comme l’Australie et la Nouvelle Zélande, mais chez eux c’est la diversité qui fait le plus défaut (monoculture). On ne peut pas tout a avoir ! Cependant, c’est là que je me dis que l’Europe propose une bonne balance à tout cela et que nous oublions trop souvent de nous en réjouir et dans être fiers surtout.

Notre aventure se poursuit, nous voilà à Trujillo, petite station balnéaire où nous nous avions prévu de passer 3 nuits pour profiter de la plage.

L’arrivée nous déçoit à nouveau. La baie est sympa mais la plage est presque inexistante. Nous prenons une chambre avec vue sur la mer. C’est un peu mieux cette fois-ci mais il n’y a pas de charme. On se sent un peu pris au piège dans un lieu sans intérêt si ce n’est son site archéologique de Chan Chan, la plus grande cité sud-américaine construite en adobe. Construite par la civilisation des Chimú, la cité a été construite entre 850 et 1470 ap. JC. Elle fut une capitale impériale jusqu’à la conquête par les Incas au XVe siècle. On y fera une visite guidée très intéressante d’un des nombreux palais du site. On y trouve un labyrinthe de ruelles et de hautes murailles, sur lesquelles sont gravées des décorations toujours en adobe. On peut y observer des représentations réalistes de poissons, oiseaux, et mammifères.

Nous y resterons 2 nuits finalement et décideront de faire le chemin du retour d’un trait vers Lima, afin d’effacer notre déception en trouvant un logement sympa et quelques restaurants de choix dont on avait entendu parler. Il faut dire que l’on s’est très rarement fait plaisir sur la nourriture et là, après nos journées à ne rien pouvoir avaler, le fromage, le vin, la bonne viande, les bons plats commencent à danser comme des muses dans nos esprits, nous en sentons presque les odeurs…

Après nous être concertés, on décide donc de mettre les voiles, 8h de route nous attendent. Malheureusement au réveil c’est au tour de Jules d’être malade. L’avant-veille nous avions rendu visite à un médecin du coin car il a une toux grasse qui dure depuis plus de 10 jours et qui ne passe pas. Un sirop lui a été prescrit, qui lui a certes arrêté cette toux incessante la nuit, mais lui a procuré des vomissements et des nausées tout le long du trajet. A l’arrivée à Lima, vers 20h dans notre appartement, il s’est littéralement jeté dans son lit, épuisé par sa journée.

Encore très faible au réveil, heureusement le petit déjeuner l’aura requinqué un peu, et ses 2 jours à Lima, à se reposer à l’appartement, auront été profitable à tout le monde. Et puis finalement les bons restos ce sera pour une prochaine fois…

Mais ce qui nous remonte le moral avant tout, c’est le bon diner de retour commandé auprès de maman : salade, gratin dauphinois, et gigot de 7h, accompagné d’un bon vin rouge et de fromages bien entendu !

Vous l’aurez compris, notre magnifique bouffe française commence à nous manquer sérieusement, au point de rêver en familles de ce que l’on va pouvoir manger en rentrant.

 

Paracas, sa réserve et ses îles

La péninsule désertique de Paracas est située à 200 kilomètres au sud de Lima sur la côte pacifique. C’est une chance encore une fois, de découvrir un paysage unique en son genre après nos centaines d’étapes autour du globe. L’endroit présente une singularité rare sur la planète, ici le désert rencontre la mer, la vie d’un côté, la mort de l’autre, une dualité magnifique entre deux éléments fondamentaux : l’eau et la terre.

Une bataille sans fin, qui a duré pendant des millénaires et qui a fini par éroder le visage de notre vieille planète de failles et de crevasses, un peu comme la peau d’un vieux pêcheur burinée par le soleil. C’est étrange, mais ici on ressent le temps qui passe comme nulle part ailleurs, je ne saurais comment l’expliquer…

Il paraît qu’il pleut une fois tous les dix ans sur cette péninsule, ce qui explique pourquoi nous ne trouvons pas la moindre trace végétale jusqu’à perte de vue. L’eau, la terre et rien d’autre, un paysage d’une beauté brute qui vous emporte littéralement.

Quelques lignes d’histoire maintenant. Paracas abritait, entre 800 av. J-C et 200 apr. JC, une des premières civilisations précolombiennes du même nom. On se prend alors à imaginer leur vie dans ce désert hostile, cette civilisation pratiquait le tissage (laine et coton) ainsi que la poterie. Elle pratiquait également la déformation crânienne par allongement dans un but esthétique, ainsi que la trépanation rituelle. Après l’an 200, la civilisation de Paracas se fond dans celle de Nazca.

Nous sommes restés 3 nuits sur cette Péninsule, profitant aussi du bien-être de cette petite station balnéaire au bord de l’océan. La nuit venue, les restaurants et autres marchands ambulants viennent éclairer la promenade du bord de mer un peu à la manière de nos villes de méditerranées à ceci près que nous avons l’impression d’être dans les années 50 plutôt qu’en 2018. 😉

Ce séjour nous aura aussi donner l’occasion de visiter les îles Ballestas qui sont un refuge naturel pour les oiseaux (entre 7 et 8 millions d’oiseaux !), lions de mers et manchots d’Humboldt. Un peu trop touristique à notre goût, la ballade n’en fut pas moins agréable. En chemin nous avons pu admirer le non moins célèbre Chandelier de Paracas !

DSC03787

Le seul géoglyphe au monde qui a été fait pour être vu depuis la mer contrairement aux lignes de Nasca qui ont été faites pour être vues depuis les airs. Ce géoglyphe à flanc de colline fait environ 180 m de haut sur 70 m de large et a été daté d’environ -200 av JC. Les auteurs du géoglyphe, leur époque et leurs motifs restent inconnus. Plusieurs hypothèses, au sérieux divers, ont toutefois été avancées. Selon l’une des hypothèses, le géoglyphe serait la représentation d’un trident ou du bâton de Viracocha, dieu de la mythologie inca et pré-inca. Certains y voient une stramoine, une plante hallucinogène (qui servait pour endormir le sujet lors de la trépanation). Pour d’autres encore, il s’agirait du motif de l’arbre-monde mésoaméricain. Une autre hypothèse populaire en fait aussi un amer creusé à l’époque des pirates. Et puis bien sûr, il y a la piste des extra-terrestres…

A notre arrivée sur les îles Ballestas, le spectacle a été au rendez-vous, nous n’avions encore jamais vu une île avec autant d’oiseaux, c’est simple, on ne pouvait même plus discerner la roche par endroit tellement il y avait d’oiseaux !  Nous avons eu la chance de croiser des manchots et avons terminé notre ballade sur la plage de reproduction des lions de mer. C’était assez impressionnant d’entendre leur beuglement grave qui raisonnait dans cette plage en forme de cirque.

Voici quelques vidéos depuis le drone de Jules qui offrent toujours un point de vu spectaculaire.

La loutte à sa manière, a voulu aussi faire un petit film… 😉

Et pour finir en beauté ce poste, je vous rajoute comme promis, les séquences quad et buggy dans le désert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu de fun dans le désert!

Changement radical de décor pour ces 2 derniers jours. Nous y voilà, nous sommes enfin redescendus au niveau de la mer, enfin de l’océan Pacifique. Ce n’est pas que les paysages des Andes nous aient déplus, loin de là, mais 1 mois et demi au-dessus de 3000 mètres ça fatigue quand même pas mal.

Alors nous apprécions la redescente et quelle redescente ! Nous nous trouvons maintenant dans le désert d’Ica sur la côte sud du Pérou et avons élu domicile dans un petit oasis. On a l’impression d’être au Maroc cette fois-ci, décidément le Pérou est un pays surprenant de variété.

DSC03543

DSC03588

Aaaah, l’oasis, c’est un peu le rêve de tout le monde non ? Une île paisible, perdue dans le désert au milieu des dunes, aucun bruit à l’horizon, soleil couchant sur le sable chaud et nuit étoilée magique… Stop, stop ! Arrêt sur image. On rembobine le film et on reprend…La caméra filme en traveling avant sur les dunes jusqu’au sommet de l’une d’entre elle où l’on aperçoit une oasis paisible en contre-bas. Et là, le plan est soudainement coupé par un buggy qui surgit du sommet de la dune dans un vacarme d’enfer, genre Mad Max ! Yeaaah ! Waouuuuh ! Les personnes à bord du buggy hurlent d’excitation, l’engin file à toute allure en balançant des gerbes de sable derrière lui et plonge à vitesse folle dans la vallée de sable. Puis la caméra redescend vers l’oasis doucement, un fond sonore au beat électronique frénétique vient titiller nos oreilles, la caméra continue d’avancer, nous sommes maintenant au-dessus d’un hôtel à côté de l’oasis, le vacarme que certains appellent de la musique devient maintenant abrutissant. Piscine, alcool, crème solaire, accent fort américain, ¨Zic boum ! zic boum ! zic boum ! ¨ Coupez la caméra, coupez !

C’est quoi ce bordel ! Où est le réalisateur qui a écrit ce scénario de m… ! Allez me chercher Lawrence d’Arabie, faites-le revenir s’il vous plaît ! Ce n’est pas ce que j’imaginais moi…

Oui, je sais vous allez dire que j’ai vieilli. Certes, mais je n’ai jamais aimé ce genre d’endroit, même plus jeune. Bon, ok j’avoue je suis allé 1 fois au Cap D’Agde a 17 ans avec mes potes, mais bon ce n’était pas pareil… 😉

Ce n’est pas que l’endroit soit moche, mais c’est juste que ce n’est pas ce à quoi on s’attendait. Alors voilà, nous avons passé une nuit ici dans ce drôle d’endroit trop bruyant pour nous, mais on a quand même réussi à s’amuser un peu avec les sports mécaniques. Ça n’a pas empêché Pierre de trouver un petit coin de calme pour une sieste! hihi (heu là, elle vient de me prendre en douce le clavier la coquine…;-)

DSC03520

Nous avons loué des quads dans le désert et on s’est vraiment bien amusés. Voir la bouille de Jules et de Jade seuls sur le quad, c’était juste énorme. Jade était littéralement en transe sur le quad, à notre grande surprise, une vraie dingo avec la manette des gaz ! 😉 Malheureusement le wi-fi trop faible encore une fois, ne nous permet pas de vous mettre les vidéos. On essaiera plus tard, parce que ça vaut le détour…

Ensuite, on a enchaîné directement avec une balade de l’extrême en buggy. Bon, j’avoue que le 8 cylindres, 8 litres à échappement libre, ça fait énormément de bruit aussi. Mais c’est pas pareil, ça file des frissons ! On a vraiment aimé et les enfants en redemandaient encore et encore.

DSC03544

On a eu droit aussi à une petite pause pour s’adonner aux joies de la glisse…sur sable! très amusant aussi.

Alors voilà quelques images de cette drôle d’expérience que nous avons eu dans le désert d’Ica, loin des images préconçues…

DSC03606

Arequipa et son couvent

Nous quittons Cusco pour Arequipa avec un bus de nuit! 5h50 du matin nous arrivons au terminal d’Arequipa encore ensommeillés après une nuit plus que médiocre.

Quelques minutes plus tard le taxi nous dépose devant notre petit hôtel, tout proche de la plaza de Armas. Cette fois-ci nous devrons attendre 9h pour récupérer notre chambre. C’est donc dans le canapé d’un petit salon de l’hôtel que Jade finira sa nuit et que nous patienterons un peu pour attendre l’ouverture des cafés. 8h, nous partons à la recherche d’un bon petit déj’ sur la plaza de armas, à notre grande surprise nous serons accueillis par un défilé de militaires, policiers et écoliers ! Décidément notre voyage autour du monde commence a être connu dans le monde entier ! 😉

… Un dimanche traditionnel à Arequipa apparemment.

Arequipa, la ville blanche est la deuxième ville la plus peuplée du Pérou après Lima sa capitale. Située à 2335 m d’altitude, entre les volcans Misti, Chachani et Pichu Pichu, elle est moins connue que Cusco, mais a un charme incontestable.

DSC03456

La plupart des voyageurs se rendent jusqu’à Arequipa pour visiter le couvent Santa Catalina. Ce majestueux couvent de 2 hectares a été édifié en 1579 et accueillait au fil des siècles jusqu’à 450 religieuses. Une vrai ville dans la ville!

Aujourd’hui, la majeure partie de ce bel ensemble est réservé aux visites touristiques, mais une partie reste encore préservée du monde extérieur puisque les sœurs actuelles y vivent au quotidien.

Les sœurs autrefois vivaient ici recluses et coupées du monde, après avoir fait don d’une dot élevée au monastère qu’elles recevaient de la part de leur famille.

DSC03485

DSC03427

Cet isolement, afin de se consacrer à la religion, était perçu comme une fierté de la part des familles des sœurs. C’est pourquoi, quand ils en avaient les moyens, les parents envoyaient leurs filles au couvent à partir de 12 ans. A Santa Catalina, ces dernières bénéficiaient d’installations des plus confortables, avec chacune leur propre appartement, ou bien vivaient à 2 ou 3 religieuses maximum. Les appartements étaient spacieux et disposaient tous d’une cuisine individuelle ainsi que d’une pièce pour loger les servantes dont chacune disposait. Les religieuses n’ayant pas le droit de sortir du couvent, c’étaient les servantes qui allaient au marché, et sortaient faire les courses nécessaires. Les religieuses, elles, avaient le droit de communiquer avec leurs familles ou autres personnes de l’extérieur par le biais d’un parloir (comme dirait Jules « C’est comme la prison ici »).

En 1970, une nouvelle règle du Pape lui-même, interdit alors le confort, elles n’avaient donc plus le droit aux servantes, ni aux appartements privées. A partir de ce moment-là, les religieuses dormaient dans un dortoir commun et prenaient leurs repas dans un grand réfectoire, où la mère supérieure, installée au fond était servie la dernière.

Voici leur dortoir (converti aujourd’hui en une galerie), ainsi que leur réfectoire commun:

Ici le silence s’impose, la visite est super agréable, les ruelles sont toutes plus belles les unes que les autres, très colorées et joliment fleuries. On se sent vraiment à une autre époque.

Arequipa est une ville agréable, avec un centre historique assez calme car de nombreuses rues sont piétonnes. On y trouve, au détour de nos balades, de superbes cloîtres, ou autres patios, des bâtiments de style andalou très travaillés, on ne s’en lasse pas.

On ne manquera pas de faire notre traditionnel tour au marché, situé lui dans un quartier plus populaire, qui s’avère aussi très joli, bien ordonné et très propre!

Une étape de 3 jours très plaisante et bien reposante! Départ ce soir pour une nouvelle nuit de bus, direction Ica !

 

Cusco. Nombril du monde !

Cuzco, c’est LA ville incontournable du Pérou, tout le monde vous le dira. Dès notre arrivée, nous nous y sommes sentis bien, les ruelles sinueuses nous ont immédiatement rappelé l’Andalousie et ses villages aux murs blancs cabossés où dégoulinent des bougainvilliers géants aux pétales violets ou fushias. On est à Córdoba où Granada par moment, c’est une sensation étrange d’être sous l’équateur et en Espagne en même temps.

Le charme de la ville prend ensuite toute son ampleur lorsque nous découvrons la magnifique place centrale (Plaza de Armas) de Cusco où se dresse majestueusement sa cathédrale de briques rouges. Les jolies arcades qui entourent une partie de la place à la manière d’un cloître sont aussi là pour témoigner d’un passé où le royaume d’Espagne était tout puissant. Cette place est tellement belle que nous nous y arrêterons un moment pour pouvoir en apprécier les détails de son architecture. Les conquistadors n’ont pas fait que de vilaines choses en Amérique du sud.

DSC03087

Une vraie sorcière rencontrée dans la rue, sur les abords du marché de San Pedro. Aurélie un peu trop curieuse, s’est d’ailleurs faite ¨envoyer bouler !¨ (regardez les ingrédients, il y avait aussi des serpents)

DSC02331

Heureusement les policières sont là !…

Ensuite, on se rend compte au cours de notre balade que ces belles bâtisses espagnoles ont toutes été construites sur des murs originels incas en pierre grises, ce qui est unique au monde et a pour plus bel effet de produire une architecture hybride : Inca / Espagnol.

DSC02268

Cherchez pas les enfants, rien ne passe entre les pierres !

Cusco est un petit joyau en son genre, puisqu’elle n’est pas seulement la capitale de l’Empire Inca, le Tahuantinsuyo, le nombril du monde comme ils disaient, c’est aussi la capitale archéologique de l’Amérique, le cœur de la Vallée Sacrée des Incas, une cité qui offre une quantité incroyable de trésors aux touristes venus du monde entier. D’ailleurs, Cuzco, ou Cusco, a été déclarée Patrimoine Culturel de l’Humanité par l’UNESCO.
Vous l’aurez compris, on a vraiment adoré cette ville qui renferme à elle toute seule l’histoire légendaire du Pérou, depuis sa fondation jusqu’à sa colonisation par les conquistadors espagnols.

Au final, nous sommes restés plus longtemps que prévu à Cusco car cela faisait un petit moment que ce continent ne nous avait pas offert une ville où l’on se sentait aussi bien, la dernière étant Valparaiso au Chili.

Dans le centre de Cusco, nous avons eu la chance de visiter le mystérieux temple du soleil Qorikancha avec un très bon guide : El Professor Dino, comme on l’appelle ici. A la fois professeur d’histoire et archéologue à l’Université, Dino a aussi travaillé avec le National Geographic sur les explications de ce temple du soleil. Et cerise sur le gâteau, il parlait un très bon français en plus d’être complètement habité par ce qu’il nous racontait. Les enfants n’en n’ont pas raté une miette, il faut dire que Dino avait avec lui tout un album de photos qu’il avait lui-même prises, au moment des solstices et des équinoxes, afin de montrer en détail le fonctionnement du temple. C’était vraiment bien, tellement bien, que nous lui avons demandé de nous emmener sur un autre site plein de mystères et qui me tenait à cœur de visiter : Sacsayhuaman !

Sacsayhuaman est une forteresse inca construite au XVème siècle selon l’hypothèse la plus probable, mais c’est un peu comme à Tiwanaku (pour ceux qui ont suivi les posts précédents), certains archéologues ont trouvé des traces de construction qui remontent à 800 av Jésus Christ. La légende indigène elle, dit que la cité a été construite a des temps très anciens par des géants appelés les Wiracocha Inkas qui avaient des pouvoirs surnaturels et des rôles particuliers avec la nature, les animaux et les hommes.

DSC03018

Le site se trouve sur les hauteurs de Cusco à environ 2 4000 mètres. On estime que plus de 20 000 hommes ont travaillé à sa construction pendant plus de 50 ans ! Ça vous donne une idée de sa grandeur.  Sans vouloir rentrer trop dans les détails, voici quand même quelques informations sur le site qui risquent de vous intriguer.

La forteresse Sacsayhuamán a été construite sans ciment par des maçons très qualifiés qui ont utilisé des blocs monolithiques pesant de 50 à 300 tonnes ! Ils les ont sculptés de formes plus ou moins carrées et rectangulaires pour les arranger dans une variété de motifs complexes. Le tout formant trois remparts parallèles en zig-zag (pourquoi ?) qui font 600 mètres de long. Les techniques utilisées pour transporter ces masses restent un mystère.

 

Tous les blocs ont été ajustés ensemble, sans mortier, de façon si précise que l’on ne peut même pas y glisser une aiguille entre deux blocs ! Une précision telle, que l’on aurait du mal aujourd’hui à la reproduire à l’identique, même avec nos outils modernes. Alors comment ont-ils fait à leur époque ?

Graham Hancock, un écrivain et journaliste britannique, spécialisé dans les théories et recherches sur les civilisations disparues a écrit :

« Comment ont-ils coupé et mis en forme ces blocs cyclopéens si précisément ? Par quels moyens en avaient-ils fait des murs, traînant les blocs individuels tout autour et les élevant au-dessus du sol avec une telle apparente facilité ? Ces gens ne sont même pas censés avoir eu la roue, ni posséder des machines, seules capables de soulever et manipuler des dizaines de formes irrégulières de blocs de 100 tonnes, et de les trier en puzzles de trois dimensions », a écrit Hancock dans son livre.

 » les empreintes digitales des Dieux  » (« Fingerprints Of The Gods »).

Je peux vous dire que lorsque vous vous trouvez sur le site, ce que vos yeux voient est à peine croyable et vous ne pouvez empêcher toutes ces questions qui vous viennent à l’esprit.

Pour ceux que ça intéresse, voici une petite vidéo d’un gars qui me plait bien, et qui est aussi interloqué que nous l’étions en voyant cette construction.

https://www.youtube.com/watch?v=e4m6ehmM_P0

Cusco a aussi été l’occasion d’aller visiter un musée du cacao, et d’y faire un atelier de préparation de nos propres chocolats garnis de différents toppings à notre convenance. La visite était très intéressante, et l’atelier a beaucoup amusé les enfants.

 

Au revoir Cusco, c’était chouette…

DSC03051DSC03060

Le Machu Picchu en cadeau d’anniversaire !

¨Le temps n’existe pas¨ a dit Albert Einstein. Alors aujourd’hui c’est mon anniversaire et j’ai 25 ans voilà !

A peine mes yeux se sont ouverts ce matin que mes deux petits monstres se sont jetés sur moi en criant : ¨bon anniversaire papa ! ¨ Ils avaient hâte de me donner leurs cadeaux qu’ils avaient concoctés en cachette tous les matins à l’aide de ciseaux, crayons et tubes de colle. Les dessins de nos enfants sont toujours les plus belles œuvres d’arts au monde parce que leurs pigments parlent d’un amour simple, pur et sans faille.  Ma journée d’anniversaire ne pouvait pas mieux commencer, choyé par ceux que j’aime le plus au monde !

DSC03373

Et comme le destin peut aussi bien faire les choses, c’est par un pur hasard que nous nous retrouvons sur le calendrier de notre tour du monde, aujourd’hui le 16 mars au Machu Picchu ! Visiter une des 7 merveilles du monde, le jour de son anniversaire avec sa famille c’est plutôt pas mal quand même…

J’ouvre les rideaux de notre chambre d’hôtel qui se trouve au creux de la vallée et là c’est un peu le désarroi, il fait un temps de chien et la pluie à l’air de s’être invitée pour un bon moment. Aïe, là-haut le sommet où se trouve le Machu Picchu est complètement embrumé dans les nuages, je pense aux personnes qui ont choisi l’option matinale pour visiter la citée inca, elles doivent être bien déçues.

De notre côté nous avons choisi l’après-midi, car depuis plus d’un mois que nous sommes sur les sommets de la Bolivie et du Pérou nous avons pu observer ce phénomène récurrent des matinées embrumées et pluvieuses et des après-midi ensoleillées. On croise les doigts pour que la chose se reproduise à l’identique aujourd’hui.

Après un super petit déjeuner dans une boulangerie française (la boulangerie de Paris), nous voici partis en bus avec notre guide français vers le sommet du Machu Picchu. (Machu Picchu signifie d’ailleurs : Vieille Montagne en Queshua) Dans le bus, nous invoquons tous les 4 le dieu du soleil si cher aux Incas, en espérant qu’il fasse cesser la pluie.

Mais à notre descente du bus, c’est avec nos ¨magnifiques¨ ponchos en plastique que nous débuterons la visite, immergés dans les nuages et la pluie du Machu Picchu. Tout le monde est un peu déçu et les enfants font la moue… J’essaie comme je peux de positiver et de remonter le moral à chacun prétextant que l’on a toujours vu dans cette région les nuages s’effacer dans l’après-midi et faire place au soleil. Et puis nous avons le temps, d’ici la fermeture du site à 17h30, je suis certain que ça va se dégager ! Mais je n’ai pas l’impression d’avoir fait mouche avec mes arguments et chacun repart la tête basse et la mine déconfite vers le guide qui nous emmène vers la cité perdue.

DSC03103DSC03138DSC03152

La cité perdue comme dans Indiana Jones, c’est d’ailleurs ici que le réalisateur de la saga a tiré son inspiration puisque c’est un américain de l’université de Yale, Mr. Hiram Bingham, qui a découvert la cité du Machu Picchu en 1911 enfouie sous une forêt tropicale. Regarder la photo, elle parle d’elle-même.

Hiram Bingham

 

Nous arrivons donc sur le site par la fin du chemin que prenaient les Incas depuis leur capitale Cusco, située à 45 kilomètres de là, et entrons par la porte du soleil.

Le Machu Picchu est divisé en 2 parties. L’une agricole avec des terrasses, c’est par là que nous rentrerons et l’autre urbaine où se trouvaient les habitations, les temples et autres lieux de sacrifices. Ce qui frappe à notre arrivée, c’est la grandeur du site (325 km2) et son état quasi parfait, seuls les toits de chaume ont disparues. Il faut dire que chaque édifice a été construit pour résister aux pluies diluviennes, aux glissements de terrain (il y en a beaucoup ici) et aux séismes, c’est tout simplement remarquable l’ingéniosité dont on fait preuve les incas pour préserver leur cité. Leurs constructions ont traversé les siècles sans bouger et c’est là une prouesse incomparable lorsque l’on replace tout ceci dans le contexte historique du XVème siècle.

Selon notre guide, les incas ont mis 40 ans environ pour construire la cité, ils étaient environ mille à casser, tailler, polir les pierres une à une, fournissant un effort qui n’avait d’égal que la grandeur de leur Dieu, le Soleil. Il était tout pour eux, le grand créateur à l’origine de l’univers, des hommes de la Pacha Mama (la terre mère) et faisait germer à chaque saison des légumes et des fruits en abondance. Ils le vénéraient et le remerciait à travers de nombreux sacrifices d’animaux (lamas) et… d’humains. En ces temps, les jeunes filles rêvaient aussi d’être des stars comme aujourd’hui, mais pour se faire, il fallait être l’élue au …sacrifice. Oui vous avez bien lu ! C’était pour elle la plus belle façon de rayonner sur le monde, d’être au sommet, d’être là-haut aux côtés du dieu soleil.

Les fouilles du Machu Picchu ont d’ailleurs révélé de nombreux ossements aux crânes enfoncés, c’est comme cela que les élus étaient sacrifiés, avec un grand coup de pierre sur le crâne… Je ne peux m’empêcher alors, de penser à ce que disait Stephen Hawking, notre dernier grand savant vivant qui s’est éteint il y a quelques jours, sans qu’on en parle plus que ça :

¨Dieu n’existe pas et le paradis non plus¨, ça fait froid dans le dos.

Nous avons appris énormément de choses sur les mystères du Machu Picchu mais plutôt que transformer ce post en leçon d’histoire, je préfère vous mettre le lien d’un documentaire très bien fait, diffusé sur France 5 il y a 1 mois environ et qui vous expliquera le plus important sur ce merveilleux site.

https://replaytvstreaming.com/documentaire/2383-machu-picchu-le-secret-des-incas.html

Il était 14h30 environ quand les dieux ont décidé d’exaucer nos invocations, les nuages ont soudainement commencé à remonter au-dessus du Machu Picchu, comme aspirés à toute vitesse par les cieux, une vision presque surnaturelle. Quelques minutes plus tard, seul le Machu Picchu était ensoleillé, les nuages avaient disparu au-dessus de nos têtes comme par magie, seuls les sommets des montagnes autour de nous étaient nappés d’un blanc cotonneux.

DSC03222

DSC03239

C’est à ce moment-là seulement que nous avons pu vraiment découvrir la beauté du Machu Picchu et prendre la mesure de l’œuvre. Il était là, devant nous, comme un joyau perché dans les cieux. Blottie sur le sommet d’une montagne aux pentes vertigineuses, c’est certainement la plus belle représentation mystique de l’homme que j’ai pu voir dans ma vie. Je ne trouve pas vraiment les mots pour exprimer ce que nous avons ressenti là, mais je peux seulement vous assurer que c’est quelque chose d’unique au monde et que ce lieu ne peut laisser quiconque indifférent.

DSC03268DSC03298

Le Machu Picchu est avant tout une prouesse technique incroyable (voir la vidéo), une ville entière pensée avant sa construction, doublée d’une œuvre d’art mystique. L’art qui rejoint la technique ou l’inverse on ne sait plus, le tout dans un écrin naturel merveilleux. Technique, art, nature, au service d’une seule cause : La vie !

 

Je suis littéralement fasciné par la civilisation inca car il y a comme une cohérence incroyable entre le cosmos, la terre, la nature et les hommes, le tout formant un équilibre solide inébranlable. On retrouve une trinité dans tous les monuments incas qui représente cet équilibre à savoir : Le condor : les cieux / le spirituel. Le Puma: la terre / le pouvoir. Le Serpent: l’eau / la sagesse. En comparaison, pour les bouddhistes, l’enveloppe charnelle et le passage sur terre n’est pas une fin en soi, il faut méditer pour accéder au Nirvana et se débarrasser enfin des impuretés de la vie sur terre. Les incas eux, ont cet équilibre, ce respect des éléments ciel, terre, eau, qui forment un tout, un équilibre avec lequel il faut apprendre à vivre simplement. Le pragmatisme rejoint le spirituel, sans qu’il y en ait un plus fort que l’autre, j’aime bien cette idée. Je ne sais pas si j’ai raison, mais c’est ce que je ressens en tout cas. C’est aussi pour cela qu’aller à la rencontre de ces civilisations perdues en Amérique du sud est une expérience magnifique. Cela modifie votre manière de voir les choses, même ce que l’on a appris dans nos livres d’histoire en prend un coup ! Ici, on se remet en question, on est séduit par ce que l’on n’imaginait pas et l’on peut expérimenter un voyage vers d’autres horizons, pour peu que l’on soit curieux et ouvert à la différence. Le Machu Picchu c’est tout ça à la fois, comme la cerise sur le gâteau pour nous après ces quelques mois passés en Amérique du sud.

DSC03367

DSC03360

IMG_2529

Et pour ceux qui n’imaginent pas l’ingéniosité des incas, voici une petite vidéo qui vous aidera à comprendre un peu. Il s’agit d’une fontaine construite par les incas à Ollantayambo (où nous sommes passé avant d’arriver au Machu Picchu) Cette fontaine présente l’incroyable faculté de pouvoir régler son débit d’eau en passant simplement son doigt sur la pierre. Aujourd’hui encore, on ne sait pas comment ça marche…

 

On allait oublier ! Petite mention spéciale pour l’Indio-Feliz, un restaurant au village du Machu Picchu qui est devenu notre cantine pendant 2 jours. Il faut dire que Patrick le propriétaire qui à l’air d’avoir eu une dizaine de vies, a été adorable avec nous et nous a reçu chaque jour comme si l’on était de la famille.
Apéro, dessert offerts et cadeaux pour les enfants. Je crois que l’on a jamais été reçu de la sorte dans un restaurant. Alors merci Patrick pour ce si beau repas d’anniversaire !

La vallée sacrée des incas

Cela fait maintenant quelques jours que nous sommes arrivés à Cuzco, ville de taille moyenne, d’environ 300 000 habitants, elle est nichée au beau milieu de la cordillère des Andes à 3 400 mètres d’altitude.

Cuzco était, il y a quelques siècles, la capitale des Incas et l’on peut encore y admirer les sublimes murs originels et le fameux temple du soleil : Qorikancha. Mais Cuzco se sera pour un prochain post, aujourd’hui nous souhaitons vous présenter nos nombreuses virées autour de Cuzco.

Pour se faire, nous avons loué une voiture pendant 2 jours et sommes partis sur les traces des Incas dans de magnifiques paysages montagneux autour de la « vallée sacrée ».

DSC02361

Cette vallée est sacrée car les terres fertiles étaient souvent considérées comme « magiques », contrôlées par des dieux. Grâce à son climat tempéré et traversée par le fleuve Urubamba, la vallée est parsemée de terres fertiles. Les cultures y étaient riches et variées. C’était donc une mine d’or pour l’empire inca. Les terrasses agricoles, construites à l’époque inca sont d’ailleurs toujours utilisées.

Notre première visite a été dédiée à Pisac, un village qui a été construit sur des fondations précolombiennes et qui nous a tout de suite émerveillé avec ses petites ruelles typiques et son immense marché artisanal très coloré. Il est vraiment très beau et propose de nombreux vêtements, tissus, bijoux, maroquineries en tout genre qui ne coûtent vraiment pas grand-chose et vous donne littéralement la fièvre frénétique d’acheter !

Je peux vous dire qu’à ce moment-là on regrette vraiment d’avoir nos sacs à dos pleins !

Au détour d’un étal sur le marché nous avons alors entendu des chants qui montaient dans les airs et semblaient provenir d’une église. Nous avons fini par nous assoir sur un des bancs de l’église et avons assisté à une très jolie messe en Quechua (dialecte des incas toujours utilisé) et les péruviens, très pieux, avaient pour l’occasion revêtus leurs magnifiques habits traditionnels.

Après une pause déjeuner dans un petit restaurant traditionnel à 5 soles (soit 1,25€) le menu ;-), nous avons filés sur un des plus beaux sites archéologiques de la Vallée sacrée des Incas. Ancienne résidence royale de l’inca Pachacutec, on y trouve deux zones différentes. La zone résidentielle, composée d’édifices rustiques, était destinée aux agriculteurs et la zone cérémonielle était destinée à la noblesse. Dans la partie supérieure du complexe se trouve l’Intihuatana, la pierre sacrée où les prêtres incas rendaient le culte au soleil et qui servait également d’observatoire astronomique. L’emplacement est sublime même si l’on a tous failli y laisser nos poumons tellement l’oxygène est manquant. Mais arrivés en haut, la vue sur la vallée et les terrasses agricoles qui strient la colline est impressionnante.

DSC02477

En face de cette construction, on a pu aussi admirer les falaises percées d’excavations. Ce sont les tombes du cimetière de Tankanamarka. Les Incas enterraient leurs défunts avec des objets de valeur, mais elles furent toutes pillées et sont aujourd’hui vides.

DSC02528

Sur le chemin du retour, nous avons fait un arrêt dans le sanctuaire d’animaux de Cochahuasi. Ici, de nombreux animaux maltraités ou accidentés sont récupérés par l’association pour les remettre sur pied avant de leur rendre leur liberté. Enfin….nous sommes restés assez dubitatifs quant à ces explications. Comme par hasard on y trouve un petit panel tout à fait intéressant : Plusieurs condors, vigognes, alpacas, lamas, chat des Andes (sauvage), puma, singes, ours des andes. Mais cela a eu l’efficacité d’amuser les enfants et de voir un condor de près s’envoler, ce qui reste quelque chose de vraiment impressionnant.

Le lendemain, nous avions décidé de partir beaucoup plus tôt car un programme très chargé nous attendait avant de rendre notre voiture. Première destination, le musée Inkariy, où l’on a pu y découvrir 10 000 ans d’histoire des civilisations andines, dont la plupart viennent du Pérou.  Le musée comporte huit pavillons et chacun d’entre eux vous invite à découvrir une civilisation précolombienne dans l’ordre chronologique ascendant : les Carals, les Chavins, les Paracas, les Moches, les Nascas, les Waris, les Lambayeques, et les Chimus/Incas. Il faut savoir qu’autour des Andes, il y avait de nombreuses civilisations qui vécurent à différentes époques et ce n’est pas une chose aisée de rassembler les pièces du puzzle : Quelle civilisation, à quel moment et où ? Heureusement ce musée est une vraie merveille et les pavillons présentent dans une première salle les œuvres d’une civilisation : son art, des céramiques, des vêtements, des coutumes, des croyances, et autres explications plus détaillées les unes que les autres. Et dans une deuxième pièce, une mise en scène sublime explicative : Des mannequins taille réelle représentants les indigènes (il semblent vivants !) dans leur habitat, leurs costumes etc. Une merveille ! Ce musée est très bien fait et permet de comprendre exactement les civilisations et surtout de les replacer dans le contexte de l’histoire.

DSC02611

Momie réelle incroyablement bien conservée

DSC02610

Deformation cranienne, pratique courante à cette époque, mais on ne sait toujours pas pourquoi.

DSC02699

J’ai pour ma part compris quelque chose qui peut être était évident pour tout le monde à savoir que les Incas ont été la dernière civilisation indigène des Andes, rassemblant toutes les autres, de l’Equateur au Chili en passant par le Pérou et la Bolivie (une civilisation immense qui s’étendait sur un territoire beaucoup plus grand que l’Europe).

Après un menu almuerzo (toujours 5 soles) dans le village d’Urubamba, nous avons continué notre périple dans la vallée sacrée par une visite des salineras de Maras. Les salines de Maras abritent des centaines de bassins suspendus en terrasses sur les flancs de la montagne. Des salines en montagne à 3 300 mètres d’altitude ! Rien ne vous interpelle là ? Je ne sais pas, mais pour moi les salines elles sont en Camargue, ou du moins toujours près de la mer non ? Eh bien ici non, une source jaillit et se charge de chlorure de sodium depuis des couches en profondeur, bref c’est extrêmement rare et assez compliqué comme phénomène. Encore exploitées aujourd’hui, les salines datent de l’époque pré-inca et ont été développées au fil du temps. On y trouve aujourd’hui plus de 3000 bassins, utilisés par 800 familles de la région.

DSC02733

DSC02738DSC02740

Quelques kilomètres plus loin se situe le site archéologique de Moray. Celui-ci étonne avec ses terrasses agricoles de forme circulaire, elles rappellent un amphithéâtre. Rien de spirituel ou de mystérieux ici, mais plutôt un site qui prouve l’avancement de la culture inca. C’était, à l’époque inca, un centre de recherche agricole, composé de plateformes circulaires en terrasses créant 20 différents microclimats, avec en prime un système d’irrigation. Avec un écart de température atteignant 15°C entre la plus haute terrasse et la plus basse, ils pouvaient cultiver plus de 250 espèces de plantes provenant des Andes, mais également des milieux tempérés et de la jungle! Il y a même eu la création d’espèces hybrides.

DSC02770

Mais on a su aussi que les incas utilisaient cette architecture en entonnoir pour pouvoir surveiller leurs travailleurs du haut et contrairement à toutes les belles images qu’on peut en avoir, les incas n’étaient pas des tendres et pouvaient même tuer ceux qui ¨tiraient un peu trop au flanc¨ … Ou laaa ! Avec notre année sabbatique on aurait certainement fini en offrande aux dieux je pense… 😉

DSC02775

Puis pour finir, nous avons fait un dernier stop sur le site de Chinchero. Il s’agit d’un village blanc où l’on trouve principalement des maisons construites en adobe (mélange de boue et de paille), des petites rues pavées, des arcs coloniaux et des habitants qui portent encore des habits traditionnels. Chinchero est aussi un site au passé très riche puisque le village remonte à l’époque Inca, comme en témoignent les fameuses terrasses agricoles incas encore utilisées aujourd’hui. On retrouve un grand mur construit en blocs massifs et orné de douze niches, chacune de 2 m de haut et 1,50 m de large. On dit que le mur et les terrasses auraient été construits sous l’Inca Tupac Yupanqui, qui aurait fait de Chinchero son lieu de repos à la campagne. L’église est un des attraits principaux du village. Elle fut construite au 17e siècle sur les ruines d’un palais inca par les espagnols, comme ce fut le cas de plusieurs bâtiments dans la région. Elle a l’air plutôt sobre de l’extérieur, mais l’intérieur est très joli. Les murs et le plafond sont couverts de superbes motifs floraux et religieux (photos interdites malheureusement).

DSC02852

Ce fut une journée riche en découvertes, les villages traversés étaient très pittoresques et les campagnes grandioses, 19h, il est l’heure de rendre notre voiture et de rentrer à l’appartement pour un repos bien mérité.

 

 

Une bouffée d’oxygène sur le Lac Titicaca

Il est 16h et nous venons d’arriver à Copacabana… en Bolivie.

Malheureusement, comme dans la vraie vie, il ne suffit pas d’adopter un nom ou titre pour devenir grand et Copacabana en Bolivie n’échappe pas à la règle. C’est un petit village sans charme au bord du Lac Titicaca qui n’est rien d’autre qu’une étape pour les touristes qui souhaitent se rendre sur la belle île du Soleil, (l’Isla del Sol).

C’est avec hâte que nous nous sommes échappés le lendemain matin de notre chambre d’hôtel sordide et glacée – comme la maison de Christophe et Virginie nous manque ! 😉 –

Il est 8h30 lorsque nous arrivons sur l’embarcadère, enfin disons plutôt le terrain vague sur lequel se trouve un ponton de fortune. Le ciel est gris et il y a de nombreux voyageurs dispersés autour de nous sur la terre boueuse, leur sac à dos sur le dos. Tout le monde a hâte d’embarquer, il fait froid et l’humidité continue de nous pénétrer malgré les 4 couches que nous avons sur le dos.

Quelques minutes plus tard, un rafiot se présente à nous dans la brume du lac Titicaca, il est long, étroit et n’a pas l’air d’être un vaillant vaisseau. Pour tout dire, il me rappelle un peu la barcasse de fortune que nous avions prise au Cambodge sur le Mékong. Il faut se rendre à l’évidence, le trajet va être long…

Nous sommes environ 50 là-dedans, serrés comme des sardines avec nos sac à dos sur les jambes. Certaines personnes sont même sur le toit, chaque recoin est utilisé et optimisé, ça fait un peu peur à voir, mais nous n’avons pas le choix, c’est ça où la nage.

Les moteurs démarrent, heu non pardon, LE moteur démarre … A ¨vue d’oreille¨, il fait environ 70 cv max. Au bout de 5 minutes nous nous retrouvons enfumés comme des taupes par les gaz d’échappement qui se répandent d’un seul coup dans l’habitacle. Nous resterons là, sans que le bateau avance, enfumés pendant 5 bonnes minutes en attendant que Monsieur le capitaine fasse chauffer son moteur ! C’est à peine croyable, le gars préfère enfumer les gens pour chauffer son moteur plutôt que démarrer tout de suite, Je l’aurais bien jeté à la mer celui-là, enfin… dans le lac.

Les gens autour de nous commencent à tousser, je prends un masque (que j’ai toujours avec moi) que je donne à Jade, Jules porte son cache-nez et Aurélie et moi essayons de nous protéger avec notre veste comme nous pouvons. Les yeux nous piquent et deux personnes ouvrent les deux minuscules et uniques fenêtres devant nous, histoire de nous donner un peu de souffle. C’est alors que l’embarcation émet un soubresaut et amorce enfin un mouvement vers le large, évitant de près le pugilat. Les fumées se dissipent peu à peu et notre embarcation atteint rapidement sa vitesse de croisière, si l’on peut dire. Décidément la Bolivie c’est pas facile…

Une vitesse de croisière fulgurante, j’ai cru voir un instant une truite nous doubler je pense. Tellement impressionnante, que je me demande si on n’aurait pas plus vite fait à la nage ! Une heure trente et 15 kilomètres après… Non, non je n’exagère pas, on a vérifié les distances dans ¨maps.me¨, les rivages de l’île commencent à se dessiner devant nous. Les terres sont arides et présentent un relief très raide, je sens qu’on va s’amuser pour grimper là-haut… Le lac Titicaca étant déjà à 3 852m exactement (Lac navigable le plus haut du monde) il va falloir grimper au moins jusqu’à 4 000 mètres pour nous rendre en haut, où se trouve le village.

DSC02221

DSC02216

Heureusement, les ¨burros¨ sont là pour soulager notre peine ! Et c’est sans hésitation que nous acceptons l’offre d’un couple bolivien qui nous propose pour 40 bolivianos, de charger le dos de leur âne avec nos deux gros sac-à-dos.

DSC02019

Nous voilà partis avec nos 3 petits sacs à dos, prêts à affronter le chemin abrupt devant nous. Au bout de 5 minutes, et à peine 30 marches grimpées, j’ai comme l’impression que mon cœur va exploser ! C’est incroyable, nous devons fournir un effort considérable à chaque marche et faire des pauses tous les 20 mètres pour recouvrer notre souffle. Je pense alors aux alpinistes qui grimpent les hauts sommets du monde, je ne m’étais jamais aperçu à quel point c’était une performance hors pair.

Arrivés là-haut, nous jetons nos sacs, épuisés que nous sommes et prenons nos marques dans une chambre sur une terrasse avec une vue imprenable sur le Lac Titicaca. ¨Nous sommes sur le lac Titicaca !¨ Dis-je, émerveillé. C’est génial, nous savourons l’instant et encore une fois nous sentons privilégiés d’être dans un lieu aussi mythique.

DSC02040

Le soleil est au rendez-vous, nous sommes chanceux car il pleut souvent à cette période et nous ne tarderons pas longtemps pour trouver un restaurant sur les hauteurs de l’île avec une vue incroyable.

DSC02069

Notre soupe de quinoa avalée et notre corps réchauffé par la même occasion, nous voilà partis en chemin vers le point culminant, le mirador.

Nous croisons beaucoup d’ânes (dont des ânes de Provence bizarrement, avec la croix sur le dos) dans un paysage et une lumière magnifique. Sur les abords de nos chemins, des boliviens, la silhouette voutée, s’acharnent avec vigueur à retourner la terre. Ils sont là en famille, dans un paysage idyllique, à butiner cette terre aride sur le sommet de l’île du soleil. Le tableau est splendide, l’air est léger et nous oublions comme par magie la rudesse de ce pays pour laisser notre esprit divaguer vers l’horizon du mystérieux lac Titicaca.

DSC02185

DSC02115

Les enfants virevoltes sur les chemins caillouteux et vont à la rencontre des ânes qui se laissent caresser le crâne tendrement. Il est environ 15h00 et nous étouffons maintenant avec nos 4 couches sur le dos. C’est vraiment surprenant à quel point les degrés jouent au yoyo ici. Chaque matin, nous sommes transis de froid et nous partons comme pour aller skier et dans l’après-midi, nous nous retrouvons en un rien de temps en tee-shirt sous un soleil brulant. Étonnant.

DSC02124

Le soir venu, Aurélie, en experte, nous a dégoté un petit restaurant vraiment magique, perché sur le sommet de l’île, dans une forêt d’Eucalyptus.

Nous nous y sommes rendus à la tombée du soleil sur un chemin caillouteux où les silhouettes des arbres et des ânes se détachaient dans le clair-obscur de l’horizon.

DSC02204DSC02206

Au loin, nous devinons un panneau sur lequel est inscrit : ¨Vous vous trouvez à 4010 mètres au restaurant Las Velas¨ .

Quelques pas plus loin, nous apercevons de petites fenêtres éclairées par des bougies qui nous invitent à pénétrer dans les lieux. Nous poussons la porte en bois, entrons d’un pas feutré, l’ambiance est cosy, les bougies caressent nos visages et une douce musique brésilienne vient colorer l’atmosphère. Tout est simple, on se sent merveilleusement bien. Nous sommes perdus dans cette cabane sur la crête d’une petite île, qui flotte sur le lac Titicaca.

 

 

La Paz, par là…

La Paz, capitale de la Bolivie, est une ville qui nous a tout de suite impressionnée.

C’est tout d’abord, il faut le rappeler, la capitale la plus haute du monde puisqu’elle varie entre 3 800m en son centre, jusqu’à 4000m sur son haut plateau : El Alto. Son étendue est aussi notoire, mais ce qui en fait, à mes yeux, sa singularité, c’est son relief chaotique composé de plusieurs sommets. La Paz, c’est un peu comme si les montagnes russes s’étaient invitées au beau milieu d’une jungle urbaine foisonnante. Ses nombreuses maisons de couleur rouge-brique sont nichées sur les flancs de la cordillère des Andes et forment un amoncellement aux formes cubiques à perte de vue. C’est une sorte de gigantesque fourmilière qui gronde au rythme d’une circulation infernale.

DSC01933

Il est très difficile de circuler à La Paz vous l’aurez compris, entre le contournement des reliefs et l’abondance de véhicules, les trajets n’en finissent pas et il faut environ 1 heure pour faire une dizaine de kilomètres seulement. Pour pallier à ce problème de circulation, le Président Evo Morales, qui paraît être très apprécié par son peuple, a eu l’idée ingénieuse de construire plusieurs lignes de téléphériques en plein centre-ville qui survolent l’urbanisation et les collines, faisant ainsi économiser un temps précieux lors des déplacements. Une ville avec des lignes téléphériques, un peu comme des lignes de métros, c’est une solution pratique et à moindre coût comparé aux lignes de métros. C’est malheureusement quelque chose d’inimaginable dans nos villes européennes car cela défigurerait nos villes esthétiquement. Mais dans un pays pauvre comme la Bolivie, l’esthétique urbaine est loin d’être une priorité aux vues des nombreux autres problèmes cruciaux auxquels il faut faire face comme la pauvreté, l’éducation, l’infrastructure etc.

Comme les autres villes de la Bolivie, La Paz présente en son centre un passé architecturale de l’époque coloniale espagnole qui reste encore une fois le seul et unique point d’intérêt de ces villes. Nous avons pu y admirer une jolie cathédrale, et de nombreux autres édifices au charme hispanique.

Mais notre séjour à La Paz a surtout été agréable parce que nous avons, pour la première fois de notre grand voyage, été accueillis dans une famille (franco-belge) qui vit sur place : Les Colin. Nous les avions rencontrés au Chili par le biais d’une autre famille tour-du-mondiste (Le Cap Fagi ) et à ce moment ils nous avaient sympathiquement proposé de nous arrêter chez eux quelques jours si nous passions par La Paz. C’est donc ce que nous avons fait mais je dois dire que nous ne nous attendions pas à être aussi bien accueillis et chouchoutés. Nous avons vraiment été enchantés par ces 4 jours passées en leur compagnie. Merci encore Christophe, Virginie, Naomi et Kenzo pour avoir partagé les spécialités boliviennes « las salteñas », merci de nous avoir emmené avec vous le dimanche dans ce restaurant avec une si belle vue, et mille mercis pour la raclette! Un vrai délice! Quant au confort de ces 4 nuits (bon lit, couette douillette, petit feu de cheminée le soir), merci encore, cela nous a permis de vraiment recharger nos batteries! On espère vous revoir à la maison à Fayence!

Ce séjour a La Paz nous aura permis de visiter le fameux marché aux sorcières où l’on trouve des objets rituels et la pratique de rites magiques de la culture Aymarane (communauté la plus importante de Bolivie). Etant très croyants envers la Pachamama (Terre-Mère), le soleil et autres divinités, ils font régulièrement des offrandes avec des fœtus de Lama qu’ils enterrent dans le jardin, ou des sorts contre les mauvais esprits. On trouve aussi sur ce marché des remèdes maison, des poudres magiques etc.

Nous avons aussi eu l’occasion de retrouver Valentin et Delphine, un couple de jeune français en tour du monde aussi. Nous étions rencontrés en Australie et nous voilà réunis à nouveau en Bolivie ! Le monde est décidément très petit. Nous en avons profité pour discuter de nos expériences tout en découvrant les quelques ruelles sympathiques de La Paz et un petit musée des instruments de musique assez loufoque…

DSC02010

La Paz a aussi sa vallée de la lune, différente toutefois de celle du désert d’Atacama. Nous y avons fait un tour avec les enfants.

Mais ce que j’aimerais avant tout partager avec vous sur ce post, c’est notre visite du site de Tiwanaku et Puma Punku, situé à 60 kilomètres de La Paz. J’avais vraiment hâte de découvrir ce site tant il me faisait rêver par ces nombreux mystères. Tiwanaku est un site archéologique pré-Inca et est enregistré au patrimoine de l’humanité à l’Unesco depuis 2000. Le lieu présente de nombreuses ruines de pyramides, de sculptures et d’édifices ingénieux qui sont les témoins d’une civilisation disparue, au savoir-faire hors pair.

Tiahuanaco-Bolivia

Premier point important, après plus de 100 ans de fouilles les archéologues ne parviennent toujours pas à se mettre d’accord sur la datation de la cité de Tiwanaku. Certains estiment qu’elle aurait été peuplée à partir de -800 av JC mais d’autres remontent les constructions autour de -10 000, voir – 12 000 av JC !

Petit rappel pour comprendre ce qui va suivre, avant d’entrer dans le vif du sujet.

A/ – 40 000 av JC jusqu’à -10 000 av JC : C’est l’ère de Cro-Magnon.

B/ Jusqu’à -3000 av JC : C’est l’âge de pierre.

C/ A Partir de -3000 av JC jusqu’à -1000 av JC : C’est l’âge de bronze.

D/ La roue a été inventée en : -3 500 av JC, mais par les sumériens dans l’ancienne Mésopotamie.

Ceci bien ancré dans nos têtes, regardons maintenant ce que le site de Tiwanaku nous présente.

Tout d’abord pour la construction du temple, on a utilisé des pierres immenses d’un poids moyen de 30 tonnes (certaines font 110 tonnes), rien que ça ! Aucun ciment n’a été employé pour des murs qui mesurent plus de 130 mètres de côté. Ces pierres viennent toutes de la montagne que l’on voit depuis le site et qui est située à environ 100 kilomètres de là. 30 tonnes en moyenne, LA pierre, sur 100 kilomètres, sacrée prouesse quand même lorsqu’on sait que la roue n’existait pas encore. Mais admettons, après tout sur l’île de Pâques les Moaïs géants ont été transportés à l’aide de rondins de bois. Sauf qu’ici, la théorie des rondins de bois pour faire glisser les pierres perd toute crédibilité lorsqu’elle est remise dans le contexte de l’Altiplano : aucun arbre ne pousse à cette altitude (4000m)! À nouveau, sans la roue et avec les technologies primitives qu’ils étaient censés posséder, cela est juste impossible. Aujourd’hui encore, les scientifiques n’ont pas d’explications tangibles.

Ensuite, il y a la matière elle-même de ces pierres :  l’andésite (et oui j’ai fait des recherches ! 😉 Une roche volcanique extrêmement dure, elle présente des tailles d’une précision incroyable. Il y a des angles droits parfaits, des angles inversés, des renfoncements géométriques polygonales d’une précision hors pair, des perforations parfaites d’environ 5 mm de diamètre, espacées entre elles avec une précision au millimètre, voir en dessous.

Des photos valent mieux que des mots

J’ai aussi vu une perforation cylindrique courbée d’environ 7 centimètres de diamètre dans une pierre parfaitement cubique qui partait d’une face et ressortait sur une autre face adjacente, tout ça réalisé avec une régularité stupéfiante ! Les surfaces internes, elles, sont toujours parfaitement polies. C’est juste incroyable, comment ont-ils fait cela avec les outils de l’époque (âge de pierre ou du bronze peu importe) ? Mais surtout pour quelles raisons ?

Les scientifiques se sont d’ailleurs affairés à reproduire ces dessins dans la même roche, pour comprendre. Ils ont fini par y arriver certes, mais à l’aide de scie circulaire à tête de diamant, de forets puissants et d’outils de jet à haute pression !

Pedro Cieza de León, premier Européen à découvrir Tiwanaku au XVI e siècle, déclara « ni comprendre, ni deviner quels outils ou instruments avaient permis de les façonner »

Un peu plus loin dans notre visite, nous découvrons enfin l’édifice que j’attendais tant. Il est carré, semi-enterré avec un système de canalisation très ingénieux au sol et comporte un monolithe en son centre, mais le plus intriguant ce sont ces nombreuses têtes sculptées qui sortent de ses murs. Selon les archéologues, chacune d’entre elles est une représentation des peuples du monde. Il y a là : le chinois d’Asie, le noir d’Afrique, le blanc d’Europe, le barbu de Mésopotamie et d’autres têtes aux visages vraiment étranges, etc. De simples sculptures allez-vous me dire, qu’y-a-t-il d’impressionnant à cela ? Rien si l’on oublie encore une fois de replacer les choses dans leur contexte historique. Nous sommes à une époque où aucune population du monde n’était encore capable de naviguer d’un continent à l’autre. Christophe Colomb a découvert les Amériques en 1492 faut-il le rappeler ? Les grandes explorations datent du 15ème, 16ème siècle ! Alors, comment ce peuple d’Amérique du sud a-t’il pu sculpter des visages appartenant à des civilisations qui vivaient à l’autre bout de la planète par rapport à eux ?

 

Templo-tiwanaku

Ce site comme vous l’avez compris est extraordinaire et reste à ce jour une énigme pour les scientifiques et les nombreux archéologues qui se sont penchés sur ses mystères depuis plus de 100 ans.

Pour ceux que ça intéresse voici le lien Wikipédia qui explique en détail les hypothèses de datation du site.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiwanaku

Je rajoute à cela une vidéo très bien expliquée et qui ne fait pas dans le sensationnel.

https://www.youtube.com/watch?v=kh0YA1rjc2c

Seul bémol concernant le site de Tiwanaku, c’est cette incompétence notoire du gouvernement bolivien qui ne fait rien (ou vraiment pas grand-chose) pour aménager le site, le nettoyer ou donner des explications de valeur aux visiteurs. Le site est sous la boue par endroit, littéralement à l’abandon quelques fois et les explications des pseudo-guides boliviens, sont vraiment superficielles, se cantonnant essentiellement à la description de la taille, du poids de telle ou telle pierre ou bien vous expliquant que ceci est la porte du soleil, que pour cette civilisation le soleil était très important etc. Bref, rien d’intéressant que l’on ne savait déjà et pourtant ils reçoivent les subventions de l’Unesco…

Pour finir sur une note positive, j’ai aussi appris quelque chose d’assez troublant sur cette civilisation. En 1950, non loin de là, sur les rives du Macchu Picchu, a été découvert un vase datant de – 3500/- x3000 av JC. Son nom : Le vase de Magna Fuente. Qui est aujourd’hui exposé au musée de La Paz en Bolivie.

futnta-manga

 

Eh bien figurez-vous que des experts en écriture ancienne ont découvert que ce vase comportait sur ces parois l’écriture cunéiforme Sumérienne (première écriture de l’humanité) ! C’est juste incroyable car pour information, le peuple sumérien se trouvait en Mésopotamie, entre le Tigre et l’Euphrate (l’Irak d’aujourd’hui en gros) Alors comment est-ce possible qu’un objet de cette époque découvert sur les rives du Macchu Picchu puisse comporter une écriture qui vienne d’un peuple qui vivait à l’autre bout de la planète : les sumériens ?

Ces questions me fascinent et en fascinent beaucoup d’autres aussi dans le monde, à tel point que certains n’ont pas hésité à émettre des théories, quelques fois un peu folles, comme celle ¨des anciens astronautes¨ par exemple.

Voilà, j’espère que ça vous intéressera aussi de partager ces moments sur les civilisations et l’histoire qui façonnent aussi notre voyage d’une belle façon. 😉

Demain nous partons sur les rives du mystique Lac Titicaca à Copacabana pour ensuite passer quelques jours sur l’île du Soleil (toujours sur le Lac) avant de rejoindre le Pérou, et notamment Cusco qui présente aussi des temples chargés de mystères. On n’a pas fini de s’amuser !

A bientôt !